Coderre salue la décision de Québec

Denis Coderre a applaudi la décision du gouvernement du Québec de demander une injonction pour forcer TransCanada à se plier aux lois québécoises. Et le maire assure que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) demeure opposée au projet de pipeline Énergie Est qui, dans sa forme actuelle, demeure inacceptable pour les élus de la région de Montréal, dit-il.

Le maire s’est dit solidaire de la décision de Québec, mais selon lui, l’entreprise pétrolière aurait dû d’elle-même prendre les dispositions pour respecter les lois environnementales québécoises. « TransCanada n’a rien compris. Quand le gouvernement du Québec est obligé d’aller en injonction pour faire respecter sa loi et s’assurer qu’on puisse avoir l’ensemble des outils, ça va loin », a commenté le maire mardi midi.

En janvier dernier, au nom des 82 maires de la région, la CMM avait opposé un non catégorique au projet Énergie Est en raison des risques jugés trop élevés par rapport aux maigres retombées économiques.

Denis Coderre soutient que la position des maires n’a pas changé même si, en entrevue au Devoir, le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, a soutenu que si TransCanada « faisait ses devoirs », la CMM pourrait reconsidérer sa position. « On a dit non à Énergie Est, mais on n’a pas dit non aux pipelines, a indiqué M. Coutu. C’est une façon pour nous de leur envoyer [à TransCanada] un message clair de refaire leurs devoirs. C’est ce qu’ils sont en train de faire. »

Réponse aux questions

Denis Coderre ne croit pas que TransCanada ait compris le message des élus, mais il estime que les propos de son homologue de Montréal-Est rejoignent la position exprimée par la CMM. « Ce qu’a dit le maire de Montréal-Est — comme on a toujours dit — c’est que ce projet-là est mauvais. Mais nous, on a établi une série de conditions », a expliqué le maire en énumérant les nombreuses lacunes du projet, dont le non-respect des plans d’aménagement du territoire, le tracé non adéquat, le manque d’informations sur les techniques de franchissement des cours d’eau, l’absence de mesures pour réduire les impacts pour les milieux humides et les informations incomplètes pour l’élaboration de plans d’intervention d’urgence en cas de déversement. Il a aussi évoqué l’idée que des redevances soient versées aux municipalités.

« On a déjà dit oui à Enbridge, mais non seulement Enbridge a été transparent, mais ils ont respecté les conditions, en plus de celles demandées par l’Office national de l’énergie, a expliqué le maire. Si on veut que les choses se passent adéquatement, il faut répondre à un minimum de questions et même ce minimum de questions n’a pas répondu [par TransCanada]. On a besoin d’une étude environnementale complète sur cette question. »

Le maire rencontrera sous peu Louis Bergeron, vice-président de TransCanada responsable du dossier Énergie Est. « Il faut arrêter de spinner les médias et jouer aux lobbyistes. Donnez des réponses. Moins on donne de réponses, plus on est obligés d’aller en injonction », a résumé M. Coderre.

L’opposition à l’hôtel de ville estime que le maire Coderre cultive l’ambiguïté dans ce dossier. « Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez le maire Coderre. Il parle constamment des deux côtés de la bouche dans ce dossier », croit le conseiller de Projet Montréal, Sylvain Ouellet. « D’un côté, on demande à TransCanada de refaire ses devoirs, comme pour Enbridge, […] mais c’est le même maire qui, à Paris, a dit que construire un pipeline était inacceptable et qu’il fallait sauver la planète. Si vraiment le maire Coderre veut sauver la planète, il y a quelque chose d’incohérent dans sa position. Si c’est le climat qui est le plus important, qu’il dise un non clair à ce projet-là. »

3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 1 mars 2016 20 h 11

    Bon

    Le projet est mauvais selon Coderre!

    Bien, s'il est mauvais, pourquoi s'acharner à chercher des réponses à des "questions"!

    Si c'est mauvais, qu'est-ce donc qui pourrait le rendre bon !

    Mauvais ?

  • Pierre Asselin - Abonné 1 mars 2016 20 h 53

    Anguille sous roche ???

    je crois que le maire veut ménager la chèvre et le chou . Sa vrai position se définira lorsque TransCanada aura l'acceptabilité sociale ,,,,,alors il dira oui .......

    Même chose pour le ministre Heurtel .......il sait probablement que la partie est perdue mais une injonction permetra au gouvernement de sauver la face ., en attendant que Transcanada est vendue sa salade en divisant le plus possible l'opinion des Quebecois et Quebecoises sur ce sujet . En dernier lieu , si le gouvernement fédéral dit OUI , le provincial et les maires diront on a fait tout ce qu'on pouvait et on va continuer à les surveiller et aussi faut surtout pas oublier notre économie ........

  • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2016 21 h 09

    Coderre patine

    Est-ce le contenant ou le contenu qui importe. Le contenu est polluant pour la planête et inutile pour le Québec, tout comme celui d'Enbridge que les maires du Québec ont accepté dsans que le BAPE en fasse une évaluation.

    Et ce maire a accepté le pipeline d'Enbridge sans que le Québec ait eu un mot à dire. Est-ce que ce maire estime qu'il revient uniquement à l'ONE de trncher ? Sur quel territoire vit-il ? Celui du Canada ou celui du Québec. Quel organisme estime-t-il le plus promoteur des intérêts du peuple québécois ? ONE ou BAPE ?

    Il faudrait qu'il soit cohérent et prenne conscience de ce qu'il dit. On ne peut pas être contre le pétrole sale et être pour au nom du Canada ? On ne peut pas accepter un test bidon fait par Enbridge à la demande de l'ONE sans que ni l'ONE ni le BAPE le supervise.