La CMM pourrait dire oui à Énergie Est

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu

Les maires de la région de Montréal, qui ont opposé un refus catégorique au pipeline Énergie Est en janvier dernier, pourraient-ils changer leur fusil d’épaule ? Oui, croit le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, pour peu que TransCanada « refasse ses devoirs ».

« On a dit non à Énergie Est, mais on n’a pas dit non aux pipelines. C’est une façon pour nous de leur envoyer un message clair de refaire leurs devoirs. C’est ce qu’ils sont en train de faire », a indiqué le maire Coutu, lundi, en marge d’une séance d’information tenue par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur un projet de terminal maritime de la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM).

« Fondamentalement, tous les projets de pipelines, moi, je leur souhaite la bienvenue parce que c’est toujours moins de transport par train, par camion et par bateau au bout de la ligne. C’est un signal fort qu’on a envoyé, et TransCanada a compris », soutient M. Coutu.

En janvier dernier, lorsqu’ils avaient annoncé leur opposition au projet de pipeline, les maires représentant les 82 villes de la CMM semblaient fermes dans leur position. Le maire Denis Coderre avait souligné que le projet présentait des risques qui dépassaient largement ses retombées économiques avec seulement une trentaine d’emplois directs au Québec. De plus, le pipeline ferait disparaître 130 hectares de couverts forestiers, avait-il fait valoir.

La position des maires avait soulevé l’ire des politiciens de l’Ouest. Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, avait notamment suggéré que le Québec rembourse sa part des 10 milliards de dollars en paiements de péréquation reçus au fil des ans de l’ouest du pays.


Un oui ?
 

« On avait une stratégie, soit dire “oui mais” ou “non, mais refaites vos devoirs”, a relaté Robert Coutu. Il y a une acceptabilité sociale à aller chercher et des redevances possibles. On sait que ça va transiger de l’Ouest vers l’Est ultimement, et ça demeure une option importante pour nos raffineurs. On va continuer de consommer du pétrole encore pour beaucoup d’années. Il n’y a aucune étude qui prouve le contraire jusqu’à maintenant. »

Ainsi, la CMM pourrait finalement dire oui à Énergie Est ? « Ah oui, rétorque M. Coutu. S’ils [TransCanada] font bien leurs devoirs, ah oui. Ils sont en train de refaire leurs devoirs. Ils ont beaucoup de pain sur la planche. Il y a une restructuration interne. Je parle à TransCanada avec transparence. Autant Denis Coderre que l’équipe de la CMM sont au courant de ce qui se passe. »

Des redevances

Le maire Coutu avance qu’avant de recevoir l’aval des villes, TransCanada devra envisager de verser des redevances ou des compensations pour les municipalités.

À Québec, le maire Régis Labeaume s’est prononcé en faveur du projet d’oléoduc tout en qualifiant TransCanada « d’incompétente et arrogante ».

Le projet d’oléoduc doit permettre d’acheminer jusqu’à 1,1 million de barils de pétrole par jour provenant des sables bitumineux de l’Alberta vers le Nouveau-Brunswick, et approvisionner les raffineries de Suncor à Montréal et de Valero à Lévis.

17 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 1 mars 2016 05 h 22

    un lobby inconnu

    un drôle de maire qui fait fi du danger que pose le pipeline en traverant toutes les rivières et le fleuve , très très bizarre comme position, est-il devenu un lobby inconnu pour Trans Canada Pipeline,ne me demandez pas ce que je pense de ce monsieur

    • Robert Beauchamp - Abonné 1 mars 2016 13 h 00

      Montréal-Est qui s'est défusionnée de Montréal appartient à toute fin utile aux pétrolières.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 1 mars 2016 08 h 05

    Me semblait aussi

    La flexibilité bien connue du Québec «Oui mais» ou «Non mais» refait surface, celle qui nous identifie comme la patrie des mollassons.

    Rappelons que, concernant l'oléoduc d'Énergie-Est, le Québec est le maillon faible du continent nord-américain : la Colombie-brittanique et les États-Unies d'Amérique ont dit : NON !!! point à la ligne.

  • André Poirier - Abonné 1 mars 2016 08 h 07

    M. Coutu

    Je vois mal comment on peut transporter du pétrole de l'Alberta au Nouveau-Brunswick par bateau.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 mars 2016 08 h 20

    Le pipeline moins pire et le train plus pire

    Le dilemme train-pipeline n'existerait pas si le Québec était indépendant: l'Ouest exporterait alors son pétrole par le biais de la Baie d'Husdon.

    La traversée de la vallée du Saint-Laurent -- où se concentrent la population et l'activité industrielle du Québec -- n'est possible que parce que le prix de son appartenance au Canada est qu'elle doit se plier à la volonté majoritaire de la population anglophone du pays.

    Une démocratie, c'est quand les minorités pouvent s'exprimer, mais aussi quand les majorités peuvent agir. Alors ce pipeline, on peut clamer notre opposition mais il passera au Québec, peu importe ce qu'on dira.

    Et si jamais il cause une catastrophe environnementale (comme à Lac-Mégantic), nous pleurerons nos morts et nous paieront 50% de la facture environnementale. Parce quand il s'agit du Québec, le fédéral ne paie que la moitié des coûts (mais 100% quand cela survient dans l'Ouest).

  • J-Paul Thivierge - Abonné 1 mars 2016 08 h 54

    On évite de dire ce qui est fondamental.

    Exporter du pétrole bitumineux par tuyau, bateaux ou convois citernes c'est exporter des GES.
    En décembre 2015, tous les pays ont signé à Paris une entente pour RÉDUIRE les émissions de GES, alors pourquoi le sale bitumineux qui émet 25 % plus de GES ne reste-t-il pas sous terre ?

    Pourquoi, dès maintenant, on enchanche pas la transition énergétique comme on a ici au Québec ; la production et l'utilisation efficace d'énergiee propre et renouvelable.
    Certainement, que la prospérité économique et les emplois des provinces productrices de pétrole dépend de l'exportation de leur polluants produits. Le Québec comme la Colombie Btritannique et les É-U sont des portes de sortie de leur bitumineux. Comme ils ont misé la majorité de leur développement économique sur l'exploitation pétrolière évidemment que les accord qui demandent la réduction de consommation de produits fossiles pour réduire les émissions de GES et tenter de maintenir à moins de 400 PPM le CO2 dans l'atmosphère de notre Terre pour éviter le mortel et couteux emballement climatique.
    Ainsi donc, l'avenir ce n'est pas de discuter comment sortir sécuritairement le sale bitumineux !
    L'avenir, c'est de s'organiser pour ne pas avoir à consommer de produits fossiles, accélérer l'électrification des transports, accélérer la production et l'utilisation d'énergie non polluante et d'énergie alternative PARTOUT sur la planète .

    AINSI, désormais, il est pertinent d'interdire l'exportation pétrolière via le Québec ou Vancouver !

    • Marc Brullemans - Abonné 1 mars 2016 18 h 07

      Vous touchez ici le coeur des enjeux monsieur Thivierge. De Guy Callendar dans les années 30, à Roger Revelle dans la décennie 60, à James Hansen dans les années 80 (et encore aujourd'hui), jusqu'à la nouvelle génération des Ken Caldeira, Damon Matthews, et d'autres les scientifiques n'ont eu de cesse de dire aux décideurs que l'exploitation du charbon, du gaz et du pétrole ont des conséquences néfastes pour la biosphère.

    • Jacques Lapointe - Abonné 2 mars 2016 17 h 56

      Bien d'accord avec votre texte. On semble oublié le réchauffement climatique .