L’opinion des Canadiens varie d’une région à l’autre

L’étude montre que 79 % des citoyens du pays croient que les bouleversements climatiques sont une réalité, 44 % estimant que c’est surtout l’activité humaine qui est la cause.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’étude montre que 79 % des citoyens du pays croient que les bouleversements climatiques sont une réalité, 44 % estimant que c’est surtout l’activité humaine qui est la cause.

Une nouvelle étude pancanadienne publiée ce lundi permet de constater que seulement 44 % des Canadiens estiment que les bouleversements climatiques sont « surtout » provoqués par l’activité humaine, et ce, même si une majorité croit en la réalité du phénomène. Et pour la première fois, les résultats sont déclinés à l’échelle locale, ce qui laisse entrevoir de grandes disparités selon les régions du pays.

Des chercheurs de quatre universités, dont l’Université de Montréal, ont en fait développé un outil permettant de visualiser, avec une précision inédite, la distribution géographique au Canada des opinions publiques relatives aux changements climatiques.

Dans l’ensemble, 79 % des citoyens du pays estiment que les bouleversements climatiques sont une réalité. Un total de 44 % estime que c’est surtout l’activité humaine qui est la cause du réchauffement global. Mais 61 % des Canadiens jugent tout de même que la hausse du climat est due « en partie ou surtout » à l’activité humaine, soit essentiellement la combustion d’énergies fossiles.

Importantes différences régionales

L’outil développé par les chercheurs démontre en outre qu’il existe des différences importantes entre les provinces et les circonscriptions. Ainsi, si environ 67 % des électeurs croient à l’existence du réchauffement climatique en Alberta, ils sont 85 % au Québec à être de cette opinion. Au niveau des circonscriptions électorales, ce chiffre varie de 56 % (Souris-Moose Mountain, Saskatchewan) à 91 % (Halifax, Nouvelle-Écosse). Sans surprise, les taux sont plus élevés dans les différentes circonscriptions du Québec que dans celles de l’Alberta ou de la Saskatchewan.

« Nos recherches démontrent que la majorité des Canadiens croient à l’existence des changements climatiques et qu’un nombre important d’électeurs croit que l’activité humaine est une cause importante du réchauffement. Ces constats s’appliquent d’une province à l’autre, et sont vérifiés en ville comme en région », résume un des chercheurs principaux, le professeur Erick Lachapelle, de l’Université de Montréal.

Les cartes dévoilées dans le cadre de l’étude présentent également l’état de l’opinion relatif aux solutions proposées pour lutter contre le changement climatique. Elles révèlent que la politique de plafonnement et d’échange de droits d’émission bénéficie d’un soutien populaire pancanadien (66 %). C’est d’ailleurs le système choisi par le gouvernement du Québec.

La taxe sur le carbone est quant à elle moins populaire (49 %) et son appui varie considérablement d’une circonscription à l’autre.

Le gouvernement de Justin Trudeau doit rencontrer sous peu les gouvernements des différentes provinces dans le but de débuter l’élaboration du plan de lutte contre les changements climatiques que le gouvernement s’est engagé à mettre en oeuvre dans la foulée de l’accord sur le climat conclut en décembre dernier à Paris.

9 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 février 2016 12 h 32

    Conclusion

    Il ne peut ressortir comme conclusion qu'on manque d'information adéquate. Surtout si on considère que la prochaine ère glaciale est en retard. Nous devrions maintenant être dedans, ce qui n’est évidemment pas le cas.

    PL

  • Daniel Bérubé - Inscrit 22 février 2016 14 h 30

    Il est normal

    que l'ouest canadien soit contre l'idée d'un réchauffement dû aux énergies fossile... c'est comme vouloir faire admettre à un boucher que les viandes ont des effets négatifs sur la santé humaine...

  • Denis Paquette - Abonné 22 février 2016 15 h 59

    des fatalités, pourquoi pas, n'ont-ils pas raison

    non je crois que les gens ne manquent pas d'informations c'est beaucoup plus idiot que ca, c'est juste que les gens préfèrent nier tout ce qui les dérange, leur principe est simple,ils croient que si c'est la réalité, ils le sauront bien assez tôt, morale de cette histoire comme a dit Toistoi les gens ne savent meme pas pourquoi et pour qui ils vont a la mort, pour eux la guerre comme les malheurs sont des fatalités,

    • Denis Desmeules - Abonné 23 février 2016 09 h 29

      Malheureusement je dois dire que vous avez raison ! On aime mieux pas savoir et vivre notre petit confort tranquillement, jouir de nos petits achats inutiles... De plus lorsqu'on discute des problèmes climatiques et des injustices auxquels nous sommes confrontés.... Les gens croient qu'on est pessimistes, voir même dépressifs !!! Alors oui, on est plus face à la réaction de l'autruche !!

  • Guy Lafond - Inscrit 23 février 2016 06 h 09

    Confortable et formidable


    Mais fort minable.

    Chacun et chacune d'entre nous devront faire un examen de conscience concernant notre utilisation des énergies fossiles pour nos déplacements journaliers au Canada.

    En effet, il serait bon que Le Devoir dévoile des statistiques par pays sur l'utilisation Per capita d'énergies fossiles et d'autres ressources naturelles pour subvenir à leurs besoins de confort.

    Certains n'ont pas le choix de consommer beaucoup d'essence à cause de leur travail (ex: métiers de la construction). Nous en convenons tous. Cependant, certains de ces travailleurs peuvent quand même se questionner quand il s'agit par exemple de prendre le camion pour aller s'acheter des cigarettes au dépanneur du coin.

    Imposons-nous de nouvelles normes, de nouvelles contraintes. Ne fondons pas tous nos espoirs sur l'honorable ministre de l'environnement, Mme McKenna. Elle n'a pas toutes les réponses.

    (Un Québécois à pied et à pied d'oeuvre à Ottawa)

    • Pierre Fortin - Abonné 23 février 2016 11 h 21

      Des chiffres récents révélaient que la chute du prix de l'essence de la dernière année s'est accompagnée au Québec d'une hausse importante des ventes de véhicules énergivores.

  • Claude Smith - Abonné 23 février 2016 09 h 48

    À lire

    Pour tous ceux et celles qui sont encore dans le déni face à l'influence de l'homme vis-à-vis les changements néfastes qui ont actuellement lieu sur notre planète, la lecture du livre d'Elizabeth Kolbert intitulé la 6e extinction, comment l'homme détruit la vie, pourrait les ramener sur terre.

    Claude Smith