Convois pétroliers vers Belledune: Québec refuse de mandater le BAPE

Avec le projet Chaleur Terminals, 220 wagons-citernes traverseront le Québec chaque jour.
Photo: Paloma Ayala La Presse canadienne Avec le projet Chaleur Terminals, 220 wagons-citernes traverseront le Québec chaque jour.

Le gouvernement Couillard a beau répéter que le transport de pétrole par train est risqué, il a rejeté mardi soir la demande de citoyens qui exigeaient la tenue d’une étude du BAPE sur le projet de transport de pétrole par train vers le port de Belledune, au Nouveau-Brunswick. Pas moins de 220 wagons chargés de brut sillonneront chaque jour le Québec et le coeur de plusieurs municipalités, et ce, dès 2017.

Le Parti québécois avait réclamé plus tôt en journée la tenue d’une telle évaluation sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). En point de presse mardi matin, la députée péquiste Martine Ouellet avait ainsi insisté sur les « risques importants » liés au transport de pétrole par train, risques d’autant plus inacceptables que « le pétrole du projet de Belledune est destiné uniquement à l’exportation ».

La députée Martine Ouellet avait d’ailleurs donné son appui aux instigateurs d’une pétition en ce sens, signée par plus de 10 000 personnes. Mais pour que les porteurs du document soient entendus, le Parti libéral devait donner son accord, ce qu’il a refusé de faire mardi en soirée.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Couillard rejette l’idée de mandater le BAPE pour qu’il étudie le projet de l’entreprise Chaleur Terminals, une filiale de la société albertaine Secure Energy. Québec estime que le dossier a été traité dans le cadre de l’évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures, dont le rapport final est attendu sous peu. Aucune consultation publique spécifique au projet n’est prévue.

Le promoteur du projet, qui a mené du lobbying auprès du gouvernement du Québec et de municipalités en vue de son projet, a refusé de déposer un avis de projet au gouvernement du Québec. L’entreprise estime que le projet est uniquement de compétence fédérale, puisque les convois circuleront sur le réseau ferroviaire du CN.

Convois quotidiens

Le Parti québécois n’est pas le seul à s’inquiéter des risques liés à ce projet. Au total, 23 municipalités ont en effet adopté une résolution pour signifier leurs inquiétudes. Les communautés micmaques de la Gaspésie ont également intenté une poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le promoteur du projet, pour tenter de stopper le projet.

Chaleur Terminals souhaite construire à Belledune un parc de réservoirs de pétrole, mais aussi deux pipelines qui serviront à charger les pétroliers qui viendront s’amarrer au quai. Le projet doit créer 30 emplois permanents.

Pour acheminer le pétrole de l’Ouest jusqu’au Nouveau-Brunswick, l’entreprise a opté pour le transport par convois de wagons-citernes. Deux convois feront le voyage jusqu’à Belledune chaque jour, pour un total d’environ 220 wagons. C’est trois fois le nombre de wagons que comptait le convoi qui a provoqué une tragédie humaine, environnementale et économique il y a moins de deux ans à Lac-Mégantic.

Un wagon-citerne ayant une capacité habituelle d’un peu moins de 720 barils, chaque convoi transportera près de 80 000 barils. Au total, les livraisons quotidiennes atteindront près de 160 000 barils. Cela signifie près de 58 millions de barils par année.

Wagons à Montréal

En empruntant les voies du Canadien National (CN), tout ce pétrole devra parcourir le territoire québécois sur des centaines de kilomètres. Selon les recherches effectuées par Le Devoir, tout indique que les convois passeront par l’île de Montréal, avant de poursuivre leur route vers Saint-Bruno-de-Montarville, puis au coeur de Mont-Saint-Hilaire, Saint-Hyacinthe et Drummondville. Ils longeront en partie l’autoroute 20, puis Lévis.

Les convois comptant 110 wagons chacun passeront, deux fois par jour, en plein coeur de Rivière-du-Loup, mais aussi Trois-Pistoles et Rimouski. Plusieurs autres municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie verront aussi défiler quotidiennement les wagons chargés de pétrole des sables bitumineux.

Chemin faisant, ces convois traverseront de nombreux cours d’eau. Ils longeront aussi certaines rivières, dont la Matapédia. Les trains circuleront enfin le long de la rive sud de la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, avant d’arriver à Belledune.

4 commentaires
  • André Champagne - Abonné 16 février 2016 23 h 03

    Rien à comprendre! Rien de bon à espérer?

    Le gouvernement libéral et son chef ont une logique difficile à défendre et même impossible. En effet, d'un projet à l'autre concernant le pétrole, monsieur Couillard avance des positions contradictoires, imprécises et qui sèment la confusion. Monsieur Couillard cherche à satisfaire son électorat tout en acceptant certains projets pour préserver son avenir politique à Ottawa.
    Il faut trouver un moyen d'arrêter les projets que les électeurs du Québec ne veulent pas.

  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 16 février 2016 23 h 47

    Pardon?

    Avoir Philippe Couillard ou une chaise vide qui s`occupe des vraies affaires, c`est presque la même chose...

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 17 février 2016 05 h 39

    Régis Labeaume, informe-toi!

    Et dire que le maire de Québec Régis pense qu'il n'y aura plus de transport de pétrole par wagon-citerne lorsque le pipeline sera installé sur le territoire du Québec. Il faudrait qu'il lise autre chose que la page financière des quotidiens. Comme bouffon de maire, on ne peut trouver mieux. Et dire que l'on a voté pour ça aux dernières élections municipales.
    Régis Labeaume, informe-toi!

    • Gaétan Fortin - Inscrit 17 février 2016 10 h 24

      En l'occurence, les convois don on parle dans cet article
      n'auraient plus lieu d'être si l'oéoduc était construit.

      Et il est douteux que les importation actuelles (d'Algérie ou
      d'aillers, se poursuivraient.