Suroît: demande d'enquête adressée à la commissaire à l'environnement du Canada

Le groupe environnemental Héritage Saint-Bernard, de Châteauguay, a adressé au cours des derniers jours une pétition à la commissaire à l'environnement du Canada, Johanne Gélinas, pour vérifier si Environnement Canada avait assumé ses responsabilités dans le dossier de la centrale thermique du Suroît, qu'il s'agisse de toxiques, de smog ou de gaz à effet de serre.

Les pétitions adressées à la commissaire à l'environnement, laquelle fait partie du Bureau du vérificateur général, imposent à Mme Gélinas de faire une enquête dont les résultats seront éventuellement rendus publics.

Héritage Saint-Bernard veut d'abord savoir si Environnement Canada a ouvert un dossier à propos de ce projet et, le cas échéant, s'il a assumé toutes ses responsabilités, définies par les lois et la Constitution.

Le groupe environnemental, responsable d'un des joyaux du patrimoine faunique du Saint-Laurent, veut savoir si Environnement Canada a, conformément au mandat de ce ministère, déterminé dans le dossier du Suroît les menaces de pollution, leurs sources et les moyens de les contrôler. Le groupe veut aussi savoir si, conformément à sa stratégie de développement durable (2001-03), Environnement Canada a fait à l'endroit du Suroît les gestes qui lui permettent de «réduire les impacts humains sur l'atmosphère et la qualité de l'air, notamment le changement climatique, le smog et l'appauvrissement de la couche d'ozone troposphérique, et réduire la menace posée par les substances toxiques».

Manifestation

Les écologistes s'affairaient hier aux préparatifs de la manifestation de dimanche, qui cible le projet du Suroît et les récentes priorités énergétiques du gouvernement Charest.

Aux dernières nouvelles, des étudiants de l'Université de Sherbrooke avaient construit des centaines de petites éoliennes qu'ils veulent distribuer dimanche aux manifestants pour marquer visuellement leur opposition à la production d'électricité polluante à partir de combustibles fossiles, cause première du réchauffement climatique. Les manifestants sont invités à apporter avec eux tout ce qui tourne avec du vent, expliquait hier Daniel Breton, du Parti vert.

La centrale du Suroît augmentera de 20 % la consommation de gaz naturel du Québec et augmentera de près de 3 % les rejets de gaz à effet de serre du Québec, soit autant que 600 000 nouvelles voitures.

Depuis la formation de la coalition Québec-Vert-Kyoto, il y a seulement huit jours, plusieurs organismes s'y sont affiliés et d'autres l'appuient ouvertement. Le site Internet www.quebec-vert-kyoto.org a été visité plus de 10 000 fois en quelques jours.

Cinq partis politiques ont officiellement rejoint cette coalition citoyenne: l'Action démocratique, l'Union des forces progressistes (UFP), le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert du Québec, un des fondateurs du mouvement. Au cours des dernières 24 heures, le porte-parole du Parti québécois en environnement, le député Stéphan Tremblay, a accordé son appui personnel au mouvement. Le PQ de Montréal-Centre, sans rejoindre la coalition, a lancé un appel public à la population pour l'inviter à participer à la manifestation, une des premières depuis fort longtemps à être convoquée par les écologistes.

La manifestation commencera à 14h demain au carré Dorchester (angle Peel et René-Lévesque) pour se rendre devant le siège social d'Hydro-Québec. Elle est parrainée par de grands groupes québécois comme l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique. Greenpeace et l'Union des consommateurs appuient l'initiative même s'ils ne font pas partie du groupe organisateur.

Dimanche, les porte-parole de la coalition seront les Cowboys Fringants, en remplacement du porte-parole initial, l'animateur Jacques Languirand, retenu à la maison pour cause de maladie.