Le milieu des affaires se range derrière TransCanada

Tracé du projet d'oléoduc Énergie Est dans la région de Montréal
Photo: Communauté métropolitaine de Montréal Tracé du projet d'oléoduc Énergie Est dans la région de Montréal

Quelques jours après le refus du projet Énergie Est par la Communauté métropolitaine de Montréal, le milieu des affaires du Québec offre sont appui à TransCanada et plaide en faveur de la construction de ce pipeline de 625 kilomètres en sol québécois, dans le but de satisfaire les besoins de transport des pétrolières qui exploitent les sables bitumineux.

TransCanada et ABB Canada ont annoncé mercredi la signature d’une entente pour la livraison de « bâtiments électriques » qui permettront d’alimenter les stations de pompage nécessaires à l’exploitation du pipeline. Selon les prévisions des deux partenaires, ce projet créerait 120 emplois directs durant la phase de construction d’Énergie Est, soit entre 2018 et 2020.

L’annonce de cette entente a surtout été l’occasion pour le milieu des affaires d’offrir son appui au projet de TransCanada. La présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, le président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault, et le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, étaient d’ailleurs présents à l’hôtel Sheraton pour la conférence de presse.

Tous ont souligné l’apport du projet de pipeline pour l’économie québécoise. Selon les prévisions de la pétrolière, la phase de construction générera 1962 emplois directs dans la province. Pendant la phase d’exploitation, qui doit débuter dès 2020, 33 emplois directs seront maintenus.

« Les oléoducs demeurent le moyen le plus sécuritaire de transporter le pétrole dont le Québec a besoin chaque jour, a souligné le président d’Énergie Est, John Sioni. Puisqu’ils fonctionnent à l’électricité, les pipelines consomment beaucoup moins d’énergie que les trains ou les camions à moteur diesel, ce qui se traduit par une empreinte carbone nettement inférieure. »

Selon lui, le pipeline Énergie Est pourra « remplacer » l’équivalent de 1570 wagons citernes chaque jour. Or, il serait techniquement impossible de faire circuler sur une base quotidienne autant de wagons vers le Québec, mais surtout le Nouveau-Brunswick.

La construction du pipeline de TransCanada, le plus important en développement en Amérique du Nord, s’inscrit dans une optique de croissance de la production des sables bitumineux albertains. Énergie Est transportera à lui seul 1,1 million de barils par jour. Ce nouveau pipeline fera du territoire du Québec un élément clé dans l’exportation du pétrole albertain. Avec ce projet, plus du tiers de la production des sables bitumineux passera en sol québécois d’ici cinq ans.

27 commentaires
  • Robert Lortie - Abonné 3 février 2016 13 h 32

    Pensée unique

    « Les oléoducs demeurent le moyen le plus sécuritaire de transporter le pétrole dont le Québec a besoin chaque jour ». Bel exemple de pensée unique, où l’on s’attarde à une petite partie du problème. Le meilleur moyen d’assurer la sécurité à long terme de l’espèce humaine est de laisser la majeure partie du pétrole là où il est, et pour les sables bitumineux, il s’agit de 85% d’après la revue « Nature ». De plus, le Québec n’a pas besoin de ce pétrole, destiné à l’exportation.

    • Claire Lavigne - Inscrite 5 février 2016 09 h 41

      J'ai entendu que le pétrole de l'oléoduc inversé et accepté par M.Coderre suffit pour le Québec. Esst-ce juste?.De plus, une orientation importante pour l'électrification des transports apporterait une diminution du pétrole et beaucoup d'emplois pertinents à ce projet correspondant à la santé de notre planète.

  • Yves Côté - Abonné 3 février 2016 13 h 33

    Le boss...

    Le boss au Québec ce n'est pas "le milieu des affaires".
    Le boss au Québec, c'est le peuple.
    Et cela, même s'il n'est toujours pas officiellement souverain politiquement.
    Et le peuple, clairement, lui il n'en veut pas pour ses enfants de ce pipeline qui transporte de la m...

    Il me semble que ce n'est pas difficile à comprendre ?
    Surtout quand on est assez intelligent pour être en affaires !

    • Claire Lavigne - Inscrite 5 février 2016 09 h 43

      Ce qui est déplorable, c'est que les électeurs ont voté pour les "VRAIES AFFAIRES".

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2016 13 h 42

      "Ce qui est déplorable, c'est que les électeurs ont voté pour les "VRAIES AFFAIRES"."

      Le gouvernement Marois avait été bien ambigu sur cette question (voir: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/364742/ma )

      Et PKP a refusé de se prononcer publiquement contre le pipeline, en pleine conférence de presse conjointe avec M. Duceppe lors des dernières élections fédérales (voir: http://www.ledevoir.com/politique/canada/447611/ne )

      Il ne restait que QS clairement contre, du moins, parmi les partis qui ont plus de 5% du vote.

  • Simon Lavoie - Abonné 3 février 2016 14 h 04

    Mauvaise foi

    1) Le pipeline a pour vocation l'exportation hors du continent, et aucunement la consommation locale. Les besoins énergétiques du Québec n'ont rien à voir avec ce projet.
    2) Le rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable souligne d'importantes lacunes attestant de la vetusté des conduits et la sous-optimalité des mesures de sécurité (plus de 72% des fuites ont été rapportées par des citoyens)
    3) Le prix à payer pour essuyer un seul déversement excède tous les bénéfices directs du projet.
    Nous sommes dans les ténèbres, dans une mauvaise fois abyssale.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 février 2016 15 h 03

      Vous avez succinctement et précisément démasqué le caractère mensonger des déclarations dont cet article fait état M. Lavoie. Merci.

      Mais quelle est donc la vraie raison pour laquelle "notre" "milieu des affaires" appuie ce projet?

    • Jacques Patenaude - Abonné 4 février 2016 09 h 30

      @ R. Labelle
      La vrai raison: ils n'ont pas le sens des affaires.
      Appuyer un projet qui exportera emplois et profits ailleurs qu'au Quebec plutot que de revendiquer une politique d'electrification creatrice d'emplois et de profits au Quebec c'est demontrer qu'ils n'ont pas la vision de veritable dirigeants d'entreprises.

    • Louis Bibaud - Abonné 4 février 2016 10 h 47

      Selon moi, la vrai raison n'a rien à voir avec les intérêts du Québec. D'ailleurs, le mensonge que notre belle communauté des affaires répète ad nauseam et que M. Lavoie démasque avec raison démontre que plusieurs des gros bonnets qu'ils représentent ont des intérêts cachés inavouables dans toute cette affaire. Je soupçonne que ce sont leurs inquiétudes fébriles par rapport à leurs très importants placements dans l'industrie pétrolière albertaine qui les excitent comme ça, surtout par les temps qui courent alors que les débouchés de croissance s'obstruent à l'ouest, au sud et maintenant à l'est. Ajouter à cela la baisse importante des prix du pétrole dont souffrent davantage qu'ailleurs la très coûteuse production des sables bitumineux, et vous avez là tous les ingrédients qui expliquent leur montée au barricades.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2016 13 h 51

      Si on veut ajouter à l'absurde. Le gros du marché est en Inde et en Chine. Pour partir de l'Alberta et aller là-bas, passer par le Nouveau-Brunswick plutôt que la Colombie-Britannique est tout un détour.

      La CB a dit non, c'est fini pour ça? Pourquoi la pression ne serait-elle pas sur la CB parce que le Québec dit non?

      À qui vendre le pétrole d'Énergie Est? Les États-Unis visent l'indépendance énergétique, voire devenir exportateur, l'Amérique latine s'approvisionne du Venezuela, l'Europe s'approvisionne du Moyen-Orient, du Nord de l'Afrique de la mer du Nord et de la Russie, l'Afrique s'approvisionne du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

  • Claude Bariteau - Abonné 3 février 2016 14 h 08

    L'enjeu est le pétrole, pas les pipelines.

    Le raisonnement du milieu des affaires ne tient pas compte du contenu des contenantds (pipelines, wagons et bateaux). Et c'est le contenu qui est litigieux, car il est composé de pétrole sale tirée des sables bitumineux.

    Par ailleurs, s'agissant des pipelines, au Québec, le tracé envisagé est à haut risque selon les analyses actuelles, ce qui est moins le cas en Ontario et abaisser ces risques par des compensations diverses ne change rien au risque généré par l'exploitation de ce pétrole, car il la cautionne.

    Alors, dire que les pipelines sont plus sécures que les wagons et les bateaux, c'est seulement cautionner par les contenants le transport d'un contenu qui pollue la planète terre.

    Autre point, brancher ainsi le Québec au pétrole de l'ouest, c'est le forcer à l'acheter, ce que font Valéro et Suncor qui alimentent les détaillants, alors que le coût d'un prétole moins polluant est moindre sur le marché international.

    Pire, c'est piéger le développement des énergies renouvelables au Québec, car ces multinationales opérant en Alberta pourront pressurer le Québec pour qu'il ne se libère pas trop de l'usage de son pétrole.

    Que le milieu des affaires du Québec appuie TransCanada montre seulement que ce milieu est inféodé aux gens d'affaires du Canada, comme il l'a toujours été, exception faite d'une courte période marquée par l'exitence d'un Québec Inc.

    • Claire Lavigne - Inscrite 5 février 2016 09 h 49

      Tout simplement, le Canada a besoin de toutes nos richesses car nous sommes la "Belle Province" avec un peuple "bon vivant, acceuillant, généreux et ouvert aux autres. Ce sont nos qualités qui nous caractérisent depuis longtemps.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2016 13 h 26

      Et même en limitant la question à celle du contenant ce qui est en effet réducteur, l’argument en faveur du tuyau demeure faible – une fois le pipeline construit, les retombées en seraient bien faibles.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 3 février 2016 14 h 17

    Pas étonnant...

    Pas étonnant ces gens seraient prêts à vendre leurs mères pour faire du fric...

    • Raymond Labelle - Abonné 3 février 2016 14 h 56

      Au moins les maires résistent...

    • Raymond Chalifoux - Abonné 4 février 2016 05 h 22

      Et encore! Si, au moins, il s'agissait de "beaucoup" de fric...!