Le Caucus iroquois vient grossir les rangs de l’opposition au projet

Le Caucus iroquois a fait connaître jeudi son opposition ferme au projet de TransCanada, <em>«au nom de la protection de nos territoires, de nos peuples et de nos cultures contre les risques majeurs que pose ce projet dangereux».</em>
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Le Caucus iroquois a fait connaître jeudi son opposition ferme au projet de TransCanada, «au nom de la protection de nos territoires, de nos peuples et de nos cultures contre les risques majeurs que pose ce projet dangereux».

Le Caucus iroquois, qui regroupe des nations autochtones du Québec et de l’Ontario, s’oppose « à l’unanimité » au projet de pipeline Énergie Est, de TransCanada. Une opposition qui fait écho à celle des Premières nations de la côte ouest, qui bloque la réalisation d’un important projet de pipeline.

Le Caucus iroquois, qui regroupe des leaders de sept communautés, a fait connaître jeudi son opposition ferme au projet de TransCanada, « au nom de la protection de nos territoires, de nos peuples et de nos cultures contre les risques majeurs que pose ce projet dangereux ».

Les leaders des communautés autochtones disent ainsi avoir « des inquiétudes sérieuses » par rapport aux « effets dévastateurs que ce projet pourrait avoir sur nos terres et notre eau, mais aussi sur notre mode de vie ».

Par voie de communiqué, ils ont néanmoins salué la décision du gouvernement de Justin Trudeau d’accroître les consultations des Premières nations dans le cadre de l’évaluation fédérale du projet de pipeline Énergie Est. Le Caucus iroquois, qui compte notamment des leaders de Akwesahsne, Kahnawake et Kanesatake, entend d’ailleurs participer aux « discussions ».

Non sur la côte ouest

Il faut dire que l’opposition claire exprimée jeudi fait écho à ce qui s’est produit sur la côte ouest, dans le cadre du développement du controversé projet Northern Gateway, de la pétrolière Enbridge. Des communautés autochtones se sont non seulement opposées à la construction du pipeline, mais elles ont aussi soutenu que le gouvernement de la Colombie-Britannique avait manqué à ses devoirs en ne les consultant pas.

La Cour suprême de la province leur a d’ailleurs donné raison il y a deux semaines, en statuant que la province avait porté atteinte à l’honneur de la Couronne en ne consultant pas les Premières Nations quant à l’accord conclu avec l’Office national de l’énergie au sujet des consultations. La construction de Northern Gateway, qui transporterait la moitié du pétrole que transporterait Énergie Est, n’a toujours pas débuté.

Dans le cas du pipeline Énergie Est, le gouvernement Couillard a décidé de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement afin qu’il mène une étude sur le projet. Les commissaires qui dirigeront cette évaluation ont d’ailleurs été nommés cette semaine.

L’opposition du Caucus iroquois vient toutefois grossir les rangs de l’opposition au projet de TransCanada au Québec. La semaine dernière, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui représente 82 municipalités, a officiellement dit non au pipeline d’exportation qui ferait du Québec un allié stratégique de l’industrie pétrolière albertaine.

Arcand commente

Interpellé jeudi à la sortie du conseil des ministres, le ministre de l’Énergie Pierre Arcand n’a toutefois pas voulu commenter la nature de l’opposition au projet Énergie Est. « Si vous êtes dans la région de Montréal, il y a beaucoup d’opposition. Si vous êtes dans la région de Québec, il y a moins d’opposition », a-t-il répondu.

« Il faut avoir un débat rigoureux, parce qu’il y a un ensemble d’enjeux sur cette question, comme la question du gaz, la question environnementale ou la question économique. Il y a plusieurs questions », a-t-il ajouté. M. Arcand a également réitéré que « le gouvernement fera son nid sur cette question au cours des prochains mois ».

Le ministre n’a pas voulu commenter les attaques dont le Québec a fait l’objet ces derniers jours, en raison de l’opposition de la CMM. « Le Canada que nous voulons est un Canada collaborateur et inclusif. Mais ce n’est pas parce que nous sommes collaborateurs qu’il faut dire oui à tout », a-t-il toutefois souligné. En matière de ressources naturelles, « le Québec est maître » sur son territoire, a conclu Pierre Arcand.

TransCanada a présenté en décembre la version finale de son projet à l’Office national de l’énergie, l’organisme fédéral qui doit évaluer le projet Énergie Est. Le pipeline traversera le territoire québécois sur plus de 625 kilomètres, pour se rendre au Nouveau-Brunswick. De là, une bonne partie du pétrole sera chargée à bord de pétroliers pour être exportée vers l’Europe et l’Inde.

Selon la version préliminaire, quelque 641 cours étaient franchis, dont plusieurs servent de sources d’eau potable aux principales municipalités du Québec. Le tuyau traversera également plusieurs zones agricoles. Lors de la phase d’exploitation, prévue pour « plus de 40 ans », le projet Énergie Est doit générer au Québec 33 emplois directs.

12 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Abonné 28 janvier 2016 19 h 07

    Monsieur Arcand, je m'excuse mais votre chef à déjà dit oui au pipeline. Cessez donc de nous faire des romances sur votre supposé ouverture d'esprit en brouillant les cartes avec votre 《il y a plusieurs questions en jeu》. Il n'en a qu'une question:est-ce rentable oui ou non de laisser passer le pipeline sur le territoire quebecois .
    C'est ça la question, et vous savez déjà que la réponse ne vous est pas favorable.

  • - Inscrit 28 janvier 2016 20 h 10

    Un collabo modéré !

    « Le Canada que nous voulons est un Canada collaborateur et inclusif. Mais ce n’est pas parce que nous sommes collaborateurs qu’il faut dire oui à tout » (Arcand)

    • Hélène Boily - Abonnée 29 janvier 2016 10 h 03

      Nous voulons une Planète où l'Humain puisse encore vivre.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 28 janvier 2016 21 h 34

    L'exportation petroliere

    L"exportation du sale bitumineux est un crime contre l<humanite ... des millions d"etres vivants vont perir a cause des extremes climatiques causes part les emissions de Ges generes par les emissions polluantes du sale bitumineux.

  • Diane Gélinas - Abonnée 29 janvier 2016 00 h 20

    L'insulte de Tasha Kheiriddin au téléjournal 28-01-2016

    Michel David venait d'exprimer l'opinion que les maires de la région de Vancouver ont fait exactement la même chose que les maires de la région de Montréal à propos des pipelines respectifs.

    Madame Kheiriddin a répondu, dans un étourdissement patriotique sans précédent : «Oui, ma la Colombie Britannique, elle, ne recevait pas de péréquation!»

    J'ai personnellement fait une plainte à la SRC et j'espère que tous les lecteurs du Devoir en feront autant !

    Messieurs David et Lessard étaient, selon Céline Galipeau, estomaqués d'une telle remarque.

    Michel David a même suggéré au PQ de prendre la balle au bond...

    Quelle formidable rampe de lancement pour justifir l'urgence de l'indépendance du Québec. Ce pipeline de Trans-Canada est une abomination.

    Et maintenant que le Caucus Iroquois Québec/Ontario se prononce à l'unanimité, peut-être que Justin en sera ébranlé comme jamais il ne l'aurait été par une opposition uniquement québécoise...

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 janvier 2016 07 h 06

    Le fédéralisme a un prix

    Si le Québec était indépendant, la question de savoir si nous devrions accepter Énergie Est ne se poserait pas.

    Toutefois, dans un pays démocratique comme le Canada, il est inacceptable que 23% de la population (nous) mette en péril les intérêts de la majorité.

    Donc, de la même manière que le Canada anglais s’est ligué pour imposer au Québec la constitution canadienne-anglaise de 1982, le Canada fera passer son pipeline par le Québec, que cela nous plaise ou non.

    Et si une catastrophen environnementale survient, eh bien comme à Lac-Mégantic, le fédéral ne paiera que 50% de la note et nous paierons l'autre moitié tout en enterrant nos morts, le cas échéant.

    En somme, Énergie Est est le prix de notre appartenance au Canada.

    Le premier ministre, M. Couillard a raison : le Québec a le choix entre l'indépendance ou fermer sa gueule. Et puisque nous avons choisi le fédéralisme, nous devrons apprendre à nous taire.