Le gouvernement du Québec ira courtiser l’Alberta à l’invitation de TransCanada

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust

En pleine crise sur le controversé projet de pipeline Énergie Est, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, doit prononcer un discours au cours d’un dîner d’affaires commandité par TransCanada, en Alberta, a appris Le Devoir.

Le ministre doit prendre la parole au cours d’un événement organisé le lundi 1er février par l’Alberta Enterprise Group (AEG), à Edmonton. Ce regroupement d’affaires albertain plaide ouvertement en faveur de l’exploitation des sables bitumineux, mais aussi des projets de pipelines mis en avant par l’industrie des énergies fossiles.

Selon l’invitation diffusée par l’AEG, « le ministre Daoust mettra en lumière l’importance des relations commerciales entre l’Alberta et le Québec, en plus d’expliquer les efforts de son gouvernement pour créer des relations d’affaires fortes entre nos deux provinces ». Le ministre doit être accompagné d’une « délégation » d’entreprises du Québec spécialisées dans les « technologies propres » et le secteur de l’éolien.

« Joignez-vous aux dirigeants d’entreprises et de gouvernements du Québec et de l’Alberta afin d’en apprendre davantage sur le futur de cette importante relation d’affaires et forger de nouveaux partenariats », peut-on également lire dans le libellé de l’invitation de l’AEG.

Ce dîner d’affaires est organisé par l’Alberta Enterprise Group en collaboration avec TransCanada, une multinationale albertaine qui s’associe régulièrement à l’organisation d’événements auxquels participent des entreprises du secteur de l’énergie. TransCanada était d’ailleurs un des commanditaires du Sommet sur l’énergie organisé par Les affaires mardi à Montréal.

Questerre partenaire

L’autre commanditaire de l’événement auquel participera le ministre Jacques Daoust est Questerre Energy. Cette entreprise active dans le domaine du gaz de schiste détient notamment des permis d’exploration au Québec. Le président et chef de la direction de l’entreprise, Michael Binnion, est aussi le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec. Cette association, qui représente les entreprises actives dans la recherche de pétrole et de gaz au Québec, milite activement en faveur de l’exploitation des ressources fossiles dans la province.

Énergie Est au menu ?

Au cabinet de Jacques Daoust, on a reconnu mercredi que le ministre se rendra effectivement en Alberta la semaine prochaine. « Le ministre aura des rencontres les 1er et 2 février. Il s’agit d’une mission commerciale à laquelle prendra part une délégation d’entreprises québécoises du secteur des technologies environnementales », a précisé son attachée de presse, Mélissa Turgeon.

Est-ce que le ministre de l’Économie du Québec évoquera le projet de pipeline Énergie Est dans le cadre de son allocution à la tribune de l’Alberta Entreprise Group ? « L’objectif principal du discours sera de faire la promotion de l’expertise du Québec en technologies vertes, mais il n’est pas écarté qu’il dise quelques mots sur le pipeline », a simplement indiqué Mme Turgeon.

Ce n’est pas la première fois qu’un membre du gouvernement Couillard prend part à un événement auquel TransCanada est associée. En septembre 2014, le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, avait pris part à un souper organisé et payé par TransCanada, à Montréal. La multinationale avait profité de l’occasion pour présenter son projet Énergie Est. L’ex-premier ministre Jean Charest y était aussi.

15 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 janvier 2016 04 h 52

    What does Qwébec want ?

    Trad : Qu'est-ce que le Québec veut ?

    Drôle d'intervenant pour aller leur dire.


    PL

    • Pierre Fortin - Abonné 28 janvier 2016 16 h 29

      À condition que la réponse les intéresse encore.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 janvier 2016 07 h 25

      Ce qui les intéresse vraiment est un droit de passage. Pour le reste...

      PL

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 28 janvier 2016 06 h 19

    Et s'il devait

    être «remanié» ce matin sur les banquettes arrières!

    • Serge Morin - Inscrit 28 janvier 2016 09 h 54

      Ce matin,des 6h un journal connu pour ses accointances, annoncait la liste des élus

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 janvier 2016 07 h 46

    Il faut se parler

    Strictement parlant, un événement commandité par TransCanada ne signifie pas que le commanditaire ait invité le conférencier à l'événement. Dans ce cas-ci, le ministre est l'invité de l'AEG.

    Cette nuance faite, il est bon qu'on se parle.

    J'espère que les Albertains réaliseront qu'il est dans leur intérêt que le pétrole des sables bitumineux soit exporté par le biais d'un port en eau profonde de la Baie d'Hudson plutôt qu'en traversant une province qui pourrait un jour faire sécession du Canada.

    Mais je doute que le ministre utilise cet argument pourtant très évident...

    • Benoit Thibault - Abonné 28 janvier 2016 12 h 46

      Bonjour,
      Pour ma part ce n'est pas la conférence de M. Daoust qui m'inquiète mais plutôt touut ce qui va dire les portes closes dans les habituelles rencontres "privées" et les souper.
      On peut aussi ce questionner sur la pertinence de cette présence puisque la politique énergétique du Québec n'est pas encore connu, du moins par la majorité de la population qui n'a pas assisté à la rencontre privée d'il y a quelques semaines.

  • Pierre Desautels - Abonné 28 janvier 2016 08 h 21

    Solidarité...


    En signe de solidarité, Lucien Bouchard, Pierre-Marc Johnson et André Boisclair devraient l'accompagner aussi...

    • Danielle Houle - Abonnée 28 janvier 2016 09 h 54

      Sans oublier André Caillé, et le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque qui rêve d'avoir un pipeline traverser sa ville.

  • Jacques Morissette - Inscrit 28 janvier 2016 08 h 30

    Réunion d'Affaires?

    C'est dans ce genre de situation que l'on peut constater que les populations, quant au fond de certaines questions, sont comme une écharde que les gouvernements ont au pied. C'est donc dire qu'ils se réunissent dans le but d'enlever l'écharde. Sauf que les populations voient la vie,
    la réalité à travers de multiples fenêtres, tandis que pour eux pour eux, les choses se passent entre quatre murs.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 28 janvier 2016 09 h 17

      Les requins ont rendez-vous pour un fraie collectif sur l'autel de la vie ?