TransCanada estime que le Québec sera convaincu

TransCanada souhaite convaincre les Québécois qu’elle entend «réaliser le projet de façon respectueuse et responsable», selon le vice-président de la compagnie au Québec et au Nouveau-Brunswick, Louis Bergeron.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir TransCanada souhaite convaincre les Québécois qu’elle entend «réaliser le projet de façon respectueuse et responsable», selon le vice-président de la compagnie au Québec et au Nouveau-Brunswick, Louis Bergeron.

Malgré l’opposition grandissante au projet Énergie Est au Québec, TransCanada est toujours aussi persuadée d’obtenir l’autorisation de construire son pipeline. L’entreprise albertaine est d’ailleurs en train de mettre sur pied toute une équipe au Québec afin de convaincre du bien-fondé de son projet d’exportation de pétrole des sables bitumineux.

« Je suis très confiant que les discussions basées sur les faits et la science vont permettre à la population du Québec de se positionner sur le projet, tout en restant fidèles à notre objectif de réduire notre dépendance aux énergies fossiles », a fait valoir mardi le vice-président Québec et Nouveau-Brunswick, pipeline Énergie Est, Louis Bergeron.

M. Bergeron, qui a été recruté par TransCanada en septembre dernier, s’en est pris à ceux qui rejettent d’emblée l’idée de construire un pipeline de 625 kilomètres en sol québécois. « Pour moi, c’est comme si les Québécois se faisaient dire : “ On va cesser de construire des avions parce qu’il y a déjà eu des accidents, même si on sait que l’avion est le mode de transport le plus sécuritaire  », a-t-il affirmé à la tribune du Sommet sur l’énergie organisé par Les Affaires.

Comme plusieurs autres avant lui, M. Bergeron a souligné que le pipeline Énergie Est pouvait remplacer le transport de brut par train. Il faut rappeler que les pétrolières font face à une saturation imminente du réseau ferroviaire en raison de la croissance de la production de l’Ouest canadien. Dans le cas du pipeline de TransCanada, les 1,1 million de barils par jour équivalent à au moins 1530 wagons-citernes. Il serait toutefois impossible de faire circuler autant de wagons quotidiennement entre l’Alberta et le Nouveau-Brunswick.

Exportation

Selon ce qu’a précisé le dirigeant québécois de TransCanada, le pipeline Énergie Est permettra aussi aux entreprises d’avoir accès à des infrastructures portuaires pour exporter le pétrole brut, ce qui devrait leur permettre d’obtenir un meilleur prix. Un total de 281 pétroliers pourraient en effet être chargés chaque année au Nouveau-Brunswick. Selon les documents déposés par l’entreprise à l’Office national de l’énergie, on vise notamment l’Europe et l’Inde.

La pétrolière est d’ailleurs confiante quant au maintien de la demande pour le pétrole qui circulera dans le pipeline dès 2020. M. Bergeron a dit entrevoir « plusieurs décennies » d’exploitation, et ce, malgré les rapports scientifiques qui plaident pour une réduction draconienne de notre dépendance aux énergies fossiles.

Sables bitumineux

Mais pour parvenir à son objectif d’exportation du pétrole des sables bitumineux, TransCanada souhaite convaincre les Québécois qu’elle entend « réaliser le projet de façon respectueuse et responsable ». Selon ce qu’a indiqué Louis Bergeron, la multinationale est à pied d’oeuvre afin de « mettre en place une organisation » basée de façon permanente dans des bureaux situés à Montréal. L’objectif ? « Avoir une équipe de Québécois qui savent comment travailler sur le terrain, a dit M. Bergeron. C’est une équipe de Québécois qui va gérer le projet avec les Québécois », a-t-il insisté.

En point de presse, il a par ailleurs rappelé que la pétrolière s’est soumise de façon volontaire au processus d’évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Pourquoi avoir refusé de déposer une étude d’impact du projet ? « Le projet n’est pas soumis à la réglementation provinciale », a simplement dit M. Bergeron.

TransCanada estime en effet que la décision sur le pipeline Énergie Est appartient uniquement au gouvernement fédéral, puisque le tuyau traversera plusieurs provinces. Le BAPE n’aura donc aucune étude d’impact sur laquelle appuyer ses travaux, contrairement à ce qui se fait normalement au Québec dans le cadre d’un projet industriel.

 

27 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 26 janvier 2016 19 h 39

    Notre dépendance

    Combien de fois faut-il entendre:«réaliser le projet de façon respectueuse et responsable», et en même temps lire« Le projet n’est pas soumis à la réglementation provinciale », a simplement dit M. Bergeron.
    Alors, le respect n'est utilisé que mettre la table, mais dans les faits Trsns-Canada va faire ce qu'il veut bien sans que le Québec puisse s'y opposer.
    Imaginez si nous étions un pays, nous pourrions non seulement exiger une redevance sur chaque baril, mais en plus nous pourrions exiger un coût moindre pour notre consommation, en plus d'exiger que le terminal soit à Montréal et finalement collecter les frais de passage des navires.
    Eh bien non, notre préférence est de demeurer accroché au dépend du bon vouloir du Canada et se baigner dans une navrante position de minoritaire.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 janvier 2016 21 h 15

      Pourquoi les faits et la science n'ont pas convaincu les provinces de l'ouest ?
      Parceque'il y a trop de probabilité de déversement et de pollution pour ces provinces, il n'en veulent pas à l'ouest de cette mélasse crasseuse.
      TransCanada n'a pas pu convaincre les provinces de l'ouest, alors pourquoi nous on se laisserait convaincre ?
      Ce n’est pas clair encore, on n'en veut pas non plus de votre pipeline. Tout comme l'ouest et le sud, on n'en veut pas à l'est.
      On ne veut pas de votre glue crasseuse.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 27 janvier 2016 08 h 51

      «Plusieurs décennies» entend-t-on dire. Sauf que... le «tuyau» va rester là «tout le temps».

      «Tout le temps» c'est «plus long» que «plusieurs décennies»;
      «Nous aussi».

      PL

    • Denis Desmeules - Abonné 28 janvier 2016 09 h 13

      La vrai question qui n'est que rarement ramenée à la surface est qu'à la base, le traitement des sables bitumineux est tellement polluant! Donc l'impact premier à considérer pour ce type de pétrole est environnemental et non pas économique. Dans 40 ou 50 ans quand le climat de la planète sera complètement déréglé (on en voit déjà des échantillons...) et que l'humainté sera au prise avec dès cataclysmes environnementaux destructeurs, que diront les politiciens d'aujourd'hui ou que diront nos descendants à propos de la société de 2015. Au global, est-ce que l'humanité a besoin de ce pétrole ? Il y a une production déjà trop abondante qui fais plonger l'humanité un peu plus chaque jour vers un climat planétaire en folie ! C'est là la vrai question. La pérénité d'un environnement sain qu'on refuse aux générations futures. Pourquoi?? Par égoïsme. Parce que les chefs de ces entreprise milliardaires et les politiciens qui sont à leurs mamelles ne veulent pas mettre un sous dans les énergies vertes et donner au suivant. L'être humain est le seul animal qui détruit délibérément son habitat ! On est le seul animal intelligent ! On est le seul animal capable de changer les choses présentement mais force est de constater que le mal est aussi quelque part dans l'humain!

    • Robert Beaulieu - Abonné 28 janvier 2016 11 h 39

      À quoi nous servirons les redevances les emplois et les droits de passages M, Bélair-Plessis lorsque frapperons les évènements climatiques catastrophiques ou l'accident irréparable innévitable sur la durée de vie du pipeline? ( les substances toxiques corrosives transportées viendrons à bout du tuyau tôt ou tard) Pouvez-vous m'expliquer le concept mëme d'un pays quand les conditions essentielles à la vie seront disparus?
      Trans-Canada s'est trouvé un mercenaire du marketing avec un nom français, Louis Bergeron, qui nous parle d'un projet ''Québécois''!!! Ce vendeur de chars est là depuis un gros 5 mois et il pense nous faire la morale ou nous instruire sur la rigueur scientifique! Entartable vous dites?
      Par ailleurs, le gouvernement du Québec prétend envoyer un émissaire en Alberta pour leur vendre des technologies vertes! Dans la conjoncture actuel, ce scénario burlesque me semble peu probable. Je pense qu'on veut plutöt se concerter sur les lubrifiants nécessaires et les doses requises pour faire passer le sapin(ou le tuyau si vous préférez).

  • René Racine - Abonné 26 janvier 2016 19 h 39

    Énergie Est, c'est pourtant un nom français !

    Il faudrait commencer par traduire en français toute la documentation. Ce serait un minimum de respect avant de débuter de vraie consultation publique.

  • François Dugal - Inscrit 26 janvier 2016 20 h 17

    "Les faits et la science"

    Version intégrale et non-expurgée de la citation :
    Les faits (d'une multinationale du pétrole) et la science (de persuasion des lobbyistes) convaincront le (gouvernement du) Québec.

    • Claude Bariteau - Abonné 26 janvier 2016 22 h 36

      Faits et sciences, que disent-ils ?

      1. Ce pétrole sale contamine la planète en GES, un fait reconnu que connaissent les Québécois et les Québécosies.

      2. Et c'est la science qui el dit.

      Alors, que monsieur du nom de Bergeron ait pour mission, au nom d'une multinationale dénommée TransCanada, de prétendre, avec des gens comme lui, de convaincre les Québécois et les Québécoises, que la science ne dit pas ça, c'est ahurissant.

      Ce monsieur et ses employés nous prennent-ils pour des sans têtes, des ignares, des imbéciles et des gens qui ne sont pas au fait des connnaissances scientifiques.

      Ces connaissances concernent l'essentiel. Et l'essentiel n'est pas le transport, qui ne peut pas être scientifiquement sans risques, ce que démontrent les faits. L'essentiel est la production qui, elle, est une atteinte à la vie sur la terre.

      Alors, la seule réponse à ce monsieur est la suivante : allez vous faire voir ailleurs, en Alberta par exemple; au Québec, on ne veut rien entendre de vos sornettes, car elles ne parlent pas de l'essentiel et, au Québec, l'essentiel, c'est ce qui prime pour le peuple qui y vit.

  • Claude Rondeau - Abonné 26 janvier 2016 20 h 47

    CQFD

    Bref, le désaccord avec ℅ projet de pipeline, venant des Québécois, n'est basé, ni sur les faits, ni sur la science. Donc, ces Québécois sont des ignorants et des émotifs.

    Cette entreprise traité les Québécois avec arrogance et mépris depuis le début. En passant, nous sommes en bonne compagnie; même la président des États-Unis y est passé. Il les a envoyés promener. Il suffirait de faire de même. Et mettre J. Trudeau au défi. Et leur suggérer de garder leurs mercenaires locaux.

    Si ce monsieur Bergeron est sincère lorsqu'il parle de respect et de responsabilité, qu'il se soumette au BAPE comme les autres.

    C Rondeau

  • Normand Renaud - Inscrit 26 janvier 2016 20 h 53

    Les avions...

    Bon voilà arriver la cohorte des démagogues en communication. Bien sûr le transport d'avion est relativement sécuritaire, malgré la perte de personnes lors d'un écrasement d'avion une conséquence tragique.

    Maintenant toute proportion gardé en terme de potentiel d'accidents, les conséquences seraient tout autrement tragique sur l'cosystème naturel marin que sur la contamination terrestre qui pourrait s'étaler sur une décennie ou plus.

    Advenant que le projet révisé par de nouvelles analyses soit acceptables au vu de nos élus, on devra s'assurer d'une caution en G$ et tout désastre pouvant survenir aux frais de la princesse.