De l’argent vert pour un géant pétrolier

Le gouvernement Couillard a accordé récemment une subvention de 1,7 million de dollars au géant pétrolier albertain Suncor, un important exploitant de pétrole des sables bitumineux qui fait aussi la promotion des projets de pipelines. Les fonds publics ont été octroyés dans le cadre du programme ÉcoPerformance, mis sur pied afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre au Québec.

Selon ce qu’a constaté Le Devoir, le gouvernement du Québec a accordé précisément 1 700 376 $ à Produits Suncor Énergie, entité québécoise de la multinationale spécialisée dans l’exploitation, mais aussi le raffinage et la distribution de produits pétroliers.

Tout comme pour les autres annonces gouvernementales des derniers mois liées au programme ÉcoPerformance, l’octroi de cette subvention publique a été divulgué par voie de communiqué. Le communiqué, publié le vendredi 15 janvier, est passé totalement inaperçu.

En tout, cinq entreprises « de la région de Montréal » ont reçu à cette occasion un total de 2,2 millions de dollars, peut-on lire dans le communiqué diffusé par le ministre des Transports et ministre responsable de la région de Montréal, Robert Poëti, ainsi que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.

L’attribution de cette « aide financière » vise à « soutenir des mesures en efficacité énergétique dans plusieurs entreprises de la région », y précise-t-on. « L’efficacité énergétique constitue un moyen à privilégier pour favoriser le développement durable de notre économie. On constate que les entreprises québécoises sont de plus en plus soucieuses de faire de bons choix, soit des choix environnementaux responsables. C’est pourquoi notre gouvernement continuera d’affirmer son leadership en offrant aux gens d’affaires le soutien nécessaire à la mise en place de mesures d’efficacité énergétique permettant la réduction des gaz à effet de serre », y affirme d’ailleurs le ministre Arcand.

Le programme ÉcoPerformance, géré par le ministère de Pierre Arcand, a trois objectifs précis, dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et la réduction de « la consommation de combustibles fossiles ». L’enveloppe réservée par le gouvernement sert notamment à répondre à des demandes de financement présentées par des entreprises pour des projets ou des mesures « liés à la consommation et à la production d’énergie, de même qu’à l’amélioration des procédés ».

Des milliards de revenus

C’est donc en vertu des lignes directrices de ce programme financé dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques que Suncor a obtenu 1,7 million de dollars de fonds publics. Le communiqué ne précise pas à quoi doit servir cette subvention à la pétrolière, qui détient au Québec la raffinerie de l’île de Montréal et le réseau de stations-service Pétro-Canada.

Chose certaine, le gouvernement de Philippe Couillard se trouve à financer un important exploitant des sables bitumineux albertains. Selon les résultats de Suncor pour le troisième trimestre de 2015, l’entreprise a produit chaque jour 430 300 barils de ce pétrole, soit environ 36 millions de barils sur trois mois.

Si l’on ajoute à cela les autres sites d’extraction de la multinationale des énergies fossiles, le total quotidien s’élève à 566 100 barils. Selon le président et chef de la direction de Suncor, Steve Williams, il s’agissait d’un « excellent trimestre », au cours duquel les revenus d’exploitation ont atteint 1,9 milliard de dollars. Plus globalement, selon le classement « Global 500 » des plus grandes entreprises de la planète publié en 2015 par le magazine Forbes, Suncor se classait en 317e position, avec des revenus de 36,6 milliards de dollars.

Énergie Est

La pétrolière albertaine vise d’ailleurs la croissance. Elle participe ainsi au développement de projets d’exploitation des sables bitumineux, dont le projet Fort Hills, évalué à 13,5 milliards de dollars. Ce site pourrait produire plus de trois milliards de barils au cours des prochaines décennies. Suncor s’est également entendue récemment avec un autre important exploitant des sables bitumineux, Canadian Oil Sands, dans le cadre d’une offre de prise de contrôle évaluée à 6,6 milliards de dollars.

Steve Williams, qui est inscrit comme lobbyiste au registre québécois, a par ailleurs fait la promotion du projet de pipeline Énergie Est. Il faut dire que ce pipeline pourrait permettre d’approvisionner en partie la raffinerie montréalaise de Suncor, où des investissements ont été annoncés en 2013 dans le but de permettre le raffinage du pétrole de l’Ouest. Fait à noter, cette portion secondaire du pipeline de TransCanada devra impérativement traverser le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui s’oppose catégoriquement au projet.

Les 18 lobbyistes de Suncor inscrits au registre ont aussi un mandat lié à la promotion du projet d’inversion du flux de pétrole du pipeline 9B d’Enbridge, qui est déjà en vigueur. Ce pipeline alimente la raffinerie de Montréal. C’est aussi Suncor qui a mis en avant le projet de transport par train de pétrole brut jusqu’aux installations portuaires Kildair, à Sorel-Tracy, dans le but de l’exporter par bateaux.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Couillard finance une entreprise liée à l’expansion de l’industrie des énergies fossiles, dans le cadre du programme ÉcoPerformance. En juillet 2015, Québec avait accordé une subvention de près de 350 000 $ à l’entreprise Canadoil Forge, qui fabrique des portions de pipelines pour TransCanada et dont les dirigeants font la promotion du projet Énergie Est.

Une autre subvention de 2,2 millions de dollars a été offerte à Alcoa, troisième producteur d’aluminium de la planète, pour son usine de Deschambault.

1,9 milliard
Revenus d’exploitation de Suncor au troisième trimestre de 2015
51 commentaires
  • Christophe Horguelin - Abonné 25 janvier 2016 06 h 08

    Comment jouer à la Bourse du carbone

    Les entreprises superpolluantes achètent des droits de polluer à la Bourse du carbone. L'argent est mis dans un fonds de l'environnement destiné à soutenir la "croissance verte", et redonné sous forme de subvention aux entreprises superpolluantes. Pas cons, les mecs!

    • Lucie Langlois - Abonnée 25 janvier 2016 09 h 08

      En effet, il y en a qui passent leur vie à faire ce genre de calculs pour trouver ce qui leur sera profitable $$$$.

  • Alain Larouche - Abonné 25 janvier 2016 06 h 14

    Un non sens

    Je suis tombé de ma chaise lorsque j'ai lu cette nouvelle. On subvention les pétrolières pour construire des pipelines que nous ne voulons pas afin qu'ils puissent produire et polluer davantage. Nous sommes les vrais dindons de la farce. Ce gouvernement est d'une telle incohērence que cela en est désarmant. Que s'est-il passé pour en arriver-là? Ces pétrolières font des milliards de profit et ce gouvernement qui dit une chose et son contraire utilise l'argent de nos taxes pour se tirer dans les pieds. Y en a marre de cette incompétence!

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 25 janvier 2016 08 h 22

      Je partage votre outrage.

      Mais je ne crois pas que ce soit de l'incompétence. Les gens qui exercent le pouvoir au gouvernement du Québec savent trop bien ce qu'ils font. C'est l'inverse diabolique du phénomène Robin des Bois : prendre aux pauvres et donner aux riches. Saboter le système public de services de garde en faveur du réseau privé et réduire à sa plus simple expression notre système d'éducation publique pour financer le système privé. Recréer une élite.

      Avec l'argent récupéré aider Bombardier, Suncor i tutti quanti.

      Nous le savons clairement. Qu'allons nous faire?
      Les réélire aux prochaines élections parce qu'ils vont nous donner une réduction des impôts dans la dernière année de leur mandat actuel?
      Ou faire l'union des forces de l'opposition pour les foutre dehors?

      On a bien le droit de rêver.

    • Sylvain Dionne - Inscrit 25 janvier 2016 09 h 01

      En fait c'est encore pire: ce gouvernement au contraire est absolument cohérent et agit en conformité de son idéologie: le néo-libéralisme. Donc pour lui, l'économie et l'accroissement du capital financier des intérêts privés priment sur toute autre considération. Il faudrait s'en souvenir lors des élections...

    • Pierre Brosseau - Abonné 25 janvier 2016 17 h 56

      Je me rappelle du temps où je travaillais auprès de PME qui devaient se soumettre à certaines exigences quand elles présentaient des demandes de subvention.

      L'une des conditions incontournables était de prouver que l'entreprise mettrait son projet de côté si elle ne recevait pas la subvention, donc que celle-ci égait indispensable pour la réalisation dudit projet.

      Questions: est-ce que Suncor était soumise à cette condition ? Avait-elle les moyens de réaliser un projet "vert" sans l'argent du gouvernement ?

      Il est scandaleux, cynique, immoral de donner de l'argent à des entreprises milliardaires qui n'ont ensuite rien de plus pressé que de mettre autant d'argent que possible à l'abri de l'impôt "légalement".

      Les belles paroles des politiciens qui acceptent de jouer à ce jeu ne peuvent masquer leur manque de jugement et leur total mépris à l'endroit du peuple qui leur fournit leur vote et leurs taxes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 janvier 2016 09 h 32

      Petit intermède dans la séance quotidienne de déchirage de chemise.

      Le cadre normatif ayant servi à établir le montant des subventions a été établi par le gouvernement du PQ en même temps que le programme EcoPerformance (28 octobre 2013). Cela, et non d'obscures tractations entre le MERN et les lobbyistes.

      Un autre « oubli » de monsieur Shields : s'il est vrai qu'il s'agit d'argent public, ce sont largement les entreprises elles-mêmes qui financent le programme par le biais de quote-parts.

      On peut présumer que celles versées par Suncor à ce titre doivent être assez élevées.

      Ok. On peut repartir la ritournelle...

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 25 janvier 2016 06 h 37

    Leurs actionnaires les électeurs

    Lorsqu'un système électoral permet l'élection d'un gouvernement majoritaire avec seulement 39% des votes, voilà le résultat: des subventions aux compagnies multimilliardaires comme suncor, alcoa, canadoil forge, enbridge, transcanada, canada oil sands et bombardiers en plus des projets de loi qui favorisent leurs exploitations.
    Le gouvernement parle de la diminution des gaz à effet de serre (GES) mais permet la pollution du territoire québécois. Quel paradoxe?

    Les actionnaires de ces compagnies représentent les 39% de la population qui financent, votent et font élire le parti libéral.
    Les 60% de la population qui votent à l'encontre des libéraux ne reçoivent aucune considération pour leurs opinions et idéologies et ils n'existent même pas pour cet establishment libéral.

    Voilà notre système électoral. Aucune démocratie. On finance les multinationales et on privatise tous les acquis des Québécois en faveur des cercles restreints.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 janvier 2016 09 h 59

      « Les 60% de la population qui votent à l'encontre de ... -X- parti »

      Ça n'existe pas un vote ''contre'', la croix que vous placez sur votre bultin de vote ne peut indiqué que votre choix ''pour'' un parti.

      Vous ne pouvez faire ce genre d'affirmation même par déduction, simplement parce qu'il vous faudras alors faire l'exercise pour chaque parti en liste et vous obtiendrez ainsi un ''encontre'' bien plus élevé pour chacun des partis qui suivront celui qui a obtenu la plus grande part des votes.

      Les déductions qui font du sens sont ceux qui tirent un portrait générale des résultats a partir des tendances polititques de chaque parti. Ainsi vous pouvez dire que Libéraux et Caquistes ont des choix politiques semblables et la portion des votes qu'ils obtiennent a eux deux font que le présente gouvernement provinciale donne une bonne représentation démocratique.

      Vous pouvez aussi dire que les dernières années du parti Conservateur au pouvoir à Ottawa donnait une moin bonne représentation démocratique puisque qu'il n'y avait aucun autre parti avec des choix/orientations politiques semblables que l'on pouvait associé a ceux des Conservateurs . À contrario les dernières élection fédérale, ou le PLC a remporté la victoire avec une portion de vote semblable à celle qu'avaient obtenu les Conservateurs à l'élection précédente, mais la portion du vote des libéraux cette fois-ci se double de celui du NPD qui a des choix/orientations politiques semblables.

      Cette façon d'assembler les votes de tous les autres partis en liste pour en un faire une expression unanime ''contre'' le gagnant est donc à bannir d'un argumentaire politique qui se veux le moindrement crédible.

      ps: c'est 42% des votes que les libéraux ont obtenu en 2014, et non 39%.

    • Pierre Hélie - Inscrit 25 janvier 2016 11 h 09

      Je me dois d'être d'accord avec M. Arès. Il est trop facile de dédouanner les électeurs et de se dire que c'est la faute des méchants libéraux. Mais ces derniers n'ont pas menti pour se faire élire: quand je suis aller voter, je savais que de voter pour les libéraux (ou les caquistes), c'était voter pour le saccage de l'État québécois et toutes ces magouilles auxquelles nous assistons, alors j'ai coché ailleurs. En fait, je crois que la majorité des électeurs sont d'accord sur le fond avec les politiques du PLQ...jusqu'à temps que ça les touche.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 25 janvier 2016 11 h 58

      @Jean-Yves Arès,
      vous avez compris l'essentiel du message et c'est l'important.
      Qu'elle est la répartition des actions que vous avez dans les compagnies mentionnées dans l'article ?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 janvier 2016 13 h 05

      «Qu'elle est la répartition des actions que vous avez dans les compagnies mentionnées dans l'article ?»

      Les cas personnels sont sans intérêt pour le débat. Par contre la question ici peut êtres adressée a tous les lecteurs, car tous ont une participation direct dans ces entreprises via, au minimum, par la RRQ (à moin de n'avoir jamais travailler), en ont probablement par d'autres programmes comme la CSST, l'assurance auto du Québec ect. Et possiblement avec les programme fédéraux de pension (s'ils ont une part de capitalisation).

      Et vous l'êtes assurément si vous êtes participant a un régime de pensio, peut importe lequel.

      Et bien sûr nous sommes tous, directement ou indirectement, clients de ces entreprises.

      Bref ces entreprises font partie de la société que nous avons et il y a grossière simplification a les désigner comme ''méchants de services''.

    • Pierre Fortin - Abonné 25 janvier 2016 16 h 25

      Monsieur Arès, le PLQ a obtenu 41,52% des votes avec un taux de participation de 71,44% des électeurs inscrits, ce qui correspond à 29,66% des inscrits.

      Et encore ces chiffres ne tiennent pas compte des non-inscrits. Peu importe le fin détail du suffrage, comment peut-on prétendre que ce gouvernement est représentatif de la population?

      Et nous n'avons pas abordé le sujet de l'entièreté des pouvoirs que l'élu obtient dans notre système : l'exécutif, le législatif en plus du pouvoir de nommer les juges dans son domaine de compétence.

      Bref, les mêmes règles qu'au poker où la meilleure main, même faible, remporte la mise, toute la mise.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 janvier 2016 05 h 09

      @Monsieur Arès,
      Un commentaire aux propos de M. Fortin ?
      merci.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 27 janvier 2016 13 h 37

      «Un commentaire aux propos de M. Fortin»

      Pas vraiment.

      M'enfin, faire valoir que dans notre système que les non-incrits n'ont pas voix relève plutôt de l'imbécilité. Et c'est pour cela que je ne trouve matière à le commenter.

  • Gaston Bourdages - Abonné 25 janvier 2016 06 h 39

    Est-ce bien de nos argents....ces millions$...

    ...dont il s'agit ? Des argents provenant de nos paiements de taxes et d'impôts ? Est-il possible, monsieur Shields que je remercie, de connaître le montant d'argent que Suncor a budgeté dans son prochain exercice pour diminuer les GES ?
    Suncor fait-il «affaire» avec un ou des paradis fiscaux ? Monsieur Arcand a-t-il vérifié ?
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 janvier 2016 06 h 40

    Il faut absolument...DIRE NON À ENBRIDGE et CIE...

    que quelqu'un, un simple citoyen, un citoyen engagé, un citoyen bien au fait de ce que j'appelle des "magouilles" (même si c'est... légal) se lève et , à la lumière des informations que les journalistes nous transmettent depuis un bon moment, fasse connaître par un coup d'éclat à la " Green Peace", NOTRE ras le bol et NOTRE frustration de ne pas être pris au sérieux par les différents paliers gouvernementaux québécois et ...canadiens: tels la Sakatchewan (Wall), l'Alberta (Notley) avec leur
    hargne viscérale envers le Québec...et Ottawa.

    Peut-être y'a-t-il en ligne, quelque part sur les réseaux sociaux , une pétition à signer dont j'ignore la présence et qui circule déjà? Peut-être que...

    Mais si le fait de "grogner" en ligne peut nous satisfaire individuellement, "grogner" à plusieurs et surtout ensemble sur le même ton... en signant un registre, une pétition...etc. (peu importe le "véhicule" utilisé) pourrait faire avancer NOTRE cause
    bien plus favorablement et fortement.

    • Lucie Langlois - Abonnée 25 janvier 2016 09 h 06

      Que quelqu'un.... quand on a cet élan il faut se lever et passer à l'action soi-même: chercher la pétition et si elle n'Existe pas, la créer....

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 janvier 2016 10 h 41

      et peut-être devrais-je vous passer le flambeau !

    • Lucie Langlois - Abonnée 25 janvier 2016 12 h 45

      Que diriez-vous d'un travail d'équipe ?

    • Lucie Langlois - Abonnée 25 janvier 2016 12 h 52

      Suite à la conférence de Paris, pourquoi pas une pétition à l'Assemblée nationale pour EXIGER un VRAI Plan national de réduction de GES et de mise en place de mesures d'efficacité énergétiques dans les transport et dans les bâtiments ?
      Assez d'études et de consultations, il faut passer aux actes.
      Aux armes citoyens comme dit M. Girouard !

    • Lucie Langlois - Abonnée 25 janvier 2016 13 h 03

      J'ai vérifié et il y a eu une pétition en 2014 pour demander la mise en place d'une loi "zéro émissions". Il a été répondu à l'époque par le Ministre David Heurtel que le gouvernement se conforme au Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques. Ce plan privilégie la réduction des GES dans les transports.