Denis Coderre interviendra auprès du fédéral dans le dossier du cargo «Kathryn Spirit»

Ce vieux cargo en partie démantelé et désormais officiellement à l’abandon est « une épave sans propriétaire », a souligné le maire Coderre. Cela signifie que le navire est sous la responsabilité du gouvernement fédéral.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Ce vieux cargo en partie démantelé et désormais officiellement à l’abandon est « une épave sans propriétaire », a souligné le maire Coderre. Cela signifie que le navire est sous la responsabilité du gouvernement fédéral.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, entend intervenir directement auprès du gouvernement fédéral dans le dossier du cargo abandonné Kathryn Spirit, a appris Le Devoir. Il se veut toutefois rassurant et estime que les prises d’eau de la ville ne sont pas menacées par ce vieux cargo, qui pourrait se renverser dans le fleuve Saint-Laurent à Beauharnois et ainsi déverser des substances toxiques en amont des prises d’eau de la ville.

« On veut organiser une rencontre avec le gouvernement du Canada », a insisté M. Coderre, qui est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). En entrevue au Devoir, le maire a d’ailleurs dit que les démarches ont déjà été entamées. « Je suis en contact avec le ministre des Transports, Marc Garneau. Mais la question pourrait aussi relever de Pêches et Océans Canada. »

Il faut dire que le bateau, qui est ancré dans le fleuve sur les rives de Beauharnois depuis 2011, se trouve de facto dans la voie maritime du Saint-Laurent. Qui plus est, ce vieux cargo en partie démantelé et désormais officiellement à l’abandon est « une épave sans propriétaire », a souligné M. Coderre. Cela signifie que le navire est sous la responsabilité du gouvernement fédéral. « Donc, ça justifie une rencontre », selon lui.

Or, le maire de Beauharnois, Claude Haineault, a sollicité à plusieurs reprises depuis quatre ans des rencontres avec les autorités fédérales. « Nous avons eu des contacts avec Environnement Canada, au ministère de l’Environnement du Québec, à Transports Canada, mais aussi à Pêches et Océans, avec les responsables de la voie maritime et à la garde côtière. C’est une colossale partie de ping-pong. Tout le monde se renvoie la balle et personne ne nous donne la moindre réponse », faisait-il valoir au Devoir lundi.

Question d’environnement

Denis Coderre, un ancien du Parti libéral du Canada, croit toutefois pouvoir réussir à organiser rapidement une réunion au sujet du Kathryn Spirit. « J’ai bon espoir qu’on puisse se rencontrer. » Pour lui, il s’agit aussi d’agir en tant que président de la CMM. « On veut aider notre collègue et tenter de trouver une solution pour régler la situation. On va travailler ensemble. »

S’il ne fait aucun doute selon lui qu’il s’agit d’« une question d’environnement », le maire de Montréal se veut toutefois rassurant : si le cargo se renverse, comme le craint le maire de Beauharnois, les prises d’eau de la ville situées en aval ne seront pas menacées.

« Mes experts me disent qu’il n’y aurait pas de risques pour l’eau potable, a-t-il fait valoir. Mais même si nos prises d’eau ne sont pas menacées, il peut quand même y avoir de la pollution » à la suite d’un éventuel renversement de l’épave du cargo. Selon lui, des résidus de mazout, de graisses et autres matériaux se trouvent toujours à bord du cargo.

Le cargo est par ailleurs abandonné en amont de la réserve nationale de faune des Îles-de-la-Paix, un milieu naturel protégé depuis 1977 et qui regroupe plus de 150 espèces animales et dont la protection a été établie par le gouvernement fédéral.

Ce qui inquiète le plus la Ville de Beauharnois, c’est que depuis quelques jours, plus personne n’est officiellement responsable de cette épave en partie démantelée. Le navire construit en 1967 n’a en effet plus de propriétaire. L’entreprise qui l’avait acheté à son propriétaire québécois a cessé de payer l’entreprise JRB inc., engagée pour pomper les eaux contaminées du bateau. Cette dernière a donc cessé les travaux. Selon le maire Haineault, le cargo pourrait donc se remplir d’eau et chavirer.

Dès lundi, Le Devoir a fait des demandesd’information auprès de Transports Canada, et notamment du cabinet du ministre Marc Garneau, qui a répondu que la garde côtière est responsable de ce vieux navire rouillé. La garde côtière n’a pas répondu aux demandes du Devoir. Même silence du côté de Pêches et Océans, mais aussi du cabinet du ministre Hunter Tootoo.

5 commentaires
  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 20 janvier 2016 06 h 44

    Non mais!?

    Quelle désinvolture du gouvernement fédéral!!

    Il fallait quelqu'un pour mettre le poing sur la table de ping-pong:Assez,c'est assez!!

  • Francois Cossette - Inscrit 20 janvier 2016 08 h 43

    Encore coderre !!!!

    Ce cher denis va surement trouver un autre de ses amis, engagé a fort prix, pour regler ce dossier. Car, il semble bien, que nous n'ayons que des employes incompetents a la ville de montreal.

    • Robert Beauchamp - Abonné 20 janvier 2016 14 h 25

      Et encore, pourquoi ne nous transmet-il pas les résultats de ses démarches auprès de son instance supérieure c.a.d. le ministère de l'environnement du Qc? Il veut prouver qu'il est fort, qu'il a des contacts ou quoi?

  • Claudette Dupont - Inscrit 20 janvier 2016 11 h 54

    citoyenne abonnée, au devoir.

    Pourquoi ne ferions-nous pas un bateau ÉCOLE pour les jeunes en recherche, il serait renippé et remis en fonction et deviendrais un navire école de rééducation et d'apprentissage pour tous ces jeunes qui aiment connaître la NAVIGATION et quelle école psycho-socio, ce la apporterais au Québec..Claudette Dupont abonnée

    • Frédérick Pelletier - Inscrit 20 janvier 2016 21 h 09

      Même si l'idée d'un bateau école est très intéressante, renipper cette carcasse n'est pas une option. Pour être monté à son bord à plusieurs reprises il y a 4 ans, le bateau était déjà irrécupérable et lourdement endommagé : poupe en partie détruite par une tentative de démolition à coup de pépine (!) de la part de l'ancien propriétaire, compartiments de cale pleins de contaminant lourds, habitations saccagées, mobilier et équipements pillés, début d'incendie, salle des machines inondée à plusieurs reprises, moisissures, etc. Rien n'est à récupéré sur ce navire, sinon l'acier et les autres métaux qui n'ont pas déjà été pris...