Forêt boréale: les Cris veulent protéger le secteur de la rivière Broadback

La nation crie de Waswanipi s’oppose fermement à la construction de nouveaux chemins forestiers dans le secteur de la rivière Broadback, au sud de la baie James. Ces chemins ouvriraient à l’industrie un territoire forestier toujours intact et considéré comme un habitat essentiel pour le caribou forestier, une espèce en péril.

« Ce que nous dénonçons n’est pas nécessairement l’exploitation forestière comme telle, mais plutôt les routes prévues et les coupes planifiées sur les 10 % de forêt vierge restants qui sont actuellement vulnérables, non protégés des entreprises forestières », a fait valoir mardi le chef Marcel Happyjack, de la Première Nation crie de Waswanipi, en ouverture des audiences publiques du Comité d’examen des répercussions sur l’environnement et le milieu social (COMEX).

Le COMEX a pour mandat de se pencher sur le projet de développement de deux routes d’une longueur approximative de 126 kilomètres situées dans le secteur. Ces nouveaux accès ouvriront la porte à l’exploitation de plus de 1100 km2 de forêt vierge, selon Greenpeace, soit l’équivalent de 180 000 terrains de football.

Or, depuis plusieurs années, le Conseil de Waswanipi revendique la protection complète de cette portion de forêt « qui joue un rôle essentiel dans la sauvegarde du mode de vie cri et qui contribue à protéger des espèces en danger comme c’est le cas du caribou forestier, sur leur territoire ancestral Eeyou Istchee ».

« Ces dernières décennies, la demande pour l’extraction des ressources sur notre territoire a conduit à des perturbations majeures de l’environnement et de la faune. À ce jour, 90 % de notre territoire ancestral a été défriché et segmenté par des routes forestières ayant pour résultat que des 62 lignes de piégeage allouées aux familles cries, seulement 3 aujourd’hui demeurent intouchées par l’exploitation forestière, a déploré le chef Happyjack. Puisque le Québec s’est engagé à protéger 50 % du territoire situé là où il a établi son Plan Nord, il doit en toute logique protéger le dernier lot de forêt encore intact de la forêt boréale », a-t-il conclu.

La Société pour la nature et les parcs et Greenpeace s’opposent aussi au projet de chemins pour les forestières, soulignant que ceux-ci vont empiéter sur l’habitat essentiel du caribou forestier. « En scindant en trois les écosystèmes intacts au sud de la rivière Broadback, ces deux routes et la vague de coupes forestières qui suivrait auraient de graves impacts sur la faune et permettraient la libération de grandes quantités de carbone retenu dans le sol », a fait valoir Greenpeace par voie de communiqué.

En vertu d’une entente intervenue en 2015, des portions du territoire du bassin versant de la rivière Broadback ont été protégées. Cette entente ne protège toutefois pas l’intégralité des zones forestières intactes qui sont pourtant essentielles au caribou forestier. Son habitat devrait en fait être fragmenté, ce qui constitue une menace connue pour l’espèce.

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