La Colombie-Britannique dit non à un important projet de pipeline

Le projet d’expansion du réseau de pipelines Trans Mountain signifierait une augmentation importante du trafic de pétroliers dans le secteur de Vancouver.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le projet d’expansion du réseau de pipelines Trans Mountain signifierait une augmentation importante du trafic de pétroliers dans le secteur de Vancouver.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique compte s’opposer au projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, de la pétrolière Kinder Morgan. Une situation qui risque d’accroître la pression en faveur d’un feu vert du fédéral pour le projet Énergie Est, de TransCanada.

Dans le cadre d’une entrevue publiée lundi dans le Vancouver Sun, la ministre de l’Environnement, Mary Polak, a ainsi fait savoir que le gouvernement demandera à l’Office national de l’énergie (ONE) de ne pas recommander l’autorisation du projet, conçu pour exporter du pétrole albertain à partir de la côte ouest canadienne, dans la région de Vancouver.

La ministre a ainsi soutenu que Kinder Morgan, promoteur du projet d’expansion, n’a pas présenté de plan d’intervention adéquat pour prévenir ou nettoyer un éventuel déversement de pétrole brut. Qui plus est, le projet n’a pas obtenu l’approbation des Premières Nations et le promoteur n’a pas démontré les bénéfices économiques pour la Colombie-Britannique.

Le projet d’expansion du réseau de pipelines Trans Mountain prévoit de faire passer la capacité quotidienne de transport de pétrole albertain de 300 000 à 890 000 barils. Cela signifierait également une augmentation significative du trafic de pétroliers dans le secteur de Vancouver.

Les plaidoiries finales de l’ONE doivent être complétées au cours des prochaines semaines. Ottawa doit rendre sa décision sur le projet d’ici le 20 mai. Et même si le gouvernement de Justin Trudeau a promis de réviser le processus d’évaluation des projets de pipeline par l’ONE, les évaluations en cours se poursuivent.

Pression sur le Québec

C’est le cas du projet Énergie Est, de TransCanada. D’ailleurs, avec le blocage du projet de Kinder Morgan, mais aussi celui d’Enbridge (Northern Gateway) et celui de TransCanada vers les États-Unis (Keystone XL), la seule voie qui demeure ouverte pour un projet de pipeline est celle qui cible le Québec.

Selon Jean-Thomas Bernard, professeur au département de science économique de l’Université d’Ottawa, le refus de la Colombie-Britannique « augmente la pression » en faveur d’un feu vert pour le projet de TransCanada. Fait à noter, Énergie Est est plus imposant que les autres projets actuellement bloqués ailleurs au pays.

M. Bernard souligne que même sans expansion de l’industrie des sables bitumineux, les pétrolières ont besoin des projets de pipelines pour exporter leur production, et surtout pour obtenir un meilleur prix sur les marchés. Il rappelle ainsi que le recours au transport ferroviaire est tout simplement insuffisant.

À l’instar de la Colombie-Britannique dans le dossier Kinder Morgan, le gouvernement du Québec entend participer aux audiences fédérales sur le projet Énergie Est. En théorie, il doit s’appuyer sur les travaux à venir du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour présenter sa position.

Cet organisme indépendant devra toutefois mener ses travaux sans avoir en main une étude d’impact. Il ne pourra pas non plus tenir compte des impacts environnementaux de la production pétrolière qui circulera sur le territoire du Québec, à raison de 400 millions de barils par année.

10 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 janvier 2016 02 h 13

    Un pays a vendre

    Pourquoi ce qui n'est pas bon pour la Colombie-Britannique, serait bon pour le Québec serait-ce que nous sommes plus facile a convaincre, plus porteurs d'eau en fait on devrait peut etre dire porteurs d'huile, une povince traversée de toute part des pipelines qui traversent le territoire a qui mieux mieux, eau, lacs, rivières, fleuve, poissons, faunes, montagnes populations, tout est disponible, mieux qu'aucun envahisseur aurait pu l'imaginer, vive le Québec libre, libre de quoi, j'aimerais bien le savoir , pourquoi pas a la limite un pays a vendre

    • Christine Rychlik - Inscrite 12 janvier 2016 08 h 23

      Un peuple soumis qui ne veut pas déplaire à ses maîtres, qui n'as pas le désir de s'affirmer et aime le comfort de me pas avoir a prendre de décisions sur son avenir.

    • Danielle Houle - Inscrite 12 janvier 2016 09 h 42

      Le Québec n'est pas à vendre...ça fait longtemps que d'autres l'ont acheté. Allors comment peut-on être maître chez nous ? Le jour où on voudra se séparer, les véritables propriétaires (qui sont partout ailleurs sur la planète) vont mettre les bâtons dans les roues à ce projet de séparation.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 12 janvier 2016 10 h 58

      ?parce que les québécois sont molasses, serviles ,peureux, beni-oui-oui...et j'en passe?

      Le dernier "grand" soubresaut de résistance remonte à 2012...la sortie des étudiants et des casseroles citoyennes dans la rue...

      Je me répète... Si on ne maintient pas fortement nos exigences inconditionnelles...d'un "on ne passe pas!" sur notre territoire, nous
      serons les complices d'un "coup d'état" sans précédent orchestré par le fédéral et ses sbires du mercantilisme néolibéral anti-québécois.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 janvier 2016 08 h 46

    L’option alternative d’un pipeline court

    Pourquoi ne pas obliger le raffinement du pétrole sur place, en Alberta, et l’acheminer à un port en eau profonde situé dans la baie d’Hudson. De là, le pétrole raffiné serait expédié par bateau aux lieux de sa consommation à travers le monde.

    Pour l’Alberta, cette suggestion permettrait de relancer leur industrie pétrolière, durement touchée par l’effondrement des prix des hydrocarbures, en y augmentant la valeur ajoutée du pétrole, plutôt que d’exporter cette ressource brute à l’Étranger.

    Pour les populations du Manitoba, de l’Ontario, et du Québec, on les libère du risque d’une catastrophe.

    Les habitants du Nouveau-Brunswick ne perdent rien de ce qu’ils ont déjà. Toutefois, ils sont privés de la création d’emplois reliés à la construction prévue d’un terminal pétrolier et à l’accroissement de la capacité de raffinement dans leur province.

    • P. Raymond - Inscrit 12 janvier 2016 15 h 21

      Pour ce faire il faut être un pays et le Canada comme ses provinces préfèrent demeurer une colonie.
      Et le propre d'une colonie et des colonisés qui la maintiennent est de tirer fierté d'abandonner gratuitement ses ressources brutes aux mains du colonisateur.

    • Pierre Brosseau - Abonné 12 janvier 2016 17 h 46

      Bien d'accord avec vous, M. Martel. Le pétrole brut devrait être raffiné au Canada, puis exporté... mais les raffineurs ont graduellement fermé toutes leurs installations ici prétextant qu'elles n'étaient plus rentables.

      Ces décisions prises au fil des ans ont sciemment provoqué la rareté de pétrole raffiné. Et qui dit rareté dit prix à la hausse. Ce n'est pas un hasard si les profits des raffineurs sont actuellement plus élevés que jamais malgré les prix très bas du brut. Que pouvons-nous y faire ?

  • Raymond Labelle - Abonné 12 janvier 2016 13 h 45

    Et si le refus du Québec mettait de la pression pour un pipeline en CB?

    D'autant plus que la Chine et l'Inde seraient les plus importants acheteurs de ce pétrole - passer par le Nouveau-Brunswick pour aller là à partir de l'Alberta semble un gros détour.

    Ceci dit, la CB peut bien avoir raison de dire non.

    Si la CB peut dire non, le Québec aussi et ce, dans le cadre constitutionnel actuel.

    Pas besoin d'attendre le Grand Soir pour ne pas se faire passer ce sapin.

  • Raymond Labelle - Abonné 12 janvier 2016 13 h 58

    De nouvelles normes normes d'évaluation environnementale devraient s'appliquer aux évaluations en cours.

    "Et même si le gouvernement de Justin Trudeau a promis de réviser le processus d’évaluation des projets de pipeline par l’ONE, les évaluations en cours se poursuivent."

    Les normes d'évaluation du gouvernement conservateur précédent sont insuffisantes et toutes les évaluations, y compris celles en cours, devraient être refaites à partir de normes suffisantes, fondées sur la science, examinant entre autres les aspects environnementaux, et permettant aux personnes impliquées de s'exprimer sur ces projets.

    Ceci est d'autant plus impératif que les évaluations en cours sont relatives aux projets les plus importants.

    Voici un extrait de la plate-forme libérale présentée pour les dernières élections sur les évaluations environnementales des projets de pipeline:

    « Les Canadiennes et les Canadiens s’attendent à ce que leur gouvernement exerce une surveillance réglementaire convenable, prévoyant notamment des évaluations environnementales crédibles, et à ce qu’il respecte les droits des personnes les plus touchées par ces projets, comme les communautés autochtones. Si ce sont les gouvernements qui délivrent des permis aux projets de développement des ressources, seules les communautés peuvent donner leur permission. » - Extrait de : http://www.liberal.ca/fr/changerensemble/evaluatio

    Interpréter ces engagements comme ne s’appliquant pas aux processus déjà en cours est une interprétation légaliste, pingre, étroite et malhonnête de l’engagement qui évite d’appliquer les meilleures normes aux projets de transport les plus significatifs pour de nombreuses années à venir.

    Invoquer la non-rétroactivité des nouvelles règles à venir n’est pas une excuse valable pour éviter que les projets soient évalués correctement et soumis aux populations visées.

  • Louise Morand - Abonnée 12 janvier 2016 19 h 31

    Et les gaz à effet de serre?

    Noam Chomsky disait de façon on ne peut plus explicite: «Si on exploite cette ressource (le pétrole des sables bitumineux), il n'y a plus d'avenir pour vos enfants et petits-enfants». Il le disait en anglais lors d'une conférence devant des étudiants d'une université américaine. Nous vivons à une époque charnière où la Terre peut basculer vers un réchauffement incontrôlable si on ne réussit pas à éliminer notre production de gaz à effets de serre. Le projet Énergie Est permettrait de doubler, voire de tripler la production des sables bitumineux et les émissions de GES qui en découlent. Ce projet est incompatible avec la lutte au réchauffement climatique. Selon le climatologue mondialement reconnu Kevin Anderson,, il nous reste une dizaine d'année pour éliminer nos GES, si on veut éviter le pire.