Une autre valve d’Enbridge fermée par des manifestantes

Les opérations de la canalisation 9B d’Enbridge ont été interrompues pendant environ 90 minutes, lundi. Trois militantes environnementalistes s’étaient attachées à une valve de l’oléoduc.
Photo: La Presse canadienne Les opérations de la canalisation 9B d’Enbridge ont été interrompues pendant environ 90 minutes, lundi. Trois militantes environnementalistes s’étaient attachées à une valve de l’oléoduc.

Pour la deuxième fois en deux semaines, des opposants au transport de pétrole brut de l’Ouest canadien vers Montréal par le pipeline 9B d’Enbridge sont parvenus lundi matin à fermer une valve de l’oléoduc, interrompant le flux de pétrole pendant plus d’une heure.

Cette fois, trois femmes ont fermé une valve, pour ensuite s’enchaîner aux installations d’Enbridge à Sarnia, à l’extrême sud du lac Huron. « Il est évident que l’exploitation des sables bitumineux est une forme de génocide culturel et environnemental, a fait savoir l’une des militantes, Vanessa Gray. Je défends la terre et l’eau parce qu’elles sont sacrées. J’ai le droit de défendre ce qui menace mes traditions et ma culture », a poursuivi la manifestante algonquine.

La mise en service de l’oléoduc — Enbridge utilise la ligne 9B pour acheminer le pétrole de l’Ouest canadien vers Montréal depuis le début du mois — a fait réagir ses nombreux opposants. Le 8 décembre, des manifestants se sont rendus à Sainte-Justine-de-Newton, à la frontière entre le Québec et l’Ontario, pour interrompre le flux de l’oléoduc et occuper le site de la pétrolière.

Le même scénario s’est répété lundi, vers 8 h. « Le fait que la ligne 9 soit en service actuellement justifie l’urgence d’agir », a estimé Stone Stewart, qui a aussi participé à l’action. Sa consoeur Sarah Scanlon a quant à elle dénoncé l’absence de consultation entre Enbridge et les Premières Nations, dont 18 territoires sont traversés par le pipeline.

En effet, le site de Sarnia est entouré par des réserves autochtones, notamment par la communauté ojibwée voisine, Aamjiwnaang.

Trois arrestations

La police de Sarnia a confirmé en après-midi les arrestations et les mises en accusation de trois manifestantes. Les femmes, âgées de 23 à 28 ans, font face à des accusations de méfaits susceptibles de mettre la vie d’autrui en danger et de méfaits ayant causé des dommages de plus de 5000 $. Deux d’entre elles habitent Guelph, tandis qu’une troisième réside à Sarnia, à cheval entre les États-Unis et le Canada.

« La ligne 9 a été fermée pour des raisons de sécurité pour environ 90 minutes en raison d’une manifestation sur place ce [lundi] matin à un de nos sites », a aussi confirmé Ken Hall, responsable des affaires publiques pour la région Est chez Enbridge. Le flux de pétrole a été rétabli vers 11 h, et il n’y a eu aucun impact sur les livraisons, a-t-il ajouté.

Avec Alexandre Shields


 
7 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 22 décembre 2015 01 h 30

    Les compagnies de pétrole de moins en moins aimées

    Quand les compagnies comprendront-elles qu'elles ont de plus en plus de besoin de la complicité des populations, que les gens savent que le pétrole est de plus en plus la cause de leurs malheurs, que les années ou ils étaient les maitres incontestés sont terminées, qu'ils devront dorénavent payés pour les dommages causés a l'environnement

    • Danielle Houle - Abonnée 22 décembre 2015 09 h 32

      Vite vite vite, fermons la compagnie avant qu'on ne soit obligés de payer pour les dommages à l'environnement. Comme on dit au cinéma "Prends l'oseille tire-toi". Ce sera aux Québécois de payer pour le nettoyage. Et dire que le gouvernement les subventionne encore avec des crédits d'impôts obscènes.

    • Yves Corbeil - Inscrit 22 décembre 2015 10 h 52

      Ils vont comprendre quand les gouvernements prendront le virage vers les énergies renouvelables et ne leur faciliteront plus les access partout comme on l'a interdit aux cigarettiers en plus de les poursuivrent pour tous les maux de la terre au sujet du cancer.

      Verrons-nous cela de la part de nos chers dirigeants hypocrites, poursuivre les pétrolières pour tous les dommages causés à l'environnement sous prétexte qu'ils ne savaient pas que c'était aussi dommageable et que les pétrolières leurs avaient caché des choses à ce sujet.

      Une belle bande d'hypocrites qui opèrent de concert en bloquant toutes les avancés possible pour continuer a exploité le filon jusqu'à la dernière goutte et faire du cash sur le dos des victimes. Le tabac, ce n'est pas encore interdit...pourquoi?

  • Dominique Roy - Abonnée 22 décembre 2015 08 h 54

    Bravo à ces trois jeunes filles pour leur courage et leur détermination. Il faut utiliser la technique du maringouins contre ces géants économiques qui n'ont de respect que pour l'argent. Je suis prêt à contribuer financièrement pour leur défense. LoBo

  • Sylvain Dionne - Inscrit 22 décembre 2015 12 h 08

    2 poids, 2 mesures

    "Les femmes, âgées de 23 à 28 ans, font face à des accusations de méfaits susceptibles de mettre la vie d’autrui en danger et de méfaits ayant causé des dommages de plus de 5000."

    Ah? Comment se fait-il que les pétrolières s'en tirent toujours mieux pour bien pire?

    En tout cas, si l'humanité finit par survivre, ces 3 jeunes femmes y seront pour quelque chose!

  • Hélène Bruderlein - Abonnée 22 décembre 2015 15 h 30

    Hélène Bruderlein, abonnée

    Mesdames, félicitation pour votre courage! Il ne reste que ce type d'action pour exprimer notre rage et notre refus de cet oléoduc qui fait courir de grands risques à l'environnement. Les deux paliers de gouvernement ferment honteusement les yeux. L'appât de l'argent mène lentement mais sûrement à la destruction de notre planête.

  • Yves Côté - Abonné 23 décembre 2015 04 h 08

    La couleuvre et le béluga (extrait)

    La couleuvre repartit donc comme elle était venue alors qu'à pleine vitesse, se déplaçait le béluga en pensant : pas de temps à perdre.
    Cétacé, l'indifférence ! Si je suis venu ici dans un but de douceur, j'en repartirai dans un autre tout aussi fondé, bien que très différent… Je n'ai jamais voulu faire tort à personne, mais protéger les miens est une question de légitime défense. Nous finirons tous bientôt définitivement anéantis par la bêtise de quelques-uns, puissants de notre propre insouciance.
    Dans les semaines suivantes, de nombreux amis répandirent partout le bruit de la construction de la sale gouttière. Ils rassemblèrent leurs énergie sous le cri de "Nous sommes tous des bélugas".
    En vitesse, des maquis se formèrent solidairement. Après avoir bien réfléchi, ils passèrent ensuite au travail.
    D'abord, le clan des moufettes alla bien entendu très habilement négocier la paix éternelle avec celui de leurs cousins, les carcajous. Cela était essentiel.
    Ensuite, ceux des loups, des cougars, des lynx, des aigles, des harfangs, des hiboux, des chouettes et une multiplicité d'autres, servirent d'informateurs. Parcourant le territoire de long et en large, ils suivirent les allées et venues des tricheurs pour renseigner les alliés de la paix.
    Aussi, puisqu'il le fallut, le clan des ours prit en main le sabotage direct. Ce groupe attendit l'avancée presque définitive du projet pour éventrer à coups de griffes, la gouttière qui serpentait sur le sol de son territoire.
    De cette ligue, ne restant plus alors aux requins de terminer eux-mêmes la construction du tuyeau, ceux-ci échouèrent à le faire.
    Et c'est bien de cela, alors, que le meilleur sortit.
    De leur évident échec, fondit leur mépris et les requins en vinrent à se reconnaître l'obligation de travailler autant au profit du bien commun qu'au leur.
    Comprenant enfin que la Terre n'appartient en propre à personne, puisqu'elle est en partage pour tous.

    Mesdames, je vous aime !