Promesse d’action pour le climat

Après la signature, place à l’action. Les dirigeants des États-Unis et de la Chine, les deux premiers pays émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, ont promis lundi d’agir pour donner vie à l’accord sur le climat adopté à Paris. Un accord dont certains éléments-clés ne sont pas contraignants et qui exclut des industries pourtant considérées comme de grandes émettrices de CO2.

Le président américain, Barack Obama, a salué lundi « un pas en avant essentiel et un message au monde très fort », avec l’accord intervenu à l’issue de la Conférence de Paris sur le climat, au cours d’un entretien téléphonique avec François Hollande, a rapporté l’Agence France-Presse.

Tous deux « ont souligné l’excellente coopération des équipes » française et américaine pendant cette conférence et ont « convenu de la nécessité de continuer à travailler ensemble à la mise en oeuvre effective » de l’accord, a-t-on poursuivi de même source.

Le président chinois, Xi Jinping, et Barack Obama ont par ailleurs promis lundi de travailler ensemble pour mettre en oeuvre l’accord sur le climat adopté à Paris, a annoncé le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine et les États-Unis sont les principaux émetteurs de CO2, les rejets du géant asiatique atteignant cependant presque deux fois ceux des États-Unis et deux fois et demie ceux de l’Union européenne. La Chine a toutefois promis un pic de ses émissions de CO2« autour de 2030 », année au-delà de laquelle elles cesseront de croître.

« Je compte maintenant sur les gouvernements et tous les secteurs de notre société pour transformer ces engagements en action décisive et urgente », a pour sa part déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Quelles contraintes ?

Après des années de négociationsextrêmement ardues, l’accord de Paris adopté samedi doit en théorie permettre de limiter la hausse de la température de la planète « bien en deçà de 2 °C ». Il comprend une révision des engagements « tous les cinq ans », ainsi qu’une augmentation de l’aide financière accordée aux pays du Sud.

Certaines dispositions de cet accord ne sont toutefois pas contraignantes, ce qui a soulevé des critiques. Ainsi, les cibles de réduction des émissions présentées par les différents États demeurent volontaires. D’ailleurs, l’accord ne prévoit pas de sanctions ni de mécanisme coercitif en cas de non-respect des engagements, contrairement à ce que prévoyait le Protocole de Kyoto.

Cependant, le texte prévoit un mécanisme de transparence, qui doit conduire à une vérification des informations fournies par les pays, de façon à suivre les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi les efforts faits pour les réduire.

Fait à noter, l’accord ne prend pas en compte les émissions du secteur maritime, ni celles du secteur aérien. Ce dernier serait responsable d’environ 3 % des émissions mondiales, soit davantage que tout le Canada. L’Association du transport aérien internationale espère toutefois stabiliser les émissions d’ici à 2020, puis les réduire de 50 % en 2050 par rapport aux niveaux de 2005.

Les armées, grandes consommatrices de pétrole, sont elles aussi exclues des calculs d’émissions de gaz à effet de serre. À elle seule, l’armée américaine émettrait plus de 70 millions de tonnes de GES par année, soit autant que l’industrie des sables bitumineux du Canada.

3 commentaires
  • Richard Bérubé - Inscrit 15 décembre 2015 09 h 11

    Non pas les armées, car ils en auront besoin!

    Là ils ont manqué ils auraient dû signer des règles contraignantes, ainsi ils auraient montré le sérieux de toutes ces démarches...mais peut-être que les industries impliquées dans le commerce du carbon n'étaient pas interessées à tout perdre....mais il faut pousser, pousser les autres projets reliés à cela...les dévellopements durables, et remette absolument la gérance de ces traités à des agences indépendantes....

  • Daniel Bérubé - Inscrit 15 décembre 2015 11 h 43

    Dommage...

    qu'il ne fut point demandé à l'aviation dans son ensemble un minimum d'effort pour réduire leurs émissions, car la " C séries " de Bombardier aurait pu en retirer des avantages, étant un avion moins bruyant ET plus économe en énergie, donc moins polluant...

  • Hélène Boily - Abonnée 15 décembre 2015 13 h 37

    Une promesse

    Les ÉU et la Chine ont promis... Ah! J'ai tellement hâte de lire:"Ils ont légiféré..."