L’opinion de Québec comptera, dit Trudeau

Les deux premiers ministres ont longuement vanté la « nouvelle ère » de collaboration entre leurs gouvernements respectifs, vendredi, au terme de leur rencontre.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les deux premiers ministres ont longuement vanté la « nouvelle ère » de collaboration entre leurs gouvernements respectifs, vendredi, au terme de leur rencontre.

Le premier ministre Justin Trudeau se montre ouvert à l’idée de considérer l’opinion du Québec avant d’autoriser la construction du controversé pipeline Énergie Est, un projet qui transformerait la province en allié stratégique pour l’industrie pétrolière albertaine.

« Nous nous sommes engagés à avancer dans ces dossiers en respectant les préoccupations des gens », a-t-il répondu vendredi lorsque questionné sur la nécessité d’obtenir l’appui du Québec avant de permettre la construction du pipeline d’exportation de pétrole des sables bitumineux.

En point de presse aux côtés du premier ministre Philippe Couillard, le chef libéral a également promis d’évaluer ce genre de projet industriel « en collaboration avec les différents paliers de gouvernement ». M. Trudeau s’est du même coup engagé à respecter « la science et les scientifiques » dans le cadre des études environnementales des projets de pipelines.

Le premier ministre a toutefois refusé de dire si la construction du pipeline Énergie Est, qui transporterait 1,1 million de barils de pétrole par jour, serait compatible avec la lutte contre les changements climatiques. « Le gouvernement a la responsabilité de développer ses ressources de façon responsable, en réfléchissant à long terme et de façon durable », a-t-il simplement répété.

Étude des GES

Comme il l’avait fait avant d’être élu, Justin Trudeau s’est engagé à « revoir le processus » d’évaluation environnementale de ce type de projet, mais sans donner davantage de précisions. Plus tôt cette année, il avait évoqué l’idée d’inclure les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie pétrolière dans l’étude des pipelines. Dans le cas d’Énergie Est, les émissions annuelles devraient atteindre 30 millions de tonnes, soit l’équivalent de sept millions de véhicules.

Le gouvernement Couillard n’entend toutefois pas tenir compte des impacts environnementaux de la production pétrolière, dont les GES, dans son évaluation environnementale du projet Énergie Est, de TransCanada.

Quant à l’évaluation elle-même, menée par le BAPE, elle devra être réalisée sans étude d’impact sur le projet de pipeline. TransCanada a en effet refusé de déposer un avis de projet auprès du gouvernement du Québec, comme cela se fait habituellement pour tout projet industriel.

Dès le départ, la multinationale a en effet souligné que la décision d’autoriser la construction appartenait au gouvernement fédéral, puisque le pipeline traversera plusieurs provinces. Au Québec, elle compte construire un tuyau de plus de 700 kilomètres pour exporter chaque année 400 millions de barils de pétrole albertain.

La version définitive du projet Énergie Est devrait être déposée d’ici la fin de l’année, selon TransCanada. Le gouvernement Couillard a néanmoins déjà autorisé la pétrolière à mener des travaux préliminaires, dont des levés sismiques dans le fleuve Saint-Laurent.

7 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 12 décembre 2015 10 h 39

    Comment ça...?

    Énergie est refusé de déposer son plan? Le bape fera une étude sans mesurer l'impact du projet...?

    Ils ne veulent pas savoir...? Le premier ministre Trudeau ne veut pas avoir un portrait complet...?

    Ah ben!

  • Céline Pelletier - Abonné 12 décembre 2015 11 h 06

    Discours poli comme boule de billard

    Admirons le poli du discours de M. Trudeau : « Le gouvernement a la responsabilité de développer ses ressources de façon responsable, en réfléchissant à long terme et de façon durable ».

    Essayez donc d'avoir prise sur ces mots-là, essayez donc, disons, de les rejeter, ou de les nuancer, ou d'en faire ce que vous voudrez : rien à faire, c'est lisse, aucune aspérité, ça ne laisse de prise à rien, ça dit tout et admirablement rien. Alors? Pour ou contre l'oléoduc de TransCanada? Manifestement M. Trudeau ne se dit ni pour ni contre, bien au contraire.

  • Gilles Teasdale - Abonné 12 décembre 2015 17 h 52

    Opinion

    Seulement si c'est ce qu'il veut entendre.

  • François Dugal - Inscrit 12 décembre 2015 23 h 18

    Après l'accord

    Maintenant que "l'Accord" est signé, "envoye" les sables bitumineux, les pipelines et les déversements attenants; le présent gouvernement veut la prospérité du Canada, "plusse meilleur" pays du monde, faut-il le rappeler.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 14 décembre 2015 08 h 38

    Trans canada énergie est

    D'une part, si la Colombie-britannique a été capable de dire NON, pourquoi le Québec ne pourrait-il le faire?

    D'autre part, si M. Trudeau est prêt à «respecter les préoccupations des gens», quels sont ces préoccupations des gens québécois? Sont-ils pour , contre ou indifférents?

    La semaine passée, un article dans LeDevoir nous informait que le pipeline était déjà inversé de l'Ontario vers Montréal.

    Levée de bouclier??? Positionnement du gouvernement provincial???
    À ma connaissance, non.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 14 décembre 2015 10 h 25

      On attend qu'un incident majeur ait lieu, alors il y aura levée de boucliers...Tout comme pour corriger la courbure d'une route problématique, on attent que le problème surgisse pour motiver une intervention...Dans le cas du pipeline, on attend qu'un déversement majeur ait lieu, alors là il y aura intervention...Ainsi va la politique au Québec...On attend d'avoir le nez collé sur le problème avant d'agir...La prévention, ça n'existe pas...