Arcand rassure l’industrie

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a minimisé mercredi l’impact des propos de Philippe Couillard sur le développement des hydrocarbures au Québec.

M. Arcand a affirmé que la portée des déclarations de M. Couillard, alors qu’il participait au sommet international sur les changements climatiques, a été exagérée. « Les propos ont été un peu exagérés dans plusieurs des cas », a-t-il dit en sortant du Conseil des ministres.

Selon M. Arcand, la teneur des propos de M. Couillard doit être attribuée à sa participation à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21). « Le premier ministre n’était pas à Paris pour faire la promotion des hydrocarbures, a-t-il dit. Il était clair que le premier ministre était là pour faire la promotion de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques, c’était la raison pour laquelle il était là. »

À Paris cette semaine, M. Couillard s’est dissocié du projet de développement d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti, en plus d’entrevoir la fin de l’utilisation du gaz naturel au Québec.

Aux journalistes, mercredi, M. Arcand a tenu des propos rassurants, notamment envers un projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Bécancour.

Un contexte

« Les déclarations du premier ministre ont été faites dans un contexte, a-t-il dit aux journalistes. Moi je dis à tout le monde : jugez nos actions depuis que nous sommes là. Le premier ministre était présent lorsqu’il y a eu entre autres l’annonce de Stolt, qui est un projet de gaz naturel. »

Concernant le projet d’exploration sur l’île d’Anticosti, où se trouvent des gisements de pétrole et de gaz de schiste, M. Arcand a affirmé que la participation du gouvernement, qui pourrait atteindre jusqu’à 115 millions, servira à prendre une décision éclairée. « Nous, on a un contrat avec les entreprises, jusqu’ici nous respectons ce contrat », a-t-il dit.

8 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 décembre 2015 07 h 24

    «Jugez nos actions»

    Comme je le répète souvent, n’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font.
    Pierre Arcand vient de prouver mon point lui-même. Leurs paroles… ça vaut ce que ça vaut, ça dépend du contexte. Change le contexte et les paroles ne s'appliquent plus. On ne peut être plus clair.

    Selon Paradis, le vert de Couillard, c’est plus comme la couleur, c’est du «bleu» mêlé à du «jaune».


    Il doit être édifiant pour un premier ministre de se faire corriger par un subalterne au point où ce qu’il a dit n’a plus de sens ni de valeur. Dans ce parti, nous sommes plus habitués à ce que ce soit le «premier» qui «corrige» les suivants. Regardons ensemble l’effet qu’aura cette «mise en contexte» sur la carrière de celui-ci. Paradis affirme que ce que son chef a exprimé devant le monde entier ne vaut pas l’air qu’il a pris pour l’énoncer. Paradis oublie que Paris, c’est à un «clic» de distance.

    Et si cette «mise en situation» est télécommandée par en dessous par son chef, c’est encore pire car c’est Couillard lui-même qui se contredit par la voix d’un autre. D’une façon ou d’une autre, ça sent le libéral à plein nez. «N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font».
    J’avais quelques doutes, mais maintenant, les preuves sont patentes.

    Ça a tout de même fait «joli», pour un temps, d’aller faire le beau devant le grand monde, maintenant, on retourne aux «vrais affaires». Souhaitons que les autres chefs d’États n’aient pas la même attitude et le même genre de subalternes qui vont miner leurs engagements très publics. Je n’en reviens tout simplement pas : Paradis nous affirme que ce que notre représentant a avancé devant le monde entier ne compte absolument pas. Faut le faire.

    Est-ce que Paradis s’imagine que le Québec est plus loin qu’un «clic» du reste du monde ? J’imagine le titre dans le Figaro «Les engagements de Couillard au COP21 sont dénoncées par son gouvernement». Ça nous fait une belle jambe.

    PL

  • Sylvain Rivest - Inscrit 10 décembre 2015 08 h 16

    soyez rassuré

    lorsque que couiilard ouvre la bouche il ment!

  • Jean-François Trottier - Abonné 10 décembre 2015 09 h 34

    À la ligne près!

    Extraordinaire! Maintenant, un ministre doit dire que son premier ministre ment pour justifier son gouvernement. Jamais vu ça de ma vie, ni même dans l'histoire depuis 100 ans au moins.

    Ceci dit, il était évident que Couillard faisait du millage sur l'environnement en se collant plus ou moins au vent de changement suite à l'élection fédérale. On verra comment Trudeau s'en sort pour sa part, Couilard, lui, tient fort mal son cap.

    Étant donné son règne "kremlinien" depuis le tout début, on sait que toute déclaration de sa part est dans la lignée directe de l'électoralisme clientéliste. Cette fois-ci, il voulait réduire un peu le discours de ceux qui contestent son prétendu sens de l'environnement. Il l'a fait avec éclats.... et Arcand ramasse ces éclats vite-vite.

    Discours marqué, pardon, marketé d'enflures cardinalesques et d'une grandiloquence qui me ramène à mon enfance ecclésiale. Ah! Les boursouflures des discours de monseigneurs, ah!

    Ce qui étonne, c'est que certains le croient.

  • Pierre Fortin - Abonné 10 décembre 2015 09 h 37

    Qui mène au Québec, les pétrolières?


    « Le premier ministre n’était pas à Paris pour faire la promotion des hydrocarbures [...] Il était clair que le premier ministre était là pour faire la promotion de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques [...] » — Pierre Arcand

    Et quand il ira aux Grands Ballets canadiens, M. Couillard portera-t-il le tutu en se faisant dicter sa conduite et ce qu'il doit dire par la ministre David? Doit-on comprendre que le Premier ministre change de discours selon son auditoire?

    Que comprendre de l'attitude d'un ministre qui se permet de corriger son Premier ministre? Doit-on y lire l'influence du lobby des pétrolières qui ne tolèrent pas le discours tenu à Paris? Où monsieur Arcand tire-t-il cette autorité pour dire que « les propos ont été un peu exagérés dans plusieurs des cas »? Pourquoi M. Couillard ne revient-il pas lui-même sur ses paroles s'il en sent le besoin? Qui à Paris corrigera ses déclarations?

    La politique de ce gouvernement concernant l'exploitation des hydrocarbures du Québec est plus que troublante. Nous avons déjà le ministre Heurtel qui s'emmêle dans ses pinceaux et nous cache sciemment les informations stratégiques, ce qui est un abus de pouvoir, nous voilà avec un Premier ministre décrédibilisé par son propre parti et dont les propos ne valent pas tripette.

    Non mais, qui dirige ce gouvernement? Monsieur Arcand semble bien être le messager chargé par les pétrolières de remettre les choses à l'ordre même si pour cela on doit corriger sèchement le Premier ministre.

  • Yves Corbeil - Inscrit 10 décembre 2015 10 h 43

    Cyniques ces petits ministres

    Encore plus cynique, ce petit chef qui fait la belle sur les tribunes avec un micro dans la bouche. Aurons-nous droit bientôt à un beau congrès GES libéral à $1000 le couvert, avec comme conférenciers invités les honorables Schwarzenegger et Gore arrivant dans leur jet privé devant les tribunes de Trudeau attendants ces réfugiés climatiques à l'aéroport du même nom. Le tout commandité par Trans Canada Pipeline, Pétro Canada et Gazprom.

    Vraiment sérieux le réchauffement climatique, plus sérieux que cela tu baisse le chauffage au parlement pour éviter ces enflures du cerveau des ces ministres du lobbyiste économique.