Couillard doute de l’objectif de 1,5 degré

Alors que la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, estime que la conférence de Paris sur le climat devrait s’engager à limiter le réchauffement non plus à 2 degrés d’ici la fin du siècle, mais à 1,5 degré, le premier ministre québécois émet des doutes sur le sérieux de ce nouvel objectif majoré. À sa sortie de l’Élysée où il a rencontré lundi le président François Hollande, Philippe Couillard a précisé que l’objectif de 2 degrés serait déjà suffisamment difficile à atteindre et que les enjeux de la Conférence n’étaient pas du tout dans cette nouvelle bataille de chiffres.

« Ce que je vois actuellement, c’est que les contributions telles que présentées nous amènent actuellement un peu au-dessus de 2 degrés, dit-il. Il faut s’assurer qu’on place la cible au bon endroit pour être relativement certains d’y parvenir. »

Philippe Couillard juge qu’il serait néanmoins préférable de se fixer un objectif « calibré de façon à ce qu’on soit en mesure de l’atteindre. Deux degrés, c’est ce que le consensus scientifique reconnaît comme nécessité. Tant mieux si on peut aller plus loin […]. Ce n’est pas un enjeu qui va faire ou défaire la conférence. »

Pour le premier ministre, le financement de la lutte contre le changement climatique, notamment dans les pays du Sud, demeure un enjeu beaucoup plus crucial dans les négociations en cours. Concernant l’action du Canada à la COP21, il précise par ailleurs que « si le Canada est de retour, le Québec, lui, a toujours été là ».

Les régions seront-elles reconnues?

À quatre jours de l’échéance de la conférence, Philippe Couillard a fait rapport au président François Hollande de l’action que mène contre le réchauffement climatique l’Alliance des États fédérés et régions du Climate Group, dont le Québec assure la coprésidence. Plus tôt dans la matinée, 35 États et régions comme le Québec, la Catalogne, l’Écosse, l’Australie du sud et le Pays basque signaient une déclaration d’intention dans laquelle ils s’engageaient à réduire leurs émissions de gaz carbonique de 12,4 gigatonnes d’ici 2030. Une quantité qui dépasse, dit-on, les émissions annuelles de CO2 de la Chine.

Il n’est cependant pas assuré que la contribution des régions et des États non souverains sera reconnue dans la déclaration finale de la COP21, a admis Philippe Couillard. Selon lui, certains pays s’opposent à la reconnaissance même de ces entités infranationales. On sait par exemple que l’Espagne s’est toujours opposée à toute reconnaissance internationale des régions qui la composent, comme la Catalogne, aujourd’hui dirigée par un gouvernement indépendantiste.

Dans l’après-midi, le premier ministre a participé à la signature d’une autre déclaration dans laquelle le Manitoba, à la suite de l’Ontario, manifeste son intention de se joindre lui aussi au marché du carbone auquel le Québec participe déjà avec la Californie.

Philippe Couillard a achevé sa journée en prononçant une allocution aux côtés des premiers ministres de l’Ontario, Kathleen Wynne, et du Manitoba, Greg Selinger, à la « soirée du Canada » organisée en collaboration avec l’organisation écologiste militante Équiterre.


 
2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 7 décembre 2015 21 h 14

    Écoutons-le

    Monsieur le premier ministre Couillard ne dit pas ce qu'il pense et ne pense pas ce qu'il dit : écoutons-le.

  • Raymond Lutz - Inscrit 7 décembre 2015 21 h 19

    mais qu'est-ce qu'il y connaît ce type?

    Je pensais que le COP21 allait être une réunion de SPÉCIALISTES et d'experts mandatés par nos gouvernements (vous savez, des scientifiques, genre) pas un cirque où viennent déblatérer des petits roitelets! Tab... !