Ottawa réclame une protection d’urgence pour les rainettes

La rainette faux-grillon de l'Ouest a été ajoutée à la liste des espèces menacées du Canada en 2010.
Photo: Benny Mazur / CC La rainette faux-grillon de l'Ouest a été ajoutée à la liste des espèces menacées du Canada en 2010.

La rainette faux-grillon de l’Ouest, une petite grenouille au coeur d’une longue bataille judiciaire devrait bientôt recevoir une protection d’urgence au Québec, a annoncé samedi la ministre fédérale de l’Environnement.


Catherine McKenna a recommandé une ordonnance de protection d’urgence pour la population de rainettes du Québec et son habitat à La Prairie, en Montérégie.

Cette annonce constitue une victoire pour les groupes environnementaux qui se sont battus pour une ordonnance de protection depuis 2013 afin de faire suspendre la construction d’un développement résidentiel qui menace la population de grenouilles.

Il s’agit « peut-être d’une petite grenouille, mais cela représente un grand bond pour les espèces menacées », croit Christian Simard de Nature Québec.

La rainette faux-grillon de l’Ouest est un petit amphibien de couleur olive ou brune qui atteint une longueur d’environ 2,5 centimètres. Il se reproduit en milieux humides, des milieux souvent menacés par le développement urbain et l’agriculture.

Bien que cette espèce soit en sécurité ailleurs dans le monde, elle a été ajoutée à la liste des espèces menacées du Canada en 2010, en grande partie à cause de la dégradation et la disparition de ses habitats. Selon les évaluations d’Environnement Canada, la rainette n’occupe plus que 10 % de son ancien territoire.

Mme McKenna a indiqué que des responsables de son bureau s’entretiendraient avec les gens impliqués dans le dossier dans les prochaines semaines afin de recueillir de l’information pour déterminer la portée de l’ordonnance de protection d’urgence.

Nature Québec et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) avaient demandé à l’ancienne ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq, de donner l’ordre de protéger la population de grenouilles de La Prairie en 2013, dans l’espoir d’empêcher la construction d’un développement de 1400 maisons sur un territoire qui serait un site de reproduction de la rainette.

Mme Aglukkaq leur a refusé cette requête, soutenant que le développement immobilier ne menaçait pas la survie de l’espèce. La décision a été contestée en cour sur la base qu’elle contrevenait à la loi des conservateurs sur les espèces en péril.

Dans une décision rendue cet été, le juge de la Cour fédérale Luc Martineau a donné six mois au gouvernement fédéral pour réétudier le dossier. Il a décrit le raisonnement du gouvernement comme étant « illogique ».

Christian Simard a affirmé que l’annonce de Mme McKenna était « une décision cruciale pour l’avenir de l’espèce ».

2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 7 décembre 2015 10 h 20

    Et que fait l'empoté...

    Dans ce dossier, que fait le ministre de l'environnement du Québec...

    • Yvonne Dolbec - Abonnée 8 décembre 2015 23 h 03

      Poser la question est y répondre...