La CAQ surévalue les émissions de GES, disent les experts

La cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie

La mise en service prochaine de l’entreprise la plus polluante du Québec, la cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, coûtera des centaines de millions de dollars en « droits de polluer » qui seront financés par les contribuables, dénonce la Coalition avenir Québec (CAQ). Des experts se montrent cependant sceptiques devant les conclusions de la CAQ.

Le parti de François Legault estime que l’État québécois allouera des crédits de carbone de 588 millions de dollars sur 15 ans pour permettre à l’entreprise de produire du ciment en Gaspésie. Cette somme s’ajoute aux investissements de 450 millions faits par Québec pour construire l’usine qui donnera du travail à 100 personnes à son entrée en fonction, à l’automne 2016 (100 autres emplois seront créés dans les terminaux maritimes et au siège social de l’entreprise à Montréal).

Le député Mathieu Lemay, de la CAQ, a soutenu jeudi que la facture totale de plus d’un milliard en fonds publics pour lancer l’entreprise n’en vaut tout simplement pas la chandelle.

Des spécialistes du marché du carbone mettent en garde contre les « conclusions hâtives » du parti de François Legault. « Je trouve que c’est démagogique de dire ce qu’ils disent. La CAQ fait un calcul malhonnête », affirme Jean Nolet, directeur général de la Coop Carbone, une entreprise de Québec qui aide les industries à se conformer à la nouvelle bourse du carbone.

Depuis le 1er janvier 2015, toutes les industries du Québec — et non seulement la cimenterie McInnis — doivent obtenir un permis pour avoir le droit d’émettre des gaz à effet de serre. Pour éviter de pénaliser les entreprises manufacturières, Québec fournit gratuitement des crédits qui leur permettent de polluer. Ce ne sont pas des dépenses à proprement parler : l’État renonce plutôt à ces revenus qui seraient perçus par l’intermédiaire de la bourse du carbone, explique Jean Nolet. Lui et Steven Guilbault, d’Équiterre, croient aussi que la CAQ surestime le coût des crédits de carbone qui seront alloués à la cimenterie McInnis.

L’usine de Port-Daniel-Gascons sera la moins polluante des cimenteries en Amérique du Nord, selon Maryse Tremblay, directrice des communications de Ciment McInnis. L’entreprise compte aussi investir au fil des ans pour réduire ses émissions de GES.

Je trouve que c'est démagogique de dire ce qu'ils disent. La CAQ fait un calcul malhonnête.