«Cela va être difficile» mais «nous allons réussir», affirme Obama

Paris — Le président américain Barack Obama s’est dit mardi « optimiste » quant au succès de la conférence sur le climat de Paris, soulignant que la lutte contre le réchauffement était un « impératif » pour l’économie et la sécurité.
 

«Je suis optimiste, nous allons réussir», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Paris, au lendemain des discours de quelque 150 chefs d’État et de gouvernement en faveur d’un accord ambitieux pour limiter le réchauffement inédit de la planète.

« Cela va être difficile. Amener 200 nations à se mettre d’accord sur quoi que ce soit est difficile », a toutefois ajouté le dirigeant américain, présent à Copenhague en 2009 lors de la dernière tentative pour parvenir à un accord mondial sur le climat qui avait tourné au fiasco.

« Personne ne s’attendait à ce que 180 pays viennent ici avec des objectifs climatiques sérieux » et « si vous aviez dit ça à quelqu’un il y a seulement deux ans, la plupart vous aurait traité de fou », a-t-il estimé.

Le président américain considère que la lutte contre le réchauffement est désormais « un impératif économique et de sécurité auquel nous devons nous attaquer maintenant », car au rythme actuel « nous aurons rapidement à consacrer de plus en plus de nos ressources économiques et militaires […] pour s’adapter aux conséquences d’une planète qui change ».

Il a aussi précisé la position américaine concernant le caractère contraignant du futur accord. « Les procédures, qui assurent la transparence et des révisions régulières (des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre), cela doit être légalement contraignant », a-t-il déclaré.

Les États-Unis, mais aussi de nombreux pays comme la Chine, estiment que les objectifs chiffrés que chaque pays s’est fixé (par exemple, la réduction de 26 à 28 % les émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2025 pour les États-Unis) ne doivent pas faire partie des éléments légalement contraignants de l’accord.

Il a plaidé pour donner « un prix au carbone », l’un des principaux leviers pour favoriser les énergies renouvelables et amener les entreprises à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.

À Paris, « nous cherchons un accord », a-t-il poursuivi, « qui donne la certitude aux entreprises et aux investisseurs que l’économie mondiale va fermement vers un futur bas carbone ». « Cela incitera à des investissements vitaux pour combiner réduction des gaz à effet de serre et croissance économique », a-t-il ajouté.

« Nous cherchons un accord qui garantisse que les pays en voie de développement ont les ressources nécessaires pour éviter un développement sale […] et que les nations les plus vulnérables face au changement climatique ont les ressources pour s’adapter », a-t-il expliqué.

Dans la matinée, il avait rencontré les dirigeants de plusieurs États insulaires (îles Kiribati, Marshall, Papouasie-Nouvelle Guinée, Sainte-Lucie et la Barbade).

Certains des pays insulaires « pourraient disparaître complètement et […] nous pourrions avoir à gérer des dizaines de millions de réfugiés climatiques dans le Pacifique en Asie », a-t-il prévenu.

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