Le pétrole de l’Ouest canadien coule vers Montréal

L’ONE a annoncé en octobre qu’il autorisait Enbridge à inverser le flux de pétrole dans le pipeline 9B.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ONE a annoncé en octobre qu’il autorisait Enbridge à inverser le flux de pétrole dans le pipeline 9B.

Malgré la controverse, Enbridge commence finalement les livraisons de pétrole de l’Ouest à Montréal par l’oléoduc 9B, qui traverse notamment des cours d’eau et des zones résidentielles de la région, a appris Le Devoir. À terme, 300 000 barils de brut couleront dans le tuyau construit en 1975. Une partie de ce pétrole sera transportée par navires sur le Saint-Laurent, pour alimenter la raffinerie de Valero, à Lévis.

Selon ce que précise un avis « aux résidents » transmis par la raffinerie Valero, propriété d’Ultramar, « le processus d’inversion de la canalisation 9B d’Enbridge a été complété ».

La raffinerie Jean-Gaulin devrait donc recevoir sous peu du pétrole de l’Ouest à ses installations situées sur la rive-sud du Saint-Laurent, à Lévis. « Ce faisant, des activités de transport de pétrole brut léger auront lieu entre Montréal-Est et le terminal maritime de la raffinerie Jean-Gaulin de Lévis », précise d’ailleurs la note.

Ce même document indique que « le premier navire pourra effectuer le trajet au début du mois de décembre 2015 », donc au cours des prochains jours. Cela signifie que la circulation de pétroliers augmentera sur le Saint-Laurent, entre Montréal et Québec, soit la partie du fleuve où la navigation est réputée plus complexe.

Pipeline de 1975

L’Office national de l’énergie (ONE) a annoncé en octobre qu’il autorisait Enbridge à inverser le flux de pétrole dans le pipeline 9B, construit en 1975, tout en augmentant sa capacité de transport.

Avant d’autoriser l’inversion du flux, l’ONE avait demandé cet été à la pétrolière d’effectuer des tests « hydrostatiques », qui consistent à injecter de l’eau dans le pipeline afin d’évaluer de possibles problèmes d’étanchéité. Ceux-ci ont été menés sur trois tronçons du tuyau, situés aux environs de Hilton, en Ontario, entre Kingston et Brockville, et à Mirabel, au Québec.

L’essentiel de la portion québécoise de l’oléoduc a donc été exclu des tests exigés. Cela comprend les municipalités de Terrebonne, Laval et Montréal-Est. Dans ces secteurs, le pipeline passe littéralement dans la cour de plusieurs résidences, près d’écoles primaires ou encore directement dans la cour du CPE Gamin Gamine.

Secteurs densément peuplés

Le tuyau transportera du pétrole brut de l’Ouest canadien jusque dans l’est de l’île de Montréal. Pour les deux premières années, la quantité quotidienne maximale doit être limitée à 270 000 barils. Par la suite, Enbridge pourra augmenter le flux à 300 000 barils. Ce pipeline avait jusqu’à présent une capacité de transport quotidienne de 240 000 barils.

L’oléoduc 9B d’Enbridge traverse des secteurs résidentiels densément peuplés de plusieurs municipalités, dont Mirabel et Rivière-des-Prairies, mais aussi plusieurs cours d’eau du sud du Québec. Il traverse notamment la rivière des Mille-Îles et la rivière des Prairies. Une rupture du tuyau pourrait menacer directement des sources d’eau potable de la région métropolitaine.

L’ONE a autorisé le projet d’Enbridge en mars 2014. Celui-ci doit servir à alimenter la raffinerie de Suncor, située à Montréal, mais aussi celle-ci de Valero, à Lévis.

« L’exploitation sécuritaire du pipeline est notre priorité fondamentale et, une fois que la canalisation 9B sera remise en service, notre but sera de l’exploiter de façon sécuritaire, comme nous l’avons fait durant près de 40 ans », faisait valoir Enbridge dans un avis transmis le 20 novembre dernier.

21 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 30 novembre 2015 19 h 22

    Business as usual pendant la grande guignolée climatique de Paris

    On peut voir qui décide au Canada pendant que nos bouffons élus sont à Paris. La ville lumière qui éclaircira peut-être leurs neuronnes avant qu'ils reviennent dans leurs terres pétrolifères après un séminaire climatique culturel en compagnie de la grande clique du contrôle planétaire.

  • André Tremblay - Abonné 30 novembre 2015 19 h 55

    Who !

    Comment cela est-il possible ? Où est Couillard et son ministre de l'environnement ( dont je ne me souviens plus du nom tellement il est inefficace) ? Tout un sapin qu'on vient de se faire passer. il faut arrêter cela.

    • Luc Falardeau - Abonné 1 décembre 2015 09 h 48

      Un instant... Enbridge avait prévu faire des excavations et des réparations additionnelles à 3 sites au Québec (Rigaud, Mirabel et Terrebonne). Ce n'est pas commencé. Enbridge ne sait pas encore si elle devra remplacer des sections de pipeline.

      Un certificat d'autorisation du MDDELCC (LQE Q2, art.22) devait aussi être émis pour ces travaux. Le certificat ne semble pas accordé selon le registre public du MDDELCC.

      Comment se fait-il que Valero annonce aux résidents de l'est de Montreal près de son terminal maritime que le processus d'inversion a été complété alors qu'il reste d'autres étapes à franchir au Québec ?

      Valero avait peut-être besoin de rassurer ses actionnaires inquiets ?

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 30 novembre 2015 20 h 38

    Alors que la COP21

    a lieu à Paris avec plus 150 pays ..le Canada on continue à transvaser le pétrole de
    l'Ouest vers le Québec...et ce malgré la volonté des Québécois qui se sont prononcés contre à plus de 75%...

    Est-ce un appel à la révolution qu'il faut faire entendre ...Sommes-nous seulement quelques uns à revendiquer, dans le désert médiatique, le droit de vivre selon nos valeurs...

    Dehors Énergie Est...Couillard est à Paris avec ti-pit Trudeau...et Coderre ?????
    Mais que diable y font-ils...les trois Stooges n'auraient pas fait mieux... ou pire...

    • Pierre Desautels - Abonné 1 décembre 2015 17 h 52

      C'était prévu depuis longtemps.Et approuvé par le PQ devant une comission parlementaire en 2013. Le PQ était à genoux devant Enbridge...

    • Yves Corbeil - Inscrit 1 décembre 2015 21 h 08

      M.Desautels ont s'en sacre du PQ, du PLQ, de la CAQ ou de QS tous ce que l'on veut c'est pas d'autoroutes de pétroles qui traversent nos terres, nos rivières, nos lacs, notre fleuve et nos villes.

      Le parti au pouvoir c'est celui qui doit faire respecter les voix de la majorité qui s'est prononcé.

      TU COULE PAS CHEZ NOUS, c'es-tu assez clair comme demande citoyenne ça. On les payent ces cr.... là pour qui gouvernent selon nos besoins et demandes.

    • Gilles Delisle - Abonné 2 décembre 2015 08 h 01

      " Aux armes citoyens, formez vos bataillons"!

  • Sylvain Rivest - Inscrit 30 novembre 2015 20 h 50

    Pendant ce temps...

    ...on fait de belles promesses à Paris sur l'environnement, l'avenir de la planète.
    Ici on s'apprête à détruire notre majestueux fleuve.
    Car il ne faut pas se leurrer, c'est une question de temps pour que se brute emprunte la voie naturelle des cours d'eau vers le fleuve St-Laurent.

    Et ce petit couillard, qui brasse des vrais affaires avec les riches de ce monde, se fout totalement de qui se passe ici.

  • François Dugal - Inscrit 30 novembre 2015 21 h 03

    Le Canada

    Ne sommes nous pas heureux de consommer, dans un geste désintéressé de patriotisme, notre bon pétrole canadien et de participer au bien-être de nos compatriotes.
    Levons-nous et chantons en choeur notre hymne national, le Ô Canada !

    • Louis Fallu - Abonné 1 décembre 2015 09 h 55

      J'espère que vous faites de l'ironie !