«Un immense espoir que nous n’avons pas le droit de décevoir», affirme Hollande

Le président français François Hollande a exhorté les quelque 150 dirigeants de la planète réunis au Bourget pour la COP21 à ne pas « décevoir » l’« immense espoir » suscité par cette conférence, lors de son ouverture officielle.

« Il s’agit de décider ici, à Paris, de l’avenir même de la planète », a souligné le chef de l’État français, parlant d’un « jour historique » alors que « jamais une conférence n’avait accueilli autant d’autorités d’autant de pays ».

« Nous sommes au pied du mur… il n’est pas infranchissable », a-t-il ajouté.

« Les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture », a-t-il insisté.

Au terme de la conférence, « le 12 décembre, un accord doit être trouvé à Paris », a souligné François Hollande, qui demande un accord « différencié, universel et contraignant ».

Pour le président français, un « bon accord, un grand accord » reposerait sur « trois conditions ». La première, selon lui, serait de « dessiner une trajectoire crédible permettant de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés Celsius ou même 1,5 degré ».

La deuxième, a-t-il poursuivi, serait d’apporter « au défi climatique une réponse solidaire » alors qu’« aucun État ne doit pouvoir se soustraire à ses engagements » même si les écarts de développement doivent être « pris en compte ».

« Les pays développés doivent assumer leur responsabilité historique, ce sont eux qui ont émis pendant des années le plus de gaz à effet de serre ; les pays émergents doivent accélérer leur transition énergétique, les pays en développement doivent être accompagnés dans leur adaptation aux impacts climatiques », a-t-il résumé.

Quant à la troisième condition, c’est, a-t-il poursuivi « que toutes nos sociétés, dans leur grande pluralité, diversité, se mettent en mouvement ».

Après une minute de silence qui a précédé son discours en hommage aux victimes des attentats djihadistes du 13 novembre à Paris, François Hollande a affirmé : « Ces événements tragiques nous affligent mais en même temps, nous obligent ».

« Ce qui est en cause avec cette conférence sur le climat, c’est la paix » alors que « le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage », a-t-il développé.

« Il provoque des migrations qui jettent sur les routes plus de réfugiés que n’en génèrent les guerres » tandis que « des états risquent de ne plus pouvoir satisfaire les besoins vitaux de leurs populations avec des risques de famine, d’exode rural ou d’affrontements pour accéder à ce bien de plus en plus rare qui s’appelle l’eau », a-t-il fait valoir.


Obama: être à la hauteur des enjeux

Pour sa part, le président américain Barack Obama a appelé les dirigeants du monde à « être à la hauteur » des enjeux que pose le réchauffement inédit de la planète, lors de la conférence mondiale sur le climat de Paris.

« Nous avons le pouvoir de déterminer notre avenir ici et aujourd’hui, mais seulement si nous nous montrons à la hauteur de l’enjeu », a-t-il lancé devant quelque 150 dirigeants rassemblés au Bourget, près de la capitale française.

Le dirigeant du deuxième pays le plus émetteur de gaz à effet de serre (derrière la Chine) a également rejeté avec force l’argument selon lequel la lutte contre le changement climatique serait une mauvaise nouvelle pour l’économie.

« Nous avons prouvé qu’il n’y a plus de conflit entre croissance économique forte et protection de l'environnement », a-t-il lancé. « Nous avons brisé les vieux arguments de l’inaction […] Cela devrait nous donner de l’espoir ».

Citant Martin Luther King qui a expliqué qu’un moment vient toujours où il est « trop tard pour agir », il a souligné que, sur le climat, ce moment était désormais proche.

« Mais si nous agissons ici, si nous agissons maintenant […] alors il ne sera pas trop tard », a-t-il aussitôt ajouté.

« Savoir que la prochaine génération bénéficiera de ce que nous faisons ici, pouvons-nous imaginer une récompense plus gratifiante », s’est-il encore interrogé.

Les États-Unis se sont engagés sur une réduction de 26 % à 28 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025, par rapport à 2005.

Merkel: les pays développés doivent tenir leurs promesses

Les pays riches doivent «tenir leur promesse» de verser tous les ans aux pays pauvres 100 milliards de dollars dès 2020 pour les aider à faire face au changement climatique, a souligné pour sa part la chancelière Angela Merkel à la conférence de Paris sur le climat.

« À Paris, nous devons tenir les promesses que nous avions faites à Copenhague et nous devons obtenir des résultats concrets d’ici 2020, à savoir le déblocage de 100 milliards de dollars annuellement », a-t-elle déclaré lors du sommet de quelque 150 chefs d’Etat et de gouvernement réuni au premier jour de la COP21.

« Les dégâts passés » dus au changement climatique « sont une responsabilité qui nous incombe », a-t-elle souligné.

La conférence de Paris est « une occasion de faire de nos belles théories une réalité en réduisant les températures et en évitant qu’elles dépassent 2 degrés », a déclaré Mme Merkel. Mais, a-t-elle ajouté, « nous savons que les petits États insulaires risquent de dire “ça ne suffit pas” ».

La chancelière s’est réjouie que 183 pays représentant 95 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales aient présenté leurs engagements de réduction de leurs émissions. C’est «une bonne nouvelle», a-t-elle dit, mais «la mauvaise nouvelle c’est que nous risquons à court terme de ne pas parvenir à cet objectif de 2 degrés».

« Nous devons réfléchir ici et maintenant aux outils qui nous permettront d’atteindre cet objectif dans les dix ans », a-t-elle dit.

La conférence doit « mettre en place un cadre juridiquement contraignant », a ajouté la chancelière.

Les promesses de réduction des gaz à effet de serre faites par les pays « sont des contributions volontaires mais il est important que nous soyons à la hauteur des objectifs que nous fixons », a-t-elle insisté. Cela signifie que les mécanismes de suivi devront être « juridiquement contraignants », a-t-elle expliqué, souhaitant une révision «tous les cinq ans et ce dès 2020».

« Un mécanisme clair permettant de mesurer ces objectifs et de nous rendre plus crédibles est essentiel », a souligné Mme Merkel.

1 commentaire
  • Yves Corbeil - Inscrit 30 novembre 2015 12 h 00

    Touchant la grande guignolée climatique annuel

    « Ce qui est en cause avec cette conférence sur le climat, c’est la paix » alors que « le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage »

    Le grande guignolée sur fond de guerre, nous sommes choyé cette année, il y en a pour tous les goûts à Paris.