Les algues, énergie de l’avenir?

Photo: Fred Tanneau AFP

Quand elles envahissent nos lacs ou nos plages, on les conspue. En fait, on les tolère dans nos assiettes, apprêtées en sushis ou en salade. Pourtant, les algues et microalgues constituent un des plus importants puits de carbone sur la planète et sont à l’origine de 50 à 70 % de la masse d’oxygène sur Terre. Plusieurs scientifiques tentent d’ailleurs de tirer profit du processus de photosynthèse de ces plantes qui, naturellement, transforment le CO2 en oxygène et en biomasse. À l’Université Concordia, on s’intéresse notamment à l’énergie électrique générée par les algues bleu-vert lors de la photosynthèse. En piégeant les électrons libérés lors de cette « respiration » végétale, il pourrait être possible de harnacher cette source d’énergie, croit le professeur Muthukumaran Packirisamy, professeur au Département de génie mécanique et industriel. En France, le potentiel des algues fascine aussi des chercheurs de l’Université de Nantes et des architectes qui planchent sur un mode de culture des microalgues, à l’intérieur de minces parois de verre verticales destinées aux bâtiments. Placardées sur les immeubles, ces biofaçades ou usines « vivantes » permettraient de capter le CO2 à grande échelle, et de le recycler afin de chauffer les bâtiments. « Les façades représentent un potentiel solaire inexploité pour des champs verticaux. On pourrait y cultiver les microalgues qui ont besoin de beaucoup de soleil et récupérer le carbone ainsi produit. 50 % des façades ensoleillées ne sont pas valorisées. On pourrait imaginer des villes productrices », affirme au Monde Olivier Sheffer, directeur de la R et D chez XTU Architects. Selon les chercheurs, ces biofaçades permettraient de capter 3 à 4 fois plus de CO2 que les espaces verts des villes.

1 commentaire
  • Marie-Claude Lefrancois - Abonnée 29 novembre 2015 17 h 49

    Quelles idées originales!

    Je suis épatée de constater à quel point nous avons chacun un morceau de casse-tête pour constituer un paysage diversifié de récupération d'énergie à travers la planète. Au Zimbabwe, en observant attentivement une termitière, on s'est aperçu que les termites pouvaient refroidir et ventiler leurs galeries et conserver l'air frais à l'intérieur. En appliquant les mêmes procédés ainsi observés, à dimension humaine cette fois-ci, les partisans de ce processus de refroidissement naturel ont pu conserver l'air frais et économiser 90% de l'énergie ainsi récupérée. Mme Paré signale aussi l'exemple québécois du "petit lait de vache", où le méthane produit par fermentation est devenu une source d'énergie qui a permis de remplacer une consommation de 250 tonnes métrique de GES par année. Ceci illustre bien ce qu'une observation peut arriver à générer comme innovation extraordianaire! Dernièrement, je me suis demandée si les cristaux de sel pouvaient être utiles dans des systèmes d'éclairage requérant très peu d'énergie d'ignition, de par leur propriété de réflexion de la lumière qui y pénètre, et être également sollicités pour des processus de filtration de liquides usés.Quelquefois, les idées les plus simples sont celles à notre portée puisque "vachement" plus adaptées à notre environnement.