La coulée de boue est hautement toxique, selon l’ONU

Sao Paulo — La coulée de boue et de déchets miniers qui a submergé début novembre un village dans le sud-est du Brésil, faisant 12 morts, était toxique, ont affirmé des experts de l’ONU, contrairement à ce qu’assurait la société Samarco, propriétaire du barrage ayant rompu.

«De nouvelles preuves montrent que la rupture du barrage minier de la compagnie Samarco, détenue à parts égales par l’entreprise brésilienne Vale et l’anglo-australienne BHP Billiton, ayant déversé 50 millions de tonnes de résidus miniers, contient un niveau élevé de métaux lourds toxiques ainsi que d’autres produits chimiques toxiques», a assuré mercredi dans un communiqué le Haut-commissaire aux droits de l’Homme à l’ONU.

Un jour après la rupture du barrage, le 5 novembre, entraînant une coulée de boue tuant 12 personnes et faisant 12 disparus, la société avait assuré que la boue était principalement composée de sable issu de l’extraction de fer, et ne contenait «aucun élément chimique dangereux pour la santé».

«Il n’est pas acceptable qu’il ait fallu attendre trois semaines pour que les informations sur les risques toxiques de cette catastrophe apparaissent au grand jour», ont estimé les experts de l’ONU.

La boue visqueuse de résidus miniers mélangés à de la graisse et différentes huiles avait ensuite entamé une descente du fleuve Doce, l’un des principaux du pays, jusqu’au week-end dernier lorsqu’elle a commencé à se déverser dans l’océan Atlantique, après 650 kilomètres parcourus.

L’ampleur de cette catastrophe environnementale équivaut au déversement de 20 000 piscines olympiques remplies de résidus toxiques, entraînant ainsi une pollution du sol, des rivières et du système de distribution d’eau sur 850 kilomètres, selon les spécialistes internationaux.

Le fleuve «est maintenant considéré comme mort par les scientifiques, et la boue toxique continue lentement son chemin en direction du Parc National Marinho de Abrolhos, où il menace une végétation protégée», s’alarme l’un des auteurs du rapport.

Il s’agit de la «plus grande catastrophe environnementale de l’histoire du Brésil», qui a tué des milliers d’animaux et laissé 280 000 personnes sans eau, affirmait il y a quelques jours Izabella Teixeira, ministre de l’Environnement du Brésil.

Samarco s’est engagé à payer au moins 260 millions de dollars pour réparer les dommages, alors que les autorités brésiliennes lui ont déjà infligé une amende de 175 millions de dollars.

 


 
1 commentaire
  • Patrick Provost - Abonné 26 novembre 2015 14 h 21

    D'où l'importance des organismes publics de régulation

    C'est une des raisons pour laquelle il faut des organismes publics de régulation. Dans de nombreuses situations, comme celle-ci, on ne peut pas se fier aux compagnies, malheureusement. Sauf quand il s'agit de faire des profits.