Une centaine d’États veulent une cible plus ambitieuse

À supposer que la cible soit respectée, l’idée de limiter la hausse du climat mondial à 2°C d’ici 2100 ne sera pas suffisante pour éviter que des centaines de millions d’êtres humains subissent des impacts majeurs liés aux bouleversements climatiques.

À l’instar de certains scientifiques, 43 nations réunies au sein du Climate Vulnerable Forum (CVF) jugent en effet que les changements climatiques engendreront des conséquences dramatiques, et ce, même s’ils sont limités à la cible officiellement déterminée par la communauté internationale, soit 2°C au cours du présent siècle.

Ces États estiment donc que le monde devrait tout mettre en oeuvre afin de stopper la hausse du thermomètre mondial à 1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle. Un total de 104 pays appuient cette demande, mais aussi plusieurs organisations environnementales et sociales.

Tous font valoir que la limitation à 2°C, sur laquelle se basent les négociations en vue d’un accord à Paris, exposerait toujours plus d’un milliard de personnes à une hausse catastrophique du niveau des mers, mais aussi aux impacts d’événements climatiques extrêmes, entre autres. Tous ces phénomènes menaceraient des populations entières dans plusieurs régions du monde, font-ils valoir.

Certains pays membres sont, par exemple, directement touchés par la hausse du niveau des océans, au point de devenir des symboles de cette menace. C’est le cas de Tuvalu, mais aussi des Philippines et des Maldives.

Malgré les nombreuses critiques, « nous devons nous accrocher à notre objectif parce qu’il est moral. Adopter un objectif de 2° à long terme serait accepter que nous ne sommes pas capables de protéger les pauvres des pays pauvres », a souligné dans des déclarations à l’Agence France-Presse Saleemul Huq, président du groupe d’experts du Climate Vulnerable Forum, en marge de la réunion de Manille.

Changement radical

Cette idée de limiter la hausse des températures à 1,5°C signifierait un changement pour le moins radical par rapport à la trajectoire climatique actuelle. Selon des données publiées cette semaine par le Met Office britannique, le monde devrait en effet franchir définitivement le cap du 1°C dès 2015.

Qui plus est, selon le plus récent bilan des Nations unies, les engagements pris jusqu’à présent par un peu plus de 150 États en vue des négociations d’un accord sur le climat à Paris, en décembre, la hausse d’ici 2100 atteindra 2,7°C. Non seulement il faudra donc faire preuve de plus d’ambition, selon l’ONU, mais les pays devront tous respecter leurs engagements au cours des prochaines années.

Pour le moment, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne cessent de croître année après année. « Chaque année, les concentrations de gaz à effet de serre battent de nouveaux records, a d’ailleurs déclaré cette semaine dans un communiqué Michel Jarraud, le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale. Et chaque année, nous répétons que le temps presse. C’est maintenant qu’il faut agir pour réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre et pour qu’il nous reste une chance de contenir à un niveau raisonnable la hausse des températures. »

M. Jarraud a aussi servi cet avertissement sans équivoque : « Nous ne voyons pas le CO2. C’est une menace invisible mais bien réelle, qui se traduit par des températures mondiales plus élevées, par une multiplication des phénomènes extrêmes — vagues de chaleur et inondations notamment —, par la fonte des glaces, la hausse du niveau de la mer et l’acidification des océans. C’est la réalité d’aujourd’hui : nous avançons en territoire inconnu et la machine s’emballe à un rythme effrayant. »

6 commentaires
  • Pierre Vaillancourt - Abonné 11 novembre 2015 20 h 43

    Il nous reste l'action directe...

    Je pense que devant l'imminence de l'arrivée de nouveaux oléoducs au Québec, devant l'imminence de l'inversion et de la remise en service du vieux pipeline 9B, devant l'intention très claire de notre gouvernement québécois de permettre l'exploitation pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent, en Gaspésie et ailleurs, devant l'autoroute à super-pétroliers que deviendra notre fleuve Saint-Laurent si on ne fait rien, de plus en plus de gens choisiront, si ce n'est déjà fait, la seule chose qu'il nous reste à faire devant l'urgence de la situation : l'action directe non violente envers la vie et la désobéissance civile légitime et socialement acceptable.

    Parce qu'eux, ceux qui mènent la course vers la catastrophe, ils ne soucient pas de la vie et les conséquences de leurs actions sont connues et directement violentes envers la vie de milliards d'individus.

    Ils sont des terroristes qui commettent, sciemment et légalement, un crime contre l'Humanité, le plus grand crime contre l'Humanité que nous aurons connu.

  • François Dugal - Inscrit 11 novembre 2015 21 h 03

    La cible

    Qu'est-ce que ça donne de se fixer une cible, puis de viser intentionnellement à côté?

  • Gilles St-Pierre - Abonné 11 novembre 2015 23 h 23

    La population mondiale est de

    7 342 265 696 personnes jeudi le 11 novembre 2015 à 23 h 00 min et 11 s
    et si c'était trop...

    8,5 milliards d'humains en 2030
    et si c'était encore trop

    9 milliards en 2050
    et bien là... ça commence être pas mal trop

    Tout comme Haïti, une île trop petite pour supporter une telle population qui réclame autant de ressources, notre si petite planète a aussi ses limites qui ont été dépassées.

    Ne soyons pas si alarmistes car la nature aura toujours raison et elle rétablira elle-même l'équilibre précaire rompue dont elle a besoin et elle se fout bien de nous et de notre petit confort de surconsommateurs de ressources, qu'on aime ça ou pas ça risque de brasser mais tout se rétablira une fois le "ménage" fait et la population rétablie à un niveau acceptable versus la consommation des ressources disponibles.

    En attendant, attachez bien vos ceintures et bonne chance à tous.

  • Rosalie Laframboise - Abonnée 12 novembre 2015 05 h 31

    L'indifférence...

    Comme disait Einstein, " le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire"...

  • Yves Corbeil - Inscrit 12 novembre 2015 10 h 32

    Wow! belle photo

    Il y a sûrement quelqu'un qui va profité de cette belle publicité sur Les Tuvalu pour les approchés et leurs vendre des ceintures et des canots de sauvetages. À moins que quelqu'un décide d'y ouvrir un club pour désabusés sociétale qui décident de s'installer dans un endroit zen pour le dernier voyage.

    Nous saurons bientôt si ils prennent ça au sérieux le réchauffement climatique ceux qui dirigent la destinée des finances mondiale. Le thermostat ou le coffre fort, les deux sont incompatibles dans le contexte actuel. Décroissance ou enrichissement.

    • Yves Corbeil - Inscrit 12 novembre 2015 11 h 35

      Oups! Holland et Kerry s'entendent pas ce matin. Les tites sandwichs pas de croutes seront toastés finalement.