Le projet de port devrait subir un examen environnemental du Québec, selon le BAPE

Les navires qui chargeraient le minerai, à raison d’un tous les cinq jours, auraient une capacité de 40 000 tonnes. En naviguant sur le Saguenay, ils traverseraient le seul parc marin de la province.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les navires qui chargeraient le minerai, à raison d’un tous les cinq jours, auraient une capacité de 40 000 tonnes. En naviguant sur le Saguenay, ils traverseraient le seul parc marin de la province.

Le BAPE estime que le projet minier Arianne Phosphate, situé au nord de la ville de Saguenay, devrait être autorisé seulement à la suite d’une évaluation environnementale québécoise du projet de port qui permettra d’exporter chaque année trois millions de tonnes de concentré d’apatite en empruntant la rivière Saguenay et le seul parc marin de la province. Ce volet est seulement étudié par le fédéral.

Dans son rapport publié vendredi par le ministre de l’Environnement, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) conclut que l’autorisation du projet minier Arianne Phosphate « devrait être conditionnelle à un examen environnemental public du projet de terminal maritime à Sainte-Rose-du-Nord, à la satisfaction du gouvernement du Québec, qui aurait alors toutes les informations écologiques, sociales et économiques nécessaires à sa prise de décision ».

Les commissaires du BAPE qui ont étudié ce projet de mine à ciel ouvert estiment en effet que « les trois composantes du projet, soit le site minier, le tracé choisi pour le transport du concentré et le terminal maritime, forment un tout indissociable pour la prise de décision gouvernementale ».

Or, le port qui sera construit pour exporter la production de concentré d’apatite a été exclu de l’étude d’impact soumise au gouvernement du Québec, en prévision du BAPE. « En l’absence de cet important élément du projet minier auquel s’ajoute le fait que le promoteur a surtout considéré les aspects économiques dans le choix des scénarios de transport, l’analyse de la commission d’enquête se trouve limitée », déplorent les commissaires.

 

Étude fédérale

Le porte-parole d’Arianne Phosphate, Jean-Sébastien David, réplique que le projet de port est de compétence fédérale. Il est d’ailleurs actuellement étudié par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale. M. David précise que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques doit aussi participer aux audiences du fédéral.

La Coalition Québec meilleure mine estime pour sa part que la « scission » du projet Arianne Phosphate « empêche de mesurer l’ensemble des impacts liés au projet ». « Le promoteur semble avoir tronqué le projet en vue d’en faciliter l’acceptation. En excluant toute analyse des impacts sur le milieu marin et les milieux riverains, on passe sous silence une grande partie des impacts reliés au projet. Cela crée un dangereux précédent », affirme Dominique Bernier, coordonnatrice de la Coalition.

Le port nécessaire au développement du projet minier doit être construit à Sainte-Rose-du-Nord. Il doit permettre de charger trois millions de tonnes de concentré d’apatite chaque année, soit près de trois fois la production du projet Mine Arnaud, à Sept-Îles. Les navires qui chargeraient le minerai, à raison d’un tous les cinq jours, auraient une capacité de 40 000 tonnes. En naviguant sur le Saguenay, ils traverseraient le seul parc marin de la province.

La mine serait à proximité du lac à Paul, à 200 kilomètres au nord de la ville de Saguenay. La fosse d’extraction à ciel ouvert aurait une largeur de 600 mètres, une longueur de 2300 mètres et une profondeur d’environ 450 mètres. L’exploitation de la mine devrait durer 26 ans.

Selon ce que précise M. David, la minière dit avoir confiance de trouver preneur pour son concentré d’apatite, malgré les difficultés rencontrées par le projet Mine Arnaud. La Banque mondiale entrevoit néanmoins des années difficiles pour le marché du phosphate (l’apatite est composée de phosphate).

1 commentaire
  • Normand Renaud - Inscrit 24 octobre 2015 17 h 14

    Embarrassant

    Effectivement il faudra une étude globale plus exhaustive. Je me demande bien en quoi et à qui va profiter l'explotation et l'expirtation. Que fait-on au juste de ce type de minerai?
    Ne serait-il pas plus judicieux d'en faire nous-même la transformation? Il serait possible d'en faire le transport par train ou terrestre pourrait éviter de mettre le parc marin en péril.