Couillard rappelle ses engagements environnementaux à New York

En l’absence de représentants du gouvernement fédéral, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré son engagement en faveur d’une économie faible en carbone, à l’occasion de la Semaine du climat à New York.

Dans une prise de parole en tant que coprésident de l’Alliance des États fédérés et des régions, le premier ministre a rappelé ses récents engagements en matière de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES). M. Couillard a annoncé plus tôt en septembre qu’il espère réduire de 37,5 % les émissions de GES de la province d’ici 2030, par rapport à 1990, la cible la plus ambitieuse du pays.

Une autre occasion de faire valoir la « diplomatie climatique » mise en avant par Québec, en dissonance avec ses démonstrations d’ouverture au développement de projets liés aux énergies fossiles. Le premier ministre a déclaré que son gouvernement se montrerait strict dans les dossiers environnementaux de l’oléoduc Énergie Est, ainsi que sur la question des forages à l’île d’Anticosti.

Philippe Couillard a affirmé dans son discours qu’une évaluation environnementale consciencieuse du controversé projet de pipeline de TransCanada, posant les mêmes conditions que celles émises par l’Ontario, serait réalisée.

Son gouvernement a pourtant déjà fait savoir que cette évaluation ne tiendra pas compte des émissions résultant de l’exploitation du pétrole qui coulera dans le tuyau à raison de 400 millions de barils par année de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick.

Le président de cette Semaine du climat, Marc Kenber, a d’ailleurs mis la province en garde. Il s’est demandé pourquoi construire « une infrastructure gigantesque et coûteuse », qui entraînerait une augmentation de production de combustibles fossiles, en entrevue avec Le Journal de Montréal.

« On va bien sûr être extrêmement prudents, tenir compte de l’acceptabilité des communautés, particulièrement des Premières Nations, des mesures de sécurité pour l’environnement et cela va être fait de façon très rigoureuse », a affirmé Philippe Couillard.

Sur le même ton, il a insisté pour dire qu’il suivait attentivement le dossier des forages d’exploration sur l’île d’Anticosti, pour lequel des groupes environnementaux ont réclamé que les études soient rendues publiques.

S’il doute que les études de la compagnie puissent être rendues publiques parce qu’« il y a des secrets commerciaux là-dedans, c’est une compagnie qui est négociée en Bourse », le premier ministre dit croire que l’évaluation conduite par son gouvernement concernant la possibilité de fracturation hydraulique devrait bien renseigner les Québécois.

« Il y a une évaluation spécifique pour Anticosti qui va sortir et cela va bien sûr influencer notre décision. Moi, je suis très préoccupé par ce beau milieu naturel encore vierge au Québec et on va être extrêmement prudents », a-t-il garanti.

Lors du sommet des Nations unies sur le climat en 2014, Stephen Harper avait préféré déléguer sa ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq. Contrairement à 125 autres chefs d’État, il avait choisi d’envoyer un représentant plutôt que de prendre part à l’événement, à l’instar de la Chine et de l’Inde. Le cabinet de Mme Aglukkaq n’a pas rappelé Le Devoir, celle-cimenant sa campagne électorale au Nunavut où elle espère être réélue.

COP21: l’appel pressant de François Hollande

À moins de deux mois de la conférence climatique de Paris, le président français, François Hollande, a lancé un appel pressant aux dirigeants mondiaux lors d’un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. S’ils n’arrivent pas à trouver un accord universel et contraignant pour limiter ce réchauffement à deux degrés Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle, « ce sera trop tard pour le monde », a-t-il déclaré. En vue de cet important sommet, 90 pays, soit près de la moitié des 193 pays membres de l’ONU, ont annoncé leurs engagements nationaux de réduction en vue, a souligné le président français en invitant les autres « à le faire vite ». Agence France-Presse
4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 29 septembre 2015 07 h 51

    L'engagement

    L'engagement principal du premier ministre Couillard est de ramener le Québec au rang de province. Toutes ses autres actions découlent de cette prémisse.

  • Jean Santerre - Abonné 29 septembre 2015 09 h 13

    Il ment

    C'est tout ce qu'il y a à dire, il ment et il ment mal.
    Une étude rigoureuse qui ne tiendra pas compte du Co² émis par l'exploitation supplémentaire du pétrole que permettrait cette infrastructure n'est pas rigoureuse, mais très rugueuse.
    Alors pour enrayer l'alcoolisme quel meilleur idée que de construire une distillerie dont les produits passeront dans son salon.
    C'est très rigoureux.
    Oui c’est un mensonge très rigoureux.

  • Pierre Fortin - Abonné 29 septembre 2015 10 h 00

    Transparence et crédibilité

    Monsieur Couillard a un problème de crédibilité. Son discours semble varier selon son auditoire et se résumer à des lignes de presse. Il ne semble pas avoir compris que le territoire du Québec, dont il est le fiduciaire et non l'exécuteur testamentaire, est l'affaire de tous les Québécois et que leur opinion doit prédominer au-delà de tous les intérêts.

    Déclarer qu’« il y a des secrets commerciaux là-dedans, c’est une compagnie qui est négociée en Bourse » nous montre où logent ses priorités et le peu de considération qu'il porte à la population. Et la conduite du ministre Heurtel, qui louvoie d'une erreur à l'autre, ne laisse rien présager de bon en matière d'ouverture et de transparence.

    Monsieur Couillard, qui « dit croire que l’évaluation conduite par son gouvernement concernant la possibilité de fracturation hydraulique devrait bien renseigner les Québécois », nous dit aussi entre les mots que cette fracturation hydrolique est toujours à l'ordre du jour malgré toute la controverse qui l'entoure. Rien ne l'empêche de positionner son gouvernement dès maintenant sur les contraintes que pose une telle technologie en regard de l'opposition déjà manifestée à son endroit.

    Il est bien difficile d'avoir confiance en M. Couillard et son gouvernement en matière de protection du territoire.

    • Bernard Plante - Abonné 29 septembre 2015 13 h 56

      M. Fortin, vous avez entièrement raison. D'ailleurs la seule fois où le gouvernement Couillard aborde apparemment sérieusement la question environnementale se trouve comme par hasard une semaine avant la rencontre de New York pour faire part de cibles "ambitieuses". Il s'agit donc simplement de propagande visant à se montrer en défenseur de l'environnement dans le but de faire oublier ce qui se trame en toile de fond. De la pure démagogie pour enfants. À tous les points de vue, ce gouvernement nous prend pour des imbéciles.