Rejet massif d’Énergie Est dans la région de Montréal

Selon les données diffusées par la CMM, 96 % des 4000 personnes qui ont répondu au questionnaire Web estiment que le projet de TransCanada n’est tout simplement « pas nécessaire ».
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Selon les données diffusées par la CMM, 96 % des 4000 personnes qui ont répondu au questionnaire Web estiment que le projet de TransCanada n’est tout simplement « pas nécessaire ».

Un questionnaire mis en ligne par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en vue des consultations publiques sur le projet Énergie Est indique qu’une majorité de citoyens de la région rejette la construction de ce pipeline conçu pour exporter le pétrole des sables bitumineux.

Selon les données diffusées par la CMM, 96 % des 4000 personnes qui ont répondu au questionnaire web estiment que le projet de TransCanada n’est tout simplement « pas nécessaire ».

Un total de 94 % des répondants « n’appuie pas le tracé actuellement proposé » par la pétrolière albertaine, qui souhaite faire transiter 1,1 million de barils de pétrole chaque jour en sol québécois.

Le coup de sonde de la CMM a également mis en lumière un certain nombre de préoccupations quant aux risques que représenterait le pipeline de TransCanada. Ainsi, 87 % des répondants se disent inquiets pour la protection du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des Outaouais et des cours d’eau en général.

« La protection des sources d’eau potable, des aquifères et des zones de recharge en cas d’incident » préoccupe 79 % des citoyens qui ont répondu au questionnaire. Suit la protection des milieux humides et des zones boisées durant la construction (61 %) et l’impact sur la hausse des émissions de gaz à effet de serre (58 %).

Stopper les sables bitumineux

« Tous les répondants souhaitent le développement de solutions alternatives au développement des sables bitumineux comme investir dans les énergies renouvelables et réduire notre consommation de pétrole », précise en outre la CMM dans le court document présentant les résultats du questionnaire mis en ligne du 20 août au 3 septembre.

Par ailleurs, le quart des répondants sont d’accord ou tout à fait d’accord avec l’affirmation qu’il y aura création d’emplois durant la période de planification et de construction de l’oléoduc. « Par contre, ce taux chute considérablement si on considère seulement la période d’exploitation », note la CMM.

Enfin, « la vaste majorité ne croit pas que ce projet sécurisera l’approvisionnement en produits pétroliers pour le Québec, aura des retombées fiscales pour les municipalités concernées ou diminuera les risques d’incident en matière de produits pétroliers par train, par bateau et par camion ».

La CMM débute ce soir à Longueuil les consultations publiques en lien avec le projet de pipeline Énergie Est. L’agglomération de Longueuil et l’Union des producteurs agricoles doivent présenter un mémoire ce mardi. Un total de 154 organisations et citoyens a fait part de leur intention de présenter un mémoire dans le cadre de cette consultation.

La semaine dernière, la Ville de Laval a signifié son opposition ferme au projet de TransCanada. Dans une longue liste de griefs contre la pétrolière albertaine, elle a notamment dit s’inquiéter des conséquences pour la population, mais aussi la protection de l’environnement et même la croissance des émissions de gaz à effet de serre liée au projet.

Projet majeur

Le projet Énergie Est est le plus important projet de pipeline actuellement en développement en Amérique du Nord. Celui-ci transportera 1,1 million de barils par jour, soit plus de 400 millions de barils par année. Avec ce projet, plus du tiers de la production des sables bitumineux passera en sol québécois d’ici cinq ans.

L’imposant tuyau qui devra être construit au Québec aura une longueur de plus de 720 kilomètres, soit près de la moitié de toute la longueur du pipeline à bâtir pour réaliser le projet.

Il traversera non seulement de très nombreux secteurs agricoles, mais aussi le territoire de plusieurs dizaines de municipalités des deux rives du Saint-Laurent. Tout au long de son tracé, le pipeline doit aussi traverser de nombreuses rivières majeures du sud du Québec, dont plusieurs sont utilisées comme source d’eau potable par les municipalités.

Avant même que le gouvernement du Québec ne débute l’évaluation environnementale du projet, TransCanada doit entreprendre des travaux préliminaires en vue de la construction de son pipeline, et ce, au cours des prochaines semaines. Des levés sismiques sont notamment prévus dans le fleuve Saint-Laurent, la rivière Batiscan et des milieux humides.

La décision finale concernant Énergie Est reviendra au gouvernement fédéral. Aucun des trois partis qui peuvent espérer prendre le pouvoir aux prochaines élections n'oppose un non définitif au projet de pipeline.

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 15 septembre 2015 16 h 52

    Le rabat joie

    La CMM n'a aucun pouvoir contre les décisions du gouvernement fédéral. Traitez-moi de rabat joie, mais j'ai malheureusement raison.

  • Gilles Théberge - Abonné 15 septembre 2015 17 h 18

    La décision

    Elle relève du fédéral. Autrement dit personne ne sait comment ma décision est prise.
    On sent très bien que cette décision ne sers pas dans le sens des intérêt du Québec.

    On est en campagne électorale..... Y a un parti qui prends à cœur les intérêts du Québec.....

    • Josée Pelletier - Abonnée 15 septembre 2015 20 h 41

      Dilem !

      À part le Bloc, Monsieur, personne.

      Hélas nous ne sommes pas propriétaire de notre territoire...

  • Réal Bergeron - Abonné 15 septembre 2015 17 h 59

    Non, c'est non!

    Si les élus de la CMM respectent leur mandat de représenter leurs citoyens - et non de défendre des intérêts corporatifs, si cette consultation a réellement pour but d'orienter leur position sur le projet Énergie Est, alors la CMM devra dire non à ce projet.

  • Yves Corbeil - Inscrit 15 septembre 2015 20 h 05

    J'espère qu'il comprendra

    Qu'avec le rejet massif des Québécois qui est en voie de se faire entendre partout dans la province que le gouvernement Couillard ne forcera son peuple à le poursuivre en cour si il ne tient pas compte de notre refus total des projets de pétrole chez nous.

    Oui, nous utilisons du pétrole, parce qu'ils ne font rien de concret pour nous en sortir à terme donc on l'achète. Mais nous ne sommes pas un état pétrolier, ne voulons pas le devenir et ne voulons pas devenir une autouroute de tuyaux pour que l'ouest Canadien qui n'a rien à foutre de nous 364 jours par année écoule sa merde en Asie puis en Europe en passant par chez nous.

    Leurs tuyaux maudits qu'ils les passent par la Baie d'Hudson les ''westerners'' comme leurs ancêtres avec les peaux de castors.

    On vous le dits vous n'êtes pas bienvenue chez nous avec ça.

    Et si notre gouvernement n'écoute pas la voix des Québécois, bien on le destituera pour manquement à son devoir de servir son peuple selon ses désirs et convictions.

    Il y a toujours bien des limites à faire le contraire de ce que les gens veulent ou ne veulent pas.

    M.Couillard, il n'y aura pas de béluga cette fois mais plus des trois quarts des citoyens du québec contre vous, si vous allez de l'avant avec ça.

    Il y aurait surement un cabinet payé à même nos impôts qui s'occuperait du dossier et ça ferait surement jurisprudence pour la fonction de gouvernement au Québec. Je sais pas je ne connais pas le droit mais tu peux surement pas faire ce que tu veux quand le peuple s'y oppose avec insistence.

    Faut arrêter de rire de nous, à un certain moment ce n'est plus votre ''game'' fédéraliste.