Terrebonne dit non au pipeline de TransCanada

Un autre pipeline traverse déjà le territoire de Terrebonne, soit le 9B, opéré par Enbridge. Le tuyau traverse notamment des secteurs résidentiels, directement dans la cour des citoyens, mais aussi à quelques mètres de la porte d’un CPE.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Un autre pipeline traverse déjà le territoire de Terrebonne, soit le 9B, opéré par Enbridge. Le tuyau traverse notamment des secteurs résidentiels, directement dans la cour des citoyens, mais aussi à quelques mètres de la porte d’un CPE.

Alors que TransCanada s’apprête à démarrer les travaux préliminaires au Québec en vue de la construction du pipeline Énergie Est, la Ville de Terrebonne affirme son opposition au projet d’exportation de pétrole tel que présenté par la multinationale.

« Dans sa forme actuelle, Énergie Est est un projet incompatible avec le développement de Terrebonne, a fait valoir mercredi le maire de la municipalité, Jean-Marc Robitaille, par voie de communiqué. D’une part, TransCanada n’a pas fait la démonstration des retombées économiques pour notre ville. Ensuite, le tracé proposé traverse des écosystèmes prioritaires et des terres agricoles et se retrouve à proximité de plusieurs sources d’eau. »

« Le tracé de l’oléoduc contribue également au morcellement du territoire, ce qui rend plus difficile la mise en oeuvre d’un plan d’aménagement du territoire cohérent, a ajouté le maire de cette municipalité de 110 000 habitants. Nous nous opposons donc à la forme actuelle du projet pour des raisons environnementales, pour des raisons sécuritaires et aussi pour des raisons économiques. »

Selon M. Robitaille, la population de la ville « n’a rien à gagner » avec la construction de ce pipeline conçu pour faciliter l’exportation du pétrole des sables bitumineux.

Mémoire à la CMM

Terrebonne a d’ailleurs produit un mémoire en vue des consultations que tiendra la Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur le projet de pipeline Énergie Est.

Le document fait état de « nombreuses préoccupations » pour lesquelles la forme actuelle du projet n’offrirait pas de réponses satisfaisantes. La Ville dit notamment constater qu’« Énergie Est n’a pas procédé aux études d’impact nécessaires puisque le projet ne fournit pas de données quant à la vulnérabilité des aquifères sur le territoire de Terrebonne ».

Terrebonne souligne aussi des « inquiétudes » quant à la protection des milieux naturels et des terres agricoles. Le projet causerait en outre, selon la municipalité, la perte d’espaces boisés « pour lesquels TransCanada ne propose pas de compensation financière adéquate ».

Selon la plus récente mise à jour du projet pétrolier, le tracé proposé de l’oléoduc Énergie Est de TransCanada traverserait la ville de Terrebonne sur une distance de 12,8 km (10 km de conduite principale dans le secteur La Plaine, à l’extrémité nord-ouest de la ville et 2,8 km de conduite latérale dans le secteur de Lachenaie). La plus grande proportion du tracé parcourra les terres agricoles.

Un autre pipeline traverse déjà le territoire de Terrebonne, soit le 9B, opéré par Enbridge. Le tuyau traverse notamment des secteurs résidentiels, directement dans la cour des citoyens, mais aussi à quelques mètres de la porte d’un CPE. Ce pipeline devrait transporter sous peu près de 300 000 barils de pétrole brut de l’Ouest chaque jour vers Montréal.

Face à l’ampleur du projet de TransCanada et des inquiétudes qu’il soulève, la CMM a décidé de lancer une consultation qui se tiendra au cours des prochaines semaines, notamment sous la forme de séances publiques. Jusqu’à présent, 154 organisations et citoyens ont fait part de leur intention de présenter un mémoire dans le cadre de cette consultation.

Toutes les municipalités locales et régionales de comté concernées par le projet déposeront un mémoire à la commission. Selon les informations qui circulaient mercredi en fin de journée, la Ville de Laval devrait elle aussi manifester sa ferme opposition au projet Énergie Est dans le cadre de son mémoire qui doit être rendu public jeudi.

Projet majeur

Le projet Énergie Est est le plus important projet de pipeline actuellement en développement en Amérique du Nord. Celui-ci transportera 1,1 million de barils par jour, soit plus de 400 millions de barils par année. Avec ce projet, plus du tiers de la production des sables bitumineux passera en sol québécois d’ici cinq ans.

L’imposant tuyau qui devra être construit au Québec aura une longueur de plus de 720 kilomètres, soit près de la moitié de toute la longueur du pipeline à bâtir pour réaliser le projet.

Il traversera non seulement de très nombreux secteurs agricoles, mais aussi le territoire de plusieurs dizaines de municipalités des deux rives du Saint-Laurent. Tout au long de son tracé, le pipeline doit aussi traverser de nombreuses rivières majeures du sud du Québec, dont plusieurs sont utilisées comme source d’eau potable par les municipalités.

Avant même que le gouvernement du Québec ne débute l’évaluation environnementale du projet, TransCanada doit entreprendre des travaux préliminaires en vue de la construction de son pipeline, et ce, au cours des prochaines semaines. Des travaux sont notamment prévus dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Batiscan.

La décision finale concernant Énergie Est reviendra au gouvernement fédéral. Aucun des trois partis qui peuvent espérer prendre le pouvoir aux prochaines élections ne s’oppose au projet de pipeline.

9 commentaires
  • Normand Renaud - Inscrit 10 septembre 2015 00 h 00

    Question de temps

    Que la municipalité ait adopté cette résolution, parfait. Mais même le gouvernement du Québec ne pourra s'y opposer quand le projet obtiendra le feu vert du fédéral via l'ONÉ. On est pas maître de notre territoire et même M. Couillard malgré qu'il joue au finaud ne s'y opposera pas dans son élan de fier canadien.

  • Jean-François Laferté - Abonné 10 septembre 2015 06 h 08

    Assez c'est assez!

    Je salue mon maire,Jean-Marc Robitaille pour sa prise de position.
    Nous ne serons un puits à ciel ouvert...
    Jean-François Laferté
    Terrebonne

    • Emmanuel Lyng-Sabatier - Inscrit 12 septembre 2015 16 h 58

      Ils ont raison. Nous devrions demander un referundum sur le petrole et voir ce que les quebecois veulent. L'eau vaut plus chère que le pétrole e pourtant ce sont nos réserves d'eau que nous mettrons en danger.

      Le Québec pourrait devenir un exportateur d'eau plutot que de pétrole. De nombreux pays manquent d'eau pourquoi ne pas en faire du commerce?

  • Cyril Dionne - Abonné 10 septembre 2015 07 h 36

    Bravo Terrebonne.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 septembre 2015 07 h 55

    Oléoduc/train

    Au programme de télé dimanche, la question a été posée : Quel est le système le plus sécuritaire pour le transport de pétrole ? Et la réponse fut : Malgré le sensationnalisme des accidents ferroviaires, les oléoducs ont déversé trois fois plus de pétrole sur le territoire que les trains. Faites vos propres conclusions.

    PL

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 septembre 2015 08 h 05

    Une

    «Une» heure de programmation : Découverte.

    «Une» question directe : Quel est le système le plus sécuritaire pour le transport de pétrole ?

    «Une» réponse sans équivoque : Malgré le sensationnalisme des accidents ferroviaires, les oléoducs ont déversé trois fois plus de pétrole sur le territoire que les trains.

    Tirez vos propres conclusions.

    PL

    • Gaétan Fortin - Inscrit 10 septembre 2015 16 h 49

      Sauf qe les oléoducs passent rarement dans le centre habité des
      villes.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 septembre 2015 18 h 14

      Vérifiez votre base d'argument, l'oléoduc passe dans ma cours et je demeure «dans» une ville. Je ne nommerai pas laquelle, mais pas loin de Mtl.

      PL

    • Cyril Dionne - Abonné 11 septembre 2015 07 h 33

      M. Lefebvre, le pipeline de l'enfer passe pas très loin de chez moi et je vis en Ontario. Pas dans ma cour.