L'Union des consommateurs estime le projet injustifié

L'Union des consommateurs ne croit pas à «l'urgence» invoquée par Québec pour justifier l'approbation de la centrale thermique du Suroît, car «ce projet ne faisait pas partie de l'appel d'offres d'Hydro-Québec Distribution pour 2006-07», débattu et autorisé par la Régie de l'énergie, un forum où la justification de besoins aussi criants aurait dû être mise sur la table, affirme sa porte-parole, Manon Lacharité.

Pour l'Union des consommateurs, «si urgence il y a, celle-ci semble avoir été créée de toutes pièces par Hydro-Québec, qui voulait réduire le seuil de rentabilité de l'efficacité énergétique en limitant le coût des nouveaux projets de production à 3 ¢ du kilowattheure». Hydro devrait plutôt combler les besoins anticipés avec un programme de chauffage au gaz naturel des nouvelles maisons, un chauffage dont l'efficacité est supérieure à 90 %, plutôt que de brûler ce gaz dans une centrale thermique dont le niveau d'efficacité ne dépasse pas 60 %, ajoute Mme Lacharité.

Du côté d'Équiterre, on demandait au gouvernement Charest de déposer sans plus attendre un plan complet de mise en oeuvre du protocole de Kyoto car, avec la mise en service du Suroît et la hausse des tarifs des transports en commun, les décisions gouvernementales ne cessent de provoquer de nouvelles hausses des émissions de gaz à effet de serre.

Pour le Parti vert du Québec, les décisions du gouvernement Charest en matière de transports en commun et à propos du Suroît s'ajoutent à la réduction de 45 % depuis 1987 des investissements québécois dans la recherche en efficacité énergétique et de plus de 55 % en ce qui a trait aux énergies renouvelables. Du «pelletage» de problèmes sur la prochaine génération, selon le porte-parole des verts, Xavier Daxhelet.