Daniel Green dénonce la négligence de Parcs Canada

Le canal de Lachine a été contaminé la semaine dernière en raison de deux épisodes de fortes pluies qui ont causé des débordements d’égouts à la hauteur de la canalisation Rockfield.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le canal de Lachine a été contaminé la semaine dernière en raison de deux épisodes de fortes pluies qui ont causé des débordements d’égouts à la hauteur de la canalisation Rockfield.

L’environnementaliste et lieutenant québécois du Parti vert au Québec, Daniel Green, critique sévèrement Parcs Canada pour la lenteur de sa réaction à la suite de la contamination du canal de Lachine survenue la semaine dernière.

« C’est parfaitement inadmissible de laisser les citoyens s’approcher des eaux lorsqu’elles sont potentiellement dangereuses, fait valoir M. Green, candidat dans Ville-Marie–Le Sud-Ouest, une circonscription traversée par le canal de Lachine. Régler une fois pour toutes [le problème de] la qualité des eaux du canal de Lachine, et c’est parfaitement faisable, fait partie de mes priorités pour cette circonscription. Je veux que les citoyens d’ici s’amusent et découvrent l’eau avec leurs enfants avec plaisir et sans souci. »

Le canal de Lachine a été contaminé la semaine dernière en raison de deux épisodes de fortes pluies qui ont causé des débordements d’égouts à la hauteur de la canalisation Rockfield. Des eaux usées se sont donc déversées dans le canal pendant près de deux heures.

Le protocole de Parcs Canada, en cas de contamination, prévoit l’installation d’affiches pour informer les usagers et les plaisanciers que l’accès à l’étendue d’eau est interdit pour une période de 72 heures.

Problème récurrent

Le problème, déplore M. Green, c’est que Parcs Canada a mis plusieurs heures avant d’avertir les plaisanciers et les entreprises louant des embarcations sur le canal de Lachine. La baignade y est interdite, mais Daniel Green craint que des usagers mis en contact avec l’eau contaminée par des coliformes fécaux soient tombés malades. « Je trouve que Parcs Canada joue dangereusement avec la santé des gens », lance-t-il.

M. Green a longtemps analysé la qualité des eaux du canal de Lachine en tant que coprésident de la Société pour vaincre la pollution (SVP). Il milite donc pour protéger ces eaux des fréquents débordements d’égouts.

La Ville de Montréal a déjà promis d’agir pour régler ce problème en construisant quatre nouveaux bassins de rétention sur son territoire, dont un en bordure du canal de Lachine. Il existe actuellement 140 de ces bassins sur l’île de Montréal.

Au moment d’annoncer cet investissement en 2010, le maire d’alors, Gérald Tremblay, a souligné que trois déversements d’eaux usées surviennent chaque année dans le canal de Lachine, alors que les normes gouvernementales ne permettent qu’un déversement tous les cinq ans.

La construction des bassins devait débuter en 2011, pour être terminée en 2015. Une porte-parole de la Ville, Valérie De Gagné, a cependant indiqué mardi que les travaux de construction du bassin de rétention concernant le canal de Lachine ont débuté en août 2014 et devraient se terminer en 2017.

Un nouveau délai qui exaspère Daniel Green. « Même 2017, j’ai de la difficulté à y croire, dit-il. La Ville va arrêter de polluer le canal seulement si Parcs Canada se fâche. »

Parcs Canada souligne qu’en cas de déversement d’eaux usées, un avis est « aussitôt » envoyé aux entreprises et aux habitants installés en bordure du canal et que des affiches sont apposées aux abords de la voie navigable.

« À la suite des épisodes de surverse survenus à la mi-juillet, nous avons apporté des ajustements au protocole de communication afin d’assurer une plus grande efficacité dans la transmission de l’information », a fait savoir le porte-parole Simon Boiteau.

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