La France appelle à des compromis «dès maintenant»

À quatre mois de la conférence de Paris sur le climat, la France a appelé lundi les politiciens à chercher des compromis « dès maintenant », en recevant les représentants de 45 pays pour une réunion visant à accélérer les négociations en vue d’un accord contre le réchauffement planétaire.

« Ces deux jours, nous allons essayer d’accélérer la marche vers l’accord », a dit le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, aux responsables d’une quarantaine de pays, ministres et chefs de délégation, réunis à l’invitation de la France et représentant l’ensemble des coalitions régionales parties à la négociation.

« Car nos négociateurs techniques butent encore sur une série de grandes questions politiques, a-t-il souligné. Il nous faut, nous ministres, chercher dès maintenant les compromis sur les grandes questions politiques qui se posent, et c’est sur cette base que nos négociateurs vont pouvoir avancer. »

Le temps est compté, car il reste dix jours de négociations formelles avant la conférence de Paris, qui réunira, fin novembre, 195 États sous l’égide de l’ONU.

« Les options restent extraordinairement ouvertes, le texte n’est pas négociable en l’état et le temps presse pour arriver à des éléments de convergence », résumait récemment la négociatrice française, Laurence Tubiana.

Lors du dernier tour de pourparlers officiels tenu à Bonn en juin, les délégués ont peu avancé sur le texte de négociation, un document long et confus qui intègre encore toutes les options possibles.

Une version amincie et rationalisée doit être présentée le 24 juillet par les deux coprésidents des débats, qui devrait servir de base de discussion à la prochaine session, prévue du 31 août au 4 septembre, à Bonn.

La communauté internationale s’est fixé en 2009 l’objectif de contenir la hausse du thermomètre mondial sous les 2 °C, seuil-charnière si le monde veut éviter des impacts graves et irréversibles pour les sociétés comme les écosystèmes.

Comme pour rappeler l’urgence des mesures, l’agence météorologique américaine a publié lundi un nouveau rapportsoulignant que le premier semestre 2015 avait été le plus chaud jamais enregistré sur la planète, avec des températures records à la surface terrestre et maritime.

Deux questions majeures

« Le temps est venu d’être pragmatique », a déclaré, à l’ouverture de la réunion de Paris lundi, le Péruvien Jorge Voto Bernales, dont le pays avait présidé la conférence sur le climat de 2014: « Chacun de nous devra mettre face à face ce qu’il préférerait et le risque qu’il n’y ait pas d’accord », a-t-il prévenu.

La réunion sera consacrée à deux des questions majeures qui formeront le socle de l’accord espéré : la répartition de l’effort entre pays développés et pays en développement, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, source du réchauffement. Et le niveau d’ambition du futur accord (2 °C ? 1,5 °C ?).

Deux questions « sur lesquelles il faut que nous avancions », a insisté M. Fabius, tout en se disant « convaincu qu’il y a une volonté de réussir ».

Quatre ministres, de l’Allemagne, de la Bolivie, du Brésil et de Singapour, serviront de « facilitateurs » dans ces ateliers. À l’issue de la réunion, mardi soir, la France tirera un bilan, qui sera posté sur le site de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques.

L’objectif est aussi de mobiliser les politiques suffisamment en amont, une leçon tirée de l’échec de la conférence de Copenhague en 2009, quand les chefs d’État avaient été appelés à la rescousse en dernière minute.

« L’idée qu’on pourrait trouver un compromis ambitieux de dernière minute, c’est une illusion et une leçon que nous avons tous tirée de Copenhague, a aussi dit M. Fabius. Si on veut que l’accord soit présenté et adopté en temps utile, tout ça doit être préparé. »

Une autre réunion informelle, prévue les 6 et 7 septembre à Paris, sera consacrée aux financements des politiques sur le climat. La question financière reviendra à Lima en octobre, en marge d’une assemblée FMI-Banque mondiale. Une « pré-COP » aura lieu début novembre, à Paris probablement.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 21 juillet 2015 10 h 36

    Espérons que le Canada

    y sera, non représenté par les Conservateurs.

    Les élections auront eu lieu en octobre. Espérons+++