L’ONE juge qu’Enbridge exploite ses pipelines de façon «sécuritaire»

Réalisé sur 15 mois, l'audit a porté sur différents aspects des activités d’Enbridge, intégrant des inspections, des entrevues et un examen de documents.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Réalisé sur 15 mois, l'audit a porté sur différents aspects des activités d’Enbridge, intégrant des inspections, des entrevues et un examen de documents.

L’Office national de l’énergie (ONE) juge que la pétrolière albertaine Enbridge exploite ses pipelines « de façon sécuritaire ». C’est ce que conclut l’organisme à la suite de l’audit réalisé pour les installations de l’entreprise et rendu public mercredi.

« L’audit mené a permis à l’Office de constater que les systèmes actuels de la société fonctionnaient bien », a ainsi indiqué par voie de communiqué l’Office national de l’énergie, au moment de publier le rapport très technique de l’audit.

Réalisé sur 15 mois, celui-ci a porté sur différents aspects des activités d’Enbridge et a intégré « des inspections sur le terrain, des entrevues avec du personnel de l’entreprise ainsi qu’un examen approfondi des documents portant sur la sécurité et la protection de l’environnement ».

L’ONE a néanmoins relevé plusieurs « situations de non-conformité » au Règlement de l’Office national de l’énergie sur les pipelines terrestres, et ce, dans divers domaines, dont les aspects environnementaux, de sécurité et de sensibilisation du public. Ces constats ne constitueraient toutefois pas un risque pour le public ou l’environnement, selon l’organisme fédéral.

Des mesures « correctives »devront cependant être misesen place, selon ce qui se dégage de la documentation publiée mercredi. « L’Office est d’avis que les améliorations à apporter faciliteront le passage à une culture de sécurité plus robuste », a précisé l’ONE dans son communiqué. Dans le cadre du processus d’audit de l’Office, la prochaine étape consiste d’ailleurs à exiger de la pétrolière qu’elle présente un plan de mesures correctives portant sur tous les points de non-conformité relevés.

Chaque année, en sa qualité d’organisme de réglementation national du secteur énergétique, l’Office mène six audits pour remplir son mandat de vérification de la conformité aux exigences par les sociétés relevant de sa compétence.

Tests de solidité

Cette bonne note de l’ONE constitue une bonne nouvelle pour la pétrolière, qui souhaite notamment acheminer du pétrole de l’Ouest jusqu’à Montréal. Le pipeline 9B devrait ainsi acheminer chaque jour 300 000 barils de brut d’ici la fin de 2015.

L’ONE a toutefois demandé en juin à Enbridge d’effectuer des tests de solidité sur certaines portions de l’oléoduc 9B, tout en excluant l’essentiel de la portion québécoise de ce tuyau construit en 1975.

L’organisme exige ainsi que la pétrolière albertaine réalise des tests « hydrostatiques », qui consistent à injecter de l’eau dans le pipeline afin d’évaluer de possibles problèmes d’étanchéité. Ceux-ci seront menés sur trois tronçons du tuyau, situés aux environs de Hilton, en Ontario, entre Kingston et Brockville, et à Mirabel, au Québec.

L’essentiel de la portion québécoise de l’oléoduc est donc exclu des tests exigés. Cela comprend les municipalités de Terrebonne, Laval et Montréal-Est. Dans ces secteurs, le pipeline passe littéralement dans la cour de plusieurs résidences, près d’écoles primaires ou encore directement dans la cour d’un Centre de la petite enfance (CPE). Il traverse aussi la rivière des Mille-Îles et la rivière des Prairies.

Selon ce qu’a fait valoir l’ONE, les sections où seront menés des tests de solidité ont été déterminées après analyse des travaux d’inspection réalisés par Enbridge. Dans certains cas, ceux-ci ont révélé des « imperfections » qui justifient des tests supplémentaires.

Quant aux traversées de cours d’eau, l’ONE demande à Enbridge de mener des inspections visuelles toutes les deux semaines. Ces inspections débuteront lorsque lepipeline transportera du pétrole brut jusqu’à Montréal. Qui plus est, la pétrolière ne pourra pas, pour les deux premières années, transporter plus de 270 000 barils par jour.

Rappelons que l’oléoduc 9B traverse plusieurs cours d’eau du sud du Québec. Une rupture du tuyau pourrait menacer directement des sources d’eau potable de la région métropolitaine.

Ce pipeline avait jusqu’à présent une capacité de transport quotidienne de 240 000 barils. Celle-ci sera donc revue à la hausse, ultimement à 300 000 barils, avec le projet d’inversion. L’ONE a autorisé le projet d’Enbridge en mars 2014. Celui-ci doit servir à alimenter la raffinerie de Suncor, située à Montréal, mais aussi celle-ci de Valero, à Lévis. Cela signifie que des navires chargés de brut navigueront sur le fleuve entre Montréal et Lévis.

6 commentaires
  • Gilles Gagné - Abonné 15 juillet 2015 19 h 10

    Qui donc pensait que l'ONE donnerait une opinion différente?

  • Pierre Vaillancourt - Abonné 15 juillet 2015 19 h 43

    Qui est imputable ?

    Qui a signé ce rapport ?

    Qui était en charge de cette enquête ?

    C'est bien beau de dire que les systèmes actuels de la société Enbridge fonctionnent bien et qu'elle exploite ses pipelines « de façon sécuritaire », mais il doit certainement y avoir une personne qui était officiellement en charge du comité qui a produit ce rapport.

    Dans des dossiers aussi importants que celui-ci, notamment parce qu'on parle de risques pour l'approvisionnement en eau potable pour Montréal et Laval, je pense qu'on est en droit de savoir qui sont les personnes signataires de ce rapport qui se veut rassurant.

    Je pense aussi que ces personnes doivent être au moins minimalement imputable de la qualité de leur enquête, surtout quand on sait que le bureau chef de l'Office national de l'énergie (ONE) est situé à Calgary, tiens donc, et qu'un bon nombre des membres de son conseil d'adminstration ont auparavant oeuvré au sein du secteur privé de l'énergie, dont celui du pétrole. Quelle étrange coïncidence... Décidemment, Ionesco aurait eu du plaisir s'il était encore vivant.

    À défaut de connaitre les réels signataires de ce rapport, ce serait donc le président de l'ONE, M. Peter Watson, qu'il faudrait poursuivre en justice si un accident survenait rapidement après la remise en fonction de ce foutu pipeline. En effet, si l'étude qui a été menée est le moindrement sérieuse, il n'y a aucune raison pour que rapidement tout cela nous pète dans les mains ou... dans les affluents du Saint-Laurent et derrière nos garderies, devrais-je dire.

  • Pierre Vaillancourt - Abonné 15 juillet 2015 20 h 30

    Et vive le bon vieux « duck tape » !

    Sur la photo, on voit deux sections du pipeline qui ne semblent pas de la même génération. En tout cas, pas de la même couleur...

    À la jonction des deux sections, on voit ce bon vieux « duck tape » que nous connaissons tous : un produit solide et fiable.

    Assez fiable pour contribuer à la solidité d'un tuyau de plus de 40 ans dans lequel circuleront, quotidiennement, jusqu'à 300 000 BARILS de pétrole lourd.

    C'est bien pour dire : on pense que ça prend de la grosse technologie pour sécuriser une telle opération, mais en fin de compte, on se rabat encore et toujours sur ce bon vieux duck tape.

    C'est bon de savoir qu'il y a des traditions qui ne se perdent pas !

    Avouez que c'est rassurant, n'est-ce pas M. Peter Watson ?

  • André Côté - Abonné 16 juillet 2015 09 h 14

    Enfoncer un clou...

    Quand on veux enfoncer un clou, on frappe et on frappe, encore et encore... Il finira bien par s'enfoncer. C'est un peu l'impression que donne cette nouvelle information venant de l'ONE. Une autre démarche des prétrolières pour nous convaincre du bien fondé de leur entreprise?

  • Yves Corbeil - Inscrit 16 juillet 2015 13 h 19

    ONE

    Un organisme pro Canadian Oil de Calgary qui nous dit que tout va bien avec les pipelines Endbridge. C'est aussi crédible que Joe Oliver et Stephen Poloz qui nous disent que tout va bien et inquiètez-vous pas il n'y en aura pas de récession au Canada puis Stephen et son équipe qui nous sollicite pour un autre mandat en nous disant que le Canada très généreux sur le plan d'aide internationnale a fait progresser sa notoriété sous son gouvernement.