Le réchauffement global risque de provoquer migrations et terrorisme

Paris — Les pénuries alimentaires et baisses des réserves en eau induites par le réchauffement risquent d’entraîner d’importantes migrations de population, désorganiser les États et favoriser le terrorisme, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique, mettent en garde des experts internationaux.

Dans un rapport intitulé : « Changement climatique, une évaluation des risques », des scientifiques, des analystes politiques et des experts en risques financiers et militaires dressent un tableau sombre de l’avenir de l’humanité en proie au réchauffement climatique.

Avec la hausse du niveau des mers, la surface des zones de production agricole et d’habitations va se restreindre, ce qui devrait favoriser les conflits, en particulier dans les régions déjà instables comme le Moyen-Orient et l’Afrique.

Face à d’importants problèmes

Avec déjà un réchauffement planétaire moyen de 0,8 degrés Celsius depuis la Révolution industrielle, la planète fait face à « des problèmes importants », souligne le rapport.

« Un changement climatique plus important entraînera probablement d’énormes risques pour la sécurité nationale et internationale » car la raréfaction de l’eau potable et des terres cultivables deviendra « source de conflit ».

Le problème actuel des réfugiés en Europe semblera insignifiant face aux mouvements de population énormes qui seront engendrés par les désastres climatiques à venir, selon ces experts. « Dans certaines régions, les migrations pourraient devenir plus une nécessité qu’un choix, et se produire à une échelle jamais vue jusqu’à présent », selon le rapport.

Situations déstabilisatrices

De telles situations devraient déstabiliser des États qui aujourd’hui peuvent paraître solides, tout particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avertissent les experts.

La croissance de la population en Afrique subsaharienne, la région la plus touchée au monde par les problèmes alimentaires, va exacerber ces problèmes.

Le changement climatique exercera une pression déstabilisatrice sur plusieurs pays et régions en même temps, réduira les capacités d’intervention des gouvernements et laissera sans administration des territoires entiers.

Ce vide du pouvoir favorisera l’émergence de groupes terroristes, qui n’auront aucun mal à recruter parmi des populations marginalisées et paupérisées, souligne encore ce rapport élaboré par plus de 40 experts et destiné à éclairer les gouvernements dans leurs choix.

8 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 13 juillet 2015 14 h 59

    La ruée vers l'eau

    Après la ruée vers l'or, ce sera la ruée vers l'eau.

    Une ruée essentielle elle sera. Pour le pire, je crains fortement.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 13 juillet 2015 16 h 07

      Effectivement... et malheureusement, en ce qui concerne l'or, 99% de la population pouvait s'en passer, mais en ce qui concerne l'eau, 100% en aura besoins, SANS COMPTER les animaux et les plantes... mais la grosse majorité ont encore les yeux fixé sur l'argent, pensant que le pouvoir de l'argent leur permettra d'avoir toute l'eau qu'il veulent, même pour remplir leur piscine et arroser leur terrain de golfe. Et ont continue toujours, vs nos gouvernements, de développer les gaz et les énergies fossiles, et bouder les énergies propres. Quand les pouvoirs décisionnels se réveilleront, il sera sûrement trop tard pour la grande majorité de la population du globe...

  • Gilles Théberge - Abonné 13 juillet 2015 15 h 16

    Quoi?

    «des analystes politiques et des experts en risques financiers et militaires dressent un tableau sombre de l’avenir de l’humanité en proie au réchauffement climatique.»

    Quels analystes? Quels experts? Pour le compte de qui? Où est publiée ce rapport?

    Il me semble que cette information est mince...

    • Daniel Bérubé - Inscrit 13 juillet 2015 16 h 10

      Très belle réflexion... fermons les yeux, bouchons-nous les oreilles et crions à plein poumons !

      Le réveil ne sera que plus brutal...

    • Jean Richard - Abonné 13 juillet 2015 19 h 38

      L'ennui, c'est que ce type d'information, basculée n'importe comment par les agences de nouvelles (des fabricants de nouvelles-marchandises, c'est-à-dire des nouvelles qui se vendent) nuit beaucoup plus qu'il aide.
      Les détracteurs ou les opposants à la thèse des changements climatiques ne se priveront pas de jouer sur la crédibilité de tels articles.

      Ces articles sont même un peu tendancieux. On insinue quasiment que le terrorisme vient de l'Afrique et du Moyen-Orient et que la rareté de l'eau potable viendra accentuer les sources de conflit. Un peu réducteur...

    • Roxane Bertrand - Abonnée 13 juillet 2015 20 h 10

      Cette article fait suite à l'affirmation de monsieur Couillard disant que le Québec devra se faire à l'idée d'accueillir plus d'immigrant.

    • André Côté - Abonné 14 juillet 2015 10 h 44

      Les climato-sceptiques, par définition, résistent à toutes les études qui ne se démentent pas quant aux dangers du réchauffement climatique. Se faire une opinion sur la base d'une seule étude peut être fragile, j'en conviens, mais quand toutes les études, les unes après les autres, mènent aux mêmes conclusions, il me semble qu'on doive prendre la situation au sérieux, ne croyez-vous pas?

    • Simon-Pier Labelle-Hogue - Inscrit 14 juillet 2015 15 h 45

      Pour ceux qui se demandaient qui sont les experts qui ont rodé l'étude (David King, Daniel Schrag, Zhou Dadi, Qi Ye et Arunabha Ghosh), les dizaines de contributeurs qui s'ajoutent à leur nombre ainsi que leurs organismes d'attache, je vous suggère de simplement lire le rapport, qui est éclairant, malgré quelques défauts mineurs (quand on couvre un spectre aussi large, rien n'est jamais parfait).
      (http://www.csap.cam.ac.uk/media/uploads/files/1/cl