«Trop de gens sont encore endormis»

Le continent américain doit rattraper le temps perdu en matière de réchauffement climatique et être un acteur de premier plan dans cinq mois à la conférence de Paris, selon les participants au Sommet des Amériques sur le climat qui a pris fin jeudi.

« Trop de gens sont encore endormis. Ils sont sur le Titanic tout en continuant à boire du champagne, alors que le navire coule », a lancé le gouverneur de la Californie, Jerry Brown.

L’élu démocrate a particulièrement critiqué le premier ministre canadien, Stephen Harper, et sa politique d’exploitation du pétrole des sables bitumineux, mais aussi les élus républicains majoritaires au Congrès américain qui ne semblent pas, selon lui, prendre la pleine mesure de la menace qui plane sur l’humanité.

Des représentants du monde des affaires et de la société civile, mais aussi des responsables politiques régionaux, se sont engagés lors des deux jours de conférence à Toronto à agir en signant une toute première déclaration panaméricaine.

Engagement commun

Outre leur appui à la tarification du carbone, les signataires se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % à 95 % d’ici 2050 sur la base des émissions en 1990. Cette initiative commune de la Californie et du land allemand du Bade-Würtemberg a également été signée par la région Rhône-Alpes en France.

Les engagements pris à Toronto « nous rapprochent de la conclusion d’une entente progressive » au sommet mondial sur le climat à Paris (COP21) en décembre, a estimé la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, hôte du Sommet des Amériques sur le climat.

Le statu quo économique est insoutenable à long terme et la conférence de Paris constitue une occasion de repenser le modèle de croissance « sans altérer de façon irrémédiable le climat », a-t-elle ajouté. La lutte contre les changements climatiques n’est pas un frein à l’économie, a estimé la Commission mondiale sur l’économie et le climat, composée d’experts et présidée par l’ancien président du Mexique Felipe Calderón.

Il est parfaitement possible de conjuguer croissance économique soutenue et action positive sur le climat, a indiqué jeudi M. Calderón en présentant une dizaine de mesures, comme la mise en oeuvre de villes intelligentes ou la tarification du carbone, pour réduire de 96 % les émissions de GES d’ici 2030 et limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 degrés.

3 commentaires
  • Jean-Paul Garnier - Inscrit 9 juillet 2015 17 h 34

    Marcel Léger avait raison !

    Al Gore vient enfin de découvrir que l'environnement peut être une souce de développement économique. C'est très exactement ce que Marcel Léger, ministre de l'environnement du gouvernement Lévesque, proclamait...dans les années 80 !

    • Jean Santerre - Abonné 10 juillet 2015 05 h 48

      Mais, c'est pourtant si évident!
      On a perverti le mot économie en asservissant l'homme à son idée mal défini.
      On a tout faux!
      L'économie doit servir l'homme, le nourrir, le loger, l'éduquer et s'assurer qu'il soit en santé dans un mode ou il y a en abondance tout ce qu'il faut pour s'épanouir et s'ennoblir.
      L’homme ne doit pas servir l’économie, mais il doit s’en servir pour ses fins.
      Et cela c'est une source de création d'emploi que l'ont à peine à créer en répliquant stupidement des modèles qui ne fonctionne pas en ce sens et aggrave davantage la condition humaine.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 juillet 2015 08 h 53

    Trop de gens sont encore endormis.

    Et malheureusement ceux qui sont le plus endormis sont au pouvoir !

    PL