Une marche pour dire non au «pétrole sale»

La communauté, marquée à jamais par la tragédie du 6 juillet 2013, marche ce samedi pour dénoncer le retour prévu dès janvier du transport ferroviaire du pétrole au centre-ville de Lac-Mégantic.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La communauté, marquée à jamais par la tragédie du 6 juillet 2013, marche ce samedi pour dénoncer le retour prévu dès janvier du transport ferroviaire du pétrole au centre-ville de Lac-Mégantic.

Deux ans plus tard, le transport de matières combustibles par train fait toujours craindre le pire à Lac-Mégantic. La communauté, marquée à tout jamais par la tragédie du 6 juillet 2013, marche ce samedi pour dénoncer le retour prévu dès janvier du transport ferroviaire du pétrole au centre-ville de Lac-Mégantic.

Les quelque 500 personnes attendues samedi à partir de 13 h souhaitent faire passer un message aux élus locaux ainsi qu’à la Central Maine and Quebec (CMQ) Railway, successeure de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA), dont les convois furent impliqués dans le drame ayant coûté la vie à 47 personnes. « Samedi, nous allons croiser les bras, pour dire non. Non au pétrole sale et oui à notre sécurité, oui à notre quiétude d’esprit », explique en entrevue Jonathan Santerre, derrière la page d’actualités Le Carré Bleu Lac-Mégantic, sur Facebook, très populaire chez les citoyens de l’endroit.

Il y a une très grande préoccupation au sein de la population méganticoise par rapport au retour des convois de wagons dès le mois de janvier 2016, explique-t-il. « On va passer à 1 à convois de 120 wagons par jour. Quand on sait que l’état des chemins de fer est pitoyable, quand on sait ce qui s’est passé ici, cela crée des inquiétudes. »

Nombreux sont les Méganticois à s’exprimer pour dénoncer la situation. « Pourquoi une telle action ? Parce que le pétrole sale est pour moi synonyme de mort et de perte. Chaque matin, en regardant par ma fenêtre, je vois mon ex-centre-ville, qui maintenant n’est que poussière. Mais le train passe et repasse avec son cri déchirant. Plus jamais ce pétrole ne doit passer chez moi ni nulle part ailleurs », explique Lou Martin, résident de Lac-Mégantic, sur Facebook.

Ils ne sont pas les seuls à penser ainsi, puisque samedi, une quinzaine d’événements semblables sont organisés à l’échelle du pays par l’organisme écologique 350.org, notamment à Québec, à Oka ainsi qu’à Thunder Bay, théâtre d’un déraillement de train à la mi-janvier.

À Mégantic, les manifestants marcheront, vêtus de blanc, de la polyvalente Montignac au centre-ville de la municipalité, « ground zero » du drame. Puis un événement plus festif suivra au Musi-Café avec un spectacle de JiCi Lauzon, notamment.

Parallèlement à la contestation planifiéesamedi, une centaine de jeunes ont occupé vendredi une poignée de bureaux de députés fédéraux à l’échelle du pays, dont celui du chef du NPD Thomas Mulcair. Les jeunes militants ont exigé des partis fédéraux qu’ils s’engagent à s’attaquer à l’industrie canadienne des sables bitumineux, dans la mesure où celle-ci est l’une des sources les plus importantes des changements climatiques. « La science est claire, l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux est incompatible avec les mesures nécessaires pour limiter les changements climatiques élaborées par des scientifiques et appuyées par des gouvernements du monde, y compris le Canada. Nous demandons simplement à nos politiciens d’agir en fonction de la science », a affirmé Sam Quigley, un jeune organisateur de l’action. Ils ont laissé entendre qu’ils pourraient redoubler d’efforts à l’approche des élections générales fédérales du mois d’octobre.

2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 juillet 2015 09 h 28

    Quand ?

    Quand est-ce que ma suggestion de «faire le tour en bateau par le nord» va-elle être considérée ? Si les pétroliers peuvent traverser l'Atlantique sans problèmes, qu'est-ce que quelques milles marins de plus pour se rendre en Ontario par la Baie d'Hudson ? Si l'Ontario accepte des pipelines sur leur territoire, grand bien leur fasse.

    Comme disait l'autre : Si la tendance se maintient; ici on n’en veut pas.

    PL

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 juillet 2015 10 h 37

      Vous voulez vraiment saloper l'Arctique?