Les libéraux appuient une motion en faveur de la transparence

Le ministre Pierre Arcand
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre Pierre Arcand

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion qui exige que les travaux du Chantier sur l’acceptabilité sociale « soient menés de façon transparente, ouverte et publique ». Les libéraux estiment toutefois que cette motion ne s’applique pas aux tables de discussion qui doivent avoir lieu dans cinq villes du Québec.

La motion, présentée mercredi par le Parti québécois et Québec solidaire, souligne que l’Assemblée nationale « exige du gouvernement que les consultations et les travaux du Chantier sur l’acceptabilité sociale soient menés de façon transparente, ouverte et publique, tant aux citoyens qu’aux représentants de la presse ».

Tous les partis ont appuyé cette motion, qui rappelle aussi « l’engagement du premier ministre du 24 avril 2014, qui a promis de donner aux citoyens le gouvernement le plus transparent et ouvert qu’ils auront eu au Québec ».

Pour le gouvernement Couillard, l’adoption de cette motion ne signifie toutefois pas que les tables de discussion qui se tiennent présentement dans le cadre du Chantier sur l’acceptabilité sociale seront publiques. « Cette motion signifie que, comme le ministre l’a mentionné mardi, une fois les préconsultations terminées, toutes les consultations réalisées dans le cadre du Chantier sur l’acceptabilité sociale seront publiques », a fait valoir l’attachée de presse du ministre Pierre Arcand, Véronique Normandin.

Mme Normandin a toutefois rappelé que les tables de discussion avec les citoyens « sont ouvertes aux médias ». Celles menées avec des organismes par le gouvernement ne le sont pas.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles a d’ailleurs souligné mardi que certains groupes auraient demandé au gouvernement de mener ces consultations à huis clos. Les journalistes n’ont pas le droit d’y assister, même s’il y est question de projets couramment évoqués dans l’espace public, notamment dans les médias.

C’est le ministre Arcand qui a mis sur pied ce Chantier sur l’acceptabilité sociale des projets miniers et énergétiques. Celui-ci « a comme objectif de convenir d’une méthode pour se parler, pour se comprendre, pour désamorcer les différends et mettre en oeuvre des projets qui feront la fierté et la prospérité du Québec », précise le « document de réflexion » produit par son ministère.

10 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 14 mai 2015 07 h 13

    La famille

    La gestion au Québec se déroule en 2 volets, tout comme dans une famille.
    À la table tous les débats sont ouverts, c.a.d. ceux approuvés par les parents.
    Pour tous les autres débats ayant lieu avec le partenaire avec qui tu couches, la porte de chambre sera fermée.
    Robert Beauchamp

  • François Dugal - Inscrit 14 mai 2015 08 h 32

    Enrichissons notre vocabulaire

    Opacité :
    Propriété de certains corps à s'opposer au passage de la lumière.

  • Bernard Plante - Abonné 14 mai 2015 08 h 55

    Totalement transparents

    La preuve que les libéraux sont totalement transparents?

    Les chambres de commerce, le Conseil du patronat, les compagnies pétrolières et tout le milieu des affaires sont parfaitement au courant des moindres détails de tous les projets...

    Et la population? À quoi bon?

  • Marc Davignon - Abonné 14 mai 2015 09 h 00

    Une transparence ...

    À moitié! Ce qui rend la chose obscure, pour ne pas dire, trouble.

  • Clermont Rodrigue - Inscrit 14 mai 2015 09 h 34

    Créer des «majorités silencieuses, sourdes et aveugles»

    Nul ne se surprendra que la mafia n’invite pas les journalistes quand elle met au point ses combines illégales. Le P.L.Q., sensé gouverner dans l’intérêt du peuple, devrait rechercher la transparence en invitant les journalistes.

    Mais le Gouvernement Couillard, le Conseil du patronat, les Chambres de commerce et les Minières adorent la malléabilité des «majorités silencieuses, sourdes et aveugles»… mal informées par des journalistes ne pouvant franchir les «huis clos» des ministres.

    Espérons que l’UPAC connait l’adresse de ces «tables de discussions» et y branchera quelques micros pour faciliter le travail d’une future «Commission Charbonneau».

    Sir George Bernard Shaw avait raison quand il disait : «Les politiciens et les couches doivent être changés souvent… et pour les mêmes raisons» !