Les abeilles disparaissent à un rythme effréné

Les mortalités sans précédent dans les colonies d’abeilles se poursuivent aux États-Unis, selon ce qui ressort de nouvelles données publiées mercredi par le Département américain de l’Agriculture.

Les données de cette enquête menée sur une base annuelle indiquent que les apiculteurs américains ont perdu en moyenne 42,1 % de leurs colonies entre avril 2014 et avril 2015.

Il s’agit du deuxième taux le plus élevé jamais enregistré. Les pertes avaient en effet culminé à 45 % au cours de l’année 2012-2013, alors que le Département américain de l’Agriculture (USDA) considère que le taux de perte économiquement supportable est de 18,7 %. Au cours de 2013-2014, la moyenne s’élevait plutôt à 34,2 %.

« De telles pertes dans les colonies au cours de l’été et sur l’ensemble de l’année restent très troublantes », a commenté Jeff Pettis, un entomologiste de l’USDA, par voie de communiqué. Et pour la première fois, les mortalités hivernales ont été inférieures aux mortalités intervenues au cours de la saison d’activité des ruches, soit le printemps et l’été. Une situation que l’USDA a décrite comme « inédite ».

Le déclin des colonies d’abeilles est tel depuis quelques années que la Maison-Blanche a senti le besoin de créer une commission d’enquête sur le sujet. Certains distributeurs de matériel de jardinage ont en outre banni les insecticides de la classe des néonicotinoïdes de leurs rayons. L’Agence fédérale de protection de l’environnement doit d’ailleurs publier d’ici la fin de l’année les résultats d’une série d’études sur les effets de ces produits. Ceux-ci soulèvent déjà de nombreuses critiques en Europe.

Alimentation en jeu

Les abeilles, dont le nombre disparaît dangereusement depuis une quinzaine d’années, sont responsables, par leur pollinisation, de plus d’un tiers de notre alimentation. Au total, ce sont 80 % des plantes à fleurs qui sont pollinisées par les insectes comme les abeilles, les bourdons ou encore les papillons.

Mais depuis quinze ans, le nombre d’essaims disparaît mystérieusement sur toute la planète, un phénomène baptisé Syndrome d’effondrement des colonies.

Le taux de mortalité des abeilles est d’environ 30 % chaque année depuis 2007 en Europe. Sur le continent, il manquerait plus de 13 millions de colonies d’abeilles pour répondre à la demande agricole. Le cas de la Grande-Bretagne est particulièrement préoccupant, avec moins d’un quart des insectes nécessaires à la pollinisation. En France et en Allemagne, à peine de 25 % à 50 % des colonies nécessaires sont présentes.

Le phénomène prend aussi de plus en plus d’ampleur en Amérique du Nord. Le risque que cela représente pour la population est d’ailleurs bien réel, puisque pas moins de 25 % des cultures américaines dépendent directement de la pollinisation des abeilles.

Ce processus a été imputé à tout un faisceau de causes, à commencer par les pesticides, d’où la décision de Bruxelles d’en interdire plusieurs. Le programme des Nations unies pour l’environnement a déjà dénombré douze facteurs pouvant expliquer la mortalité des abeilles, surtout dans l’hémisphère nord industrialisé : outre les pesticides, il pointait surtout du doigt la pollution de l’air, la réduction du nombre de plantes à fleurs et un parasite mortel (le varroa).

7 commentaires
  • Mario Laprise - Abonné 13 mai 2015 18 h 20

    Quelle en est la cause ?

    Multiples, sans doute. Mais avec les MONSANTO et pareilles, il va sans dire que c'est une bonne piste. Pollution, GES et tout ce que nous émettons comme déchets. Tous responsables, mais il s'en trouve de gros.

  • Louis Gaudreau - Abonné 13 mai 2015 18 h 49

    Ne tuons pas la beauté du monde...

    ...

  • François Dugal - Inscrit 13 mai 2015 21 h 18

    Une "vraie affaire"

    Cette perte inexpliquée des abeilles, ne serait-ce pas une "vraie affaire"? (Dont il faut s'occuper au plus sacrant)

  • Hubert Tremblay - Abonné 13 mai 2015 21 h 37

    De beaux lendemains

    Austérité, tout à l'économie, compétitivité et techno-biologico-sciences nous préparent de beaux lendemains de miels synthétiques ou le souvenir et l'ersatz tiendront lieux de nature et de réalité. C'est un crime et une tragédie, les hommes sont à plaindre...

  • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 13 mai 2015 22 h 32

    Bizzzzz....

    "Lorsque les abeilles auront disparu, l'humain suivera" Einstein