Gaspé exige un BAPE sur le projet de Pétrolia

Le site Haldimand est situé à 350 mètres d’une zone résidentielle.
Photo: Source Pétrolia Le site Haldimand est situé à 350 mètres d’une zone résidentielle.

Aux prises avec une population profondément divisée face au projet d’exploration de l’entreprise Pétrolia sur son territoire, la Ville de Gaspé demande à Québec de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour étudier le projet pétrolier. Elle attend maintenant la réponse du gouvernement Couillard.

La Ville a adopté lundi soir une résolution qui exige la tenue d’une étude « exhaustive » et « indépendante » sous l’égide du BAPE, a précisé mardi le maire de Gaspé, Daniel Côté. La municipalité, dont le territoire est directement visé par un projet très avancé d’exploration, estime que cette évaluation devrait être lancée avant tout nouveau forage.

Selon M. Côté, cette demande formelle de Gaspé fait l’objet d’un « consensus » dans la région, et ce, tant du côté des opposants que des partisans des projets de la pétrolière.

Le directeur des affaires publiques et gouvernementales de Pétrolia, Jean-François Belleau, a aussi indiqué mardi que l’entreprise est en faveur d’un BAPE « au cours du processus menant à un bail de production ». Selon la pétrolière, « ce processus pourrait permettre de répondre aux dernières interrogations de la population concernant l’éventuelle mise en production du gisement Haldimand ».

Du côté du regroupement Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé, on estime plutôt que le BAPE « permettrait de faire valoir les arguments scientifiques défendus par les experts qui recommandent de ne pas aller de l’avant avec un tel projet en zone résidentielle vu les risques possibles pour la santé et l’environnement des citoyens ». Le site Haldimand est situé à 350 mètres d’une zone résidentielle.

Le groupe citoyen ne fonde toutefois pas beaucoup d’espoir dans le processus, en raison du préjugé favorable du gouvernement Couillard envers les projets pétroliers. Qui plus est, le BAPE a simplement un pouvoir de recommandation.

Pour le maire de Gaspé, le recours au BAPE n’en demeurepas moins nécessaire, en raison de la « profonde division » de la population face au projet de Pétrolia. « Il y a aussi beaucoup de gens qui se posent des questions », a-t-il précisé. « Dans la mesure où les partisans et les opposants sont d’accord pour qu’on mandate le BAPE, je crois que le gouvernement du Québec serait mal avisé de ne pas aller de l’avant. »

Le Devoir a demandé mardi au cabinet du ministre de l’Environnement David Heurtel s’il comptait mandater le BAPE dans ce dossier. Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet n’avait pas répondu à cette question.

Pour le moment, tout le dossier des hydrocarbures est étudié dans le cadre d’une évaluation environnementale stratégique. Le comité qui la dirige est présidé par des représentants du gouvernement. Et les études environnementales lancées par les libéraux indiquent clairement que Québec a l’intention d’ouvrir toute grande la porte à l’exploitation pétrolière et gazière.

Dans le cas du projet Haldimand, de Pétrolia, le potentiel s’élèverait à 7,7 millions de barils de pétrole. Cela équivaut à 23 jours de consommation pour tout le Québec. L’entreprise espère entreprendre sous peu des « tests de production ».

4 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 6 mai 2015 09 h 52

    Un BAPE pour tous projets

    Cela devrait être un minimum pour tous projets qui touchent l'environnement et la santé des espèces dont on fait parti naturellement.

    Ça, ça prends une loi au plus sacrant car les dégats risquent d'être permanent et/ou hors de porter de notre bourse si les exploiteurs et leurs souteneurs ne sont pas rendu imputables des dommages qu'ils causent sur le chemin de leurs enrichissements.

  • Daniel Bérubé - Inscrit 6 mai 2015 11 h 36

    Il faut peut-être s'attendre

    à ce que la BAPE soit démantellé, étant trop nuisible au développement rapide (comme les CLD et autres). Le développement durable, pour les gouvernements est complètement illogique, et c'est compréhensible, car comment quelqu'un ayant une vision de plus en plus à court terme peut-il s'intéresser au long terme ? Quand les problèmes que pourrait causer cette forme d'exploitation ne se manifesterait que dans 10 ans, voir 15 ans, pour eux, il s'agit d'un avenir tellement lointain... pour eux, voir même s'interroger si la planète existera encore à cette époque ! Le PLQ voit la chose un peu comme le ministre fédéral, disant que ce ne seront que vos enfants qui auront a payer pour ça !

    • Yves Corbeil - Inscrit 6 mai 2015 12 h 37

      On as-tu une belle société. Je pense que je vais allé joué dehors pendant qu'on peut encore y allé sans masque et sans scaphandre car naturellement ce sera comme les vaccins yen aura pas pour tous l'monde.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 7 mai 2015 07 h 40

    Donc..

    il faudrait investir le Comité (dossier hydrocarbures) par des citoyens québécois dotés d'une probité,d'une expertise et surtout d'une sensibilité toute autre que celle des affairistes du moment. Il en va de notre avenir en tant que collectivité...

    il faudrait être gardé en haleine sur le sujet...nous rappelant sans cesse que la cause justifie des moyens appropriés tels: marches de soutien ou de protestation, appels aux organismes écologiques et environnementaux, etc.... et ça, c'est le boulot de journalistes, de chroniqueurs et de tout citoyen... convaincus du bien fondé d'une telle démarche.