Des ruelles vertes où il fait bon vivre

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Une ruelle verte dans Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le devoir Une ruelle verte dans Montréal

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Des milliers de résidants du district de Sainte-Marie fréquentent maintenant des ruelles vertes citoyennes dans des lieux autrefois bétonnés et asphaltés qui étaient dédiés principalement aux véhicules ; elles ont été aménagées de 2008 à 2014, dans une perspective de développement durable et d’appropriation par les gens qui habitent dans leurs environs.

La Société écocitoyenne de Montréal (SEM) est l’organisme à but non lucratif responsable du programme d’écoquartier de l’arrondissement de Ville-Marie pour le district de Sainte-Marie ; Roxanne L’Écuyer en est la directrice générale et elle laisse d’abord savoir que le projet de ruelles vertes relève conjointement de la Société et du programme sous ses divers aspects : deux ruelles ont été verdies en 2014 et deux autres le seront en septembre de cette année, pour un total de 11 : « Avant même que la première pelletée de terre ait lieu, on a travaillé sur ces projets-là durant un an et demi ou deux ans. »

La participation citoyenne exige d’y mettre le temps qu’il faut : « Ceux-ci vont avoir un impact sur le plan de la diminution ou de la réduction des îlots de chaleur et ils vont augmenter le couvert végétal ; il en découle des retombées environnementales et sociales, mais ce sont aussi, d’abord et avant tout, des projets de mobilisation citoyenne, ce qui, pour nous, est aussi important, pour leur pérennité, que le potentiel lui-même de verdissement des lieux. »

La réalisation et le suivi…

Les résidants, propriétaires et locataires des lieux adjacents ont leur mot à dire dans l’aménagement de ces endroits, qui demeurent ouverts à la circulation dans ce cas-ci ; ils choisissent d’avoir une plate-bande ou pas derrière leur habitation : tout cela se travaille en concertation, ce qui sert à préparer des plans préliminaires qui seront validés avec les citoyens. Par la suite, les responsables du projet procèdent avec eux au choix des végétaux ; les gens manifestent un vif intérêt au cours de la phase d’excavation et collaborent à celle de la plantation.

La ruelle est devenue verte, et Roxanne L’Écuyer aborde la suite des opérations : « Un an plus tard, c’est l’inauguration. Après quoi, on passe à l’entretien, ce qui veut dire une participation citoyenne une ou deux fois par année. » Mais il est aussi question d’aller un peu plus loin : « Il reste à habiter et à rendre vivante cette ruelle-là par l’aménagement d’un projet de parcours, comme c’est le cas ici, ou par la réalisation de fêtes. »

Ces espaces verts deviennent le théâtre de diverses manifestations : « Ce sont toujours des initiatives qui viennent de la part des citoyens : ils nous approchent pour tenir un événement à l’Halloween ou pour installer des cabanes à oiseaux ; ils nous contactent et on voit par la suite comment on peut les soutenir et les épauler dans la réalisation de leurs demandes. » Selon elle, la mobilisation des gens varie selon les différentes phases de réalisation : « C’est un défi constant et c’est un travail continuel d’année en année, ce qui est sûr et certain. La mobilisation citoyenne, c’est le nerf de la guerre. »