«Bâtir une métropole durable»

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
La tradition des jardins communautaires ne date pas d’hier à Montréal.
Photo: Pedro Ruiz Le devoir La tradition des jardins communautaires ne date pas d’hier à Montréal.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Chaque année, le Gala de reconnaissance en environnement et développement durable récompense les entreprises, associations et corps publics qui mènent des actions concrètes pour faire de Montréal une véritable métropole durable. La neuvième édition aura lieu mardi, 11h à 14h, au marché Bonsecours, à l’invitation de la Ville de Montréal, de la Conférence régionale des élus et du Conseil régional de l’environnement (CRE-Montréal), organisme qui porte l’événement depuis sa création, en 2007. Le Devoir s’est entretenu avec sa directrice générale, Coralie Deny.

« Il s’agit de mettre un coup de projecteur sur toutes les actions inspirantes et novatrices que les différents acteurs de l’île mettent en place pour améliorer la qualité de vie de tous les citoyens, décrit Coralie Deny. Ce sont aussi bien les arrondissements que les villes ou des établissements comme des hôpitaux, des universités, des écoles. Ça peut être des organismes à but non lucratif, des coopératives, des entreprises, des associations, etc. Le gala est un moment-clé qui vise à mettre à l’honneur les projets menés par les partenaires du Plan. »

Le Plan. Le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise. Un plan qui a pour objectif, entre autres, de réduire, d’ici à 2020, les émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport à 1990, de réduire de 25 % le solde migratoire entre l’île et la banlieue, d’atteindre la norme canadienne en matière de particules fines dans l’air ambiant ou encore de récupérer 80 % des matières recyclables et organiques d’ici à 2019.

« Il y a aujourd’hui plus de 200 partenaires de ce plan, précise Mme Deny. Ils sont issus de tous les milieux et ont pour impératif de penser à l’environnement et au développement durable lorsqu’ils réfléchissent à leurs projets. Chaque année, un comité de sélection indépendant se penche sur les différentes actions posées et détermine les plus exemplaires, les plus porteuses, les plus innovantes. Les trois lauréats sont dévoilés lors du gala. »

Trois lauréats dans trois catégories : corps publics, entreprises et institutions, ainsi qu’organismes à but non lucratif, coopératives et regroupements de citoyens. Un grand moment de réjouissance auquel participent environ 500 personnes, pour la plupart des décideurs politiques et économiques.

« Il y a beaucoup d’enjeux en environnement et en développement durable, souligne la directrice générale. On en entend beaucoup parler. Parfois, on peut même être un peu découragé. Mais ce gala permet de montrer que tout le monde peut agir, tout le monde a un moyen d’action à son échelle. »

Parmi les mises en nomination de cette neuvième édition : la Ville de Westmount, pour son centre des loisirs, l’arrondissement de Saint-Laurent, première organisation municipale certifiée ISO 14001, le service d’autopartage Communauto, la STM, pour sa démarche d’approvisionnement responsable, l’écoquartier Sainte-Marie, pour son programme d’embellissement des ruelles, de même que l’UQAM et ses partenaires, pour la mise en place d’une école d’été sur l’agriculture urbaine.

« Nos finalistes sont bien la preuve qu’il existe une très grande diversité dans les gestes qui peuvent être posés pour améliorer notre milieu de vie, fait remarquer Coralie Deny. Ce gala est là pour montrer que beaucoup d’organisations sont en action et posent des gestes concrets qui donnent des résultats, tant au niveau de l’aménagement, du verdissement, des bonnes pratiques à l’interne que des économies d’énergie. C’est aussi l’occasion d’entrer en contact avec ceux qui ne sont pas encore partenaires du Plan. Tous ceux qui veulent comprendre, connaître ou s’inspirer d’initiatives porteuses sont les bienvenus au gala. L’ensemble des organisations montréalaises est invité à devenir partenaire du Plan et à entrer dans ce grand mouvement collectif tourné vers le développement durable. »

Si le gala en est à sa neuvième édition, le Conseil régional de l’environnement de Montréal existe, quant à lui, depuis 1996. Presque 20 ans, donc, que ses membres mettent la pression pour faire en sorte que Montréal devienne une référence en matière de développement durable. Indépendant des pouvoirs publics, politiques et économiques, l’organisme prend régulièrement position sur les dossiers ayant une incidence sur l’environnement, propose des modifications et provoque parfois des rencontres entre les acteurs montréalais et les gens qui incarnent les meilleures pratiques au niveau mondial.

« Lorsqu’un dossier touche à l’air, à l’eau, aux matières résiduelles, au transport, à l’aménagement du territoire, à l’apaisement de la circulation, au verdissement, aux milieux naturels, etc., le CRE-Montréal est toujours là pour émettre un avis, note Mme Deny. Avec toujours cette préoccupation de l’amélioration de la qualité du milieu de vie et de l’équité, qu’elle soit sociale ou territoriale. »

Et, à en croire la directrice générale, Montréal serait plutôt bien placé en la matière. Ce qui manque, selon elle, c’est une généralisation des bonnes pratiques.

« On a des ruelles vertes, mais on devrait en avoir sur l’ensemble du territoire, estime-t-elle. On a de plus en plus de bâtiments durables, mais tout ce qui se construit de nouveau devrait l’être. On a des toitures blanches dans quelques quartiers, mais tous les arrondissements devraient les imposer. Si nous ne redoublons pas de dynamisme, nous allons rapidement nous faire dépasser par d’autres villes. Car toutes les métropoles s’aperçoivent aujourd’hui que, pour être viables et vivables, elles doivent se préoccuper de leur environnement. Beaucoup mettent les bouchées doubles. Montréal a des atouts, mais il doit les mettre en valeur. »

Ne pas oublier, par exemple, que nous vivons sur une île et favoriser l’accès à l’eau. Ne pas considérer que, parce que nous avons un des meilleurs réseaux de transport collectif en Amérique du Nord, nous ne pouvons pas faire mieux.

« Si je prends juste l’exemple de l’agriculture urbaine, conclut Coralie Deny, oui, Montréal est en avance dans ce domaine. Mais, avant même que cela ne devienne populaire à l’échelle mondiale, nous étions en avance avec notre tradition des jardins communautaires. Nous ne devons surtout pas nous reposer sur nos lauriers. Le gala est là pour ça. Pour montrer qu’il existe toutes sortes d’initiatives innovantes qui n’attendent que d’être généralisées. Pour le bien-être de toute la population montréalaise. »