Heurtel presse Ottawa d’agir rapidement, de concert avec les provinces

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, presse le gouvernement Harper d’agir dans le dossier des changements climatiques, mais aussi de travailler avec les provinces pour s’attaquer à cette crise planétaire sans précédent.

« Il faut qu’Ottawa reconnaisse l’importance d’agir et l’urgence d’agir », a-t-il déclaré mardi, en marge du caucus libéral.

Le ministre réagissait ainsi au fait que le Canada est le seul membre de l’ALENA à ne pas avoir encore publié ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme cela est prévu dans le cadre des négociations climatiques menées par 195 pays sous l’égide de l’ONU.

« On se réjouit du fait que les États-Unis démontrent un leadership », a-t-il souligné, au moment où Washington dévoilait justement mardi ses propres cibles. « Le leadership des États-Unis est un signal important pour la planète, et particulièrement pour le Canada », a ajouté le ministre.

Selon lui, le gouvernement fédéral doit à son tour collaborer pour que les négociations internationales permettent de parvenir à un accord climatique mondial à Paris, en décembre prochain.

Pour M. Heurtel, cela commence par un travail en concertation avec les gouvernements provinciaux. « Il faut que le Canada s’engage clairement dans une voie de collaboration, d’abord et avant tout avec les provinces et les territoires. »

Québec a d’ailleurs tenté d’interpeller Ottawa au moins à deux reprises au cours des derniers mois, mais sans succès. « On leur a tendu la main et on attend toujours une réponse », a souligné le ministre responsable de la lutte contre les changements climatiques.

Les provinces à l’oeuvre

Les provinces ont pour leur part déjà amorcé « une discussion sérieuse », notamment pour tenter de déterminer des normes pour éventuellement fixer un prix au carbone. Le sommet des premiers ministres provinciaux prévu à Québec le 14 avril doit d’ailleurs permettre de faire progresser les discussions, estime M. Heurtel.

Puisque les provinces nereprésentent pas le Canada à la table des Nations unies, a ajouté le ministre, toute stratégie doit donc inclure le gouvernement fédéral.

Ottawa tarde cependant à agir. On ne sait pas par exemple quand les conservateurs dévoileront leurs cibles de réduction de gaz à effet de serre, alors que beaucoup d’États s’étaient engagés en décembre à dévoiler leur jeu au plus tard le 31 mars. Plusieurs pays développés ont d’ailleurs respecté cet échéancier.

« Le Canada élabore avec soin la contribution nationale qu’il entend apporter et, au titre de l’accord conclu à Lima, s’est engagé à la soumettre bien avant la 21e Conférence des parties [de Paris, en décembre], répond le cabinet de la ministre canadienne de l’Environnement, Leona Aglukkaq. Compte tenu de l’importance de cette contribution, le Canada s’assure d’avoir le portrait le plus juste qui soit des plans provinciaux et territoriaux avant de la soumettre. »

Washington dévoile ses cibles

Les États-Unis, plus gros émetteur de gaz à effet de serre après la Chine, ont confirmé mardi leurs objectifs chiffrés en vue des négociations de l’accord de Paris. Ils se sont engagés sur une réduction de 26 % à 28 % de leurs émissions d’ici 2025 par rapport à 2005. Le geste de Washington a été salué par plusieurs groupes environnementaux, qui n’ont toutefois pas manqué de souligner que cet effort est nettement insuffisant pour limiter le réchauffement à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.