TransCanada repousse sa décision sur Cacouna

Le mois dernier, l’entreprise avait indiqué que la décision définitive serait rendue au plus tard le 31 mars.
Photo: Lawrence Côté-Collins Le mois dernier, l’entreprise avait indiqué que la décision définitive serait rendue au plus tard le 31 mars.

TransCanada annoncera finalement d’ici la fin de la semaine si elle renonce officiellement à la construction d’un port pétrolier à Cacouna et si l’entreprise a choisi un autre site au Québec pour installer son terminal d’exportation de pétrole des sables bitumineux.

Selon ce qu’a précisé lundi au Devoir son porte-parole, Tim Duboyce, TransCanada se donne quelques jours de plus pour statuer sur le sort du controversé projet de port pétrolier. Le mois dernier, confrontée à des informations voulant qu’elle laisserait tomber le site de Cacouna, l’entreprise avait plutôt indiqué que la décision finale serait rendue au plus tard le 31 mars.

M. Duboyce n’a pas donné de détails supplémentaires concernant la décision de la pétrolière. Celle-ci aura un impact important sur le développement de son projet de pipeline Énergie Est, notamment sur le tracé du pipeline au Québec.

L’idée d’implanter un port pétrolier en plein coeur de l’unique pouponnière de bélugas du Saint-Laurent a été vivement contestée. Il faut dire que le projet, déposé officiellement en mars 2014, est imposant. Une jetée de 600 mètres doit s’avancer dans les eaux du Saint-Laurent. Des pétroliers pouvant transporter jusqu’à 200 000 tonnes de pétrole brut doivent venir s’y amarrer pour charger du brut albertain.

Site alternatif

Si TransCanada laisse tomber Cacouna, il serait toujours possible de construire un port tout aussi important ailleurs sur le Saint-Laurent. Tim Duboyce n’a toutefois pas précisé lundi si la pétrolière étudiait un autre site pour installer son port d’exportation de pétrole des sables bitumineux.

Parmi les sites alternatifs envisagés, les informations qui circulent mentionnent Lévis, mais aussi Baie-des-Sables, près de Matane, ainsi que Bécancour.

Quel que soit le site choisi, les risques environnementaux sont bien réels. Une étude produite pour TransCanada précisément pour le site de Cacouna, et dévoilée en novembre par Le Devoir, avait par exemple révélé qu’un déversement relativement limité de pétrole brut risquerait de polluer plus de 100 kilomètres de côtes en quelques jours seulement.

Selon les experts, tout déversement de brut dans le Saint-Laurent serait difficile à contrôler, notamment parce que ni le Québec ni le fédéral ne possèdent les moyens d’intervenir en cas de marée noire. Le gouvernement Couillard a d’ailleurs prévu une enveloppe de 3,4 millions de dollars sur cinq ans dans le plus récent budget, et ce, en vue de l’élaboration de plans d’urgence en cas de déversement pétrolier en milieu marin.

Heurtel veut baptiser son béluga

Tandis qu’on attend toujours la décision de TransCanada, le ministre de l’Environnement David Heurtel vient de lancer un concours afin de trouver un nom au béluga qu’il a décidé d’adopter l’automne dernier, au moment où faisait rage la controverse autour du port de Cacouna.

Le ministre demande ainsi aux jeunes de première secondaire de l’École Joseph-François-Papineau, située dans sa circonscription montréalaise, de trouver un nom pour l’animal actuellement désigné « DL0206 ». Il s’agit d’un béluga mâle connu depuis le début des années 90.

«Avec ce concours, le ministre souhaite sensibiliser les jeunes élèves à la fragilisation de ces mammifères marins, d’abord victimes de l’ère industrielle puis des changements climatiques, lesquels ont fortement contribué à la dégradation de leur habitat au fil du temps», a précisé lundi le cabinet du ministre.

David Heurtel a été blâmé en septembre par la Cour supérieure dans le cadre de l’octroi, à TransCanada, du certificat d’autorisation lui permettant de faire des forages à Cacouna, en plein coeur d’un habitat critique pour l’espèce.

Le ministre a depuis offert 5000 $ au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) pour « adopter » un béluga. Cet animal est l’un des 19 qui ont trouvé un parrain depuis la relance de la campagne « Adoptez un béluga ». Le GREMM utilise les fonds recueillis pour financer la recherche sur cette espèce en voie de disparition, mais aussi le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, qui fait le suivi des animaux retrouvés morts, en difficulté ou alors échoués.