Montréal accorde un contrat de 98,9 millions pour un système d’ozonation des eaux usées

Doter son usine d’épuration des eaux usées d’un système d’ozonation coûtera plus cher que prévu à la Ville de Montréal. N’ayant reçu qu’une seule soumission conforme dans le cadre d’un appel d’offres, Montréal accordera un contrat de 98,9 millions de dollars à la firme Degrémont, à un coût qui dépasse de 40 % ses estimations.

Le système d’ozonation permettra de réduire de 95 % la quantité de bactéries présentes dans l’eau des égouts et de 75 % celle des substances pharmacologiques qui s’y trouvent, en plus d’éliminer une bonne part des virus. À compter de 2018, l’eau qui sera rejetée dans le fleuve, en aval de l’île aux Vaches, sera beaucoup plus propre qu’actuellement.

En 2008, l’ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que la Ville, qui possède l’une des plus importantes usines de traitement des eaux usées au monde, opterait pour l’ozonation plutôt que pour les rayons ultraviolets. La technologie d’ozonation était considérée comme plus efficace.

Dans le cadre d’un appel d’offres, deux entreprises ont déposé des propositions. Celle de Xylem comportait deux défauts majeurs, ce qui a entraîné son rejet, alors que celle de Degrémont avait un défaut mineur qui a été considéré comme acceptable.

Mais alors que l’estimation interne de la Ville s’élevait à 70,5 millions pour ce projet, le prix soumis par Degrémont a été de 98,9 millions, ce qui correspond à un écart de 40 %.

Le directeur de l’usine d’épuration de Montréal, Richard Fontaine, a indiqué que cette différence s’expliquait par le fait qu’il n’y avait pas de comparable qui aurait pu servir d’étalon pour un tel système. Il a cité le cas de Melbourne qui possède un système de traitement des eaux usées à l’ozonation, mais dont la capacité est quatre fois moindre que celle de Montréal.

« La commission sur l’examen de contrats a été unanime pour [approuver l’octroi de] ce contrat », a tenu à préciser Denis Coderre. Présent aux côtés du maire, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a confirmé que la participation financière du gouvernement du Québec s’élèverait à 64 millions de dollars pour ce projet.

Dès que le contrat sera entériné par le conseil d’agglomération jeudi, les travaux pourront commencer. La mise en service du nouveau système est prévue pour 2018, mais il ne sera en activité que pendant la saison estivale, soit de mai à octobre, comme le requiert la réglementation en vigueur. Mais à terme, Montréal n’écarte pas la possibilité de l’utiliser toute l’année.

Pour le conseiller de Projet Montréal, Sylvain Ouellet, il importe que le traitement à l’ozonation des eaux usées soit en activité 12 mois par année. « L’hiver, les poissons sont toujours là. Est-ce qu’on veut seulement améliorer la qualité de l’eau pour les humains qui sont en aval ? Ou l’améliorer pour l’environnement ? Si, c’est la deuxième question, il faudrait viser ce traitement à l’année », a-t-il indiqué.

Le coût du projet qui avait été évalué à 200 millions en 2008 pourrait coûter entre 250 à 285 millions, a-t-on précisé lundi. Si l’on inclut le coût du contrat octroyé à Degrémont, les dépenses faites à ce jour atteignent 115,5 millions. D’autres investissements sont prévus, dont la construction des bâtiments d’ozonation et de production d’oxygène.

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