Le FSC met en demeure Résolu

La norme, mise sur pied il y a plus de 20 ans, a établi des critères à respecter pour les forestières, après des décennies de destruction de vastes étendues de forêts dans plusieurs régions de la planète.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La norme, mise sur pied il y a plus de 20 ans, a établi des critères à respecter pour les forestières, après des décennies de destruction de vastes étendues de forêts dans plusieurs régions de la planète.

Le Forest Stewardship Council (FSC) met en demeure Produits forestiers Résolu de cesser ses attaques contre la crédibilité de cette norme internationalement reconnue en matière de saine gestion forestière.

« Nous mettons en demeure Produits forestiers Résolu de cesser immédiatement ses activités et communications discriminatoires et de prendre les mesures correctives et préventives appropriées pour se conformer à l’ensemble des statuts du FSC », écrit son directeur général, Kim Carstensen, dans une lettre publiée lundi sur le site officiel du FSC.

Il rappelle ainsi que des représentants de Résolu s’en sont pris à plusieurs reprises à la crédibilité du processus d’audit du FSC. Ils ont également « alimenté ces attaques, notamment en regard de la gouvernance du FSC ainsi que de l’équité et l’impartialité du processus d’audit ».

« Nous ne pouvons plus tolérer de tels incidents », conclut M. Carstensen. « La portée et la crédibilité de la certification FSC dépendent de l’intégrité à la fois des sociétés qui demandent la certification et des organismes qui accordent cette certification. »

Résolu a effectivement attaqué à plusieurs reprises la crédibilité de la norme FSC depuis que l’entreprise a perdu quatre certifications, dont deux concernent ses opérations au Lac-Saint-Jean. L’entreprise a notamment connu des ratés en matière de respect des droits ancestraux de la nation crie. La forestière aurait aussi manqué à ses devoirs en matière de protection de l’habitat critique du caribou forestier, une espèce menacée de disparition.

Son président-directeur général, Richard Garneau, a toutefois accusé le vérificateur Rainforest Alliance d’avoir cédé devant les demandes de Greenpeace, qui aurait déposé des plaintes concernant les pratiques de l’entreprise.

Il n’en est rien, rappelle le directeur général du FSC dans sa lettre. « La certification FSC est une mesure volontaire mise à la disposition des sociétés forestières qui veulent démontrer leur engagement à l’égard d’une gestion responsable des forêts en faisant évaluer par une tierce partie indépendante la conformité de leur planification », rappelle-t-il d’entrée de jeu.

20 ans et 30 000 certificats

« À ce jour, ajoute M. Carstensen, le FSC a décerné plus de 30 000 certificats en vertu de ses programmes d’aménagement forestier et de chaîne de traçabilité. Les audits transparents et indépendants du FSC font de ce dernier un leader mondial en matière de systèmes de certification forestière. »

La norme, mise sur pied il y a plus de vingt ans, a établi des critères à respecter pour les forestières, après des décennies de destruction de vastes étendues de forêts dans plusieurs régions de la planète. Ces critères comprennent notamment le maintien à long terme de la viabilité économique des forêts, le respect de la biodiversité liée aux milieux forestiers, mais aussi des traités internationaux et des droits des peuples autochtones.

Ces principes sont reconnus et acceptés un peu partout dans le monde. Au Canada, par exemple, Rona, Home Depot et IKEA exigent de leurs fournisseurs qu’ils respectent la norme FSC. Même chose pour les achats de papier de banques comme la CIBC, RBC et la Scotia.

Le Devoir a contacté Résolu pour obtenir une réaction à la mise en demeure signifiée par FSC, mais en vain.

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