FSC: le maire de Saguenay s’attaque à une norme approuvée par l’industrie, rappelle Greenpeace

Richard Garneau, le président de Produits forestiers Résolu
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Richard Garneau, le président de Produits forestiers Résolu

Le Forest Stewardship Council (FSC) n’est pas une règle « imposée » par les « intellectuels » de Greenpeace, contrairement à ce que prétend le maire de Saguenay, Jean Tremblay. Il s’agit en fait d’une norme internationalement reconnue en matière de saine gestion forestière, rappelle Nicolas Mainville, responsable de la campagne Forêt chez Greenpeace.

« Oui, on fait la promotion de cette norme, a-t-il expliqué mercredi. Mais la norme FSC ne provient absolument pas de Greenpeace. Elle a été mise sur pied il y a plus de 20 ans par des entreprises du secteur, des syndicats, des nations autochtones et des groupes environnementaux. »

La FSC a ainsi établi des critères à respecter pour les forestières, après des décennies de destruction de vastes étendues de forêts dans plusieurs régions de la planète. Ces critères comprennent notamment le maintien à long terme de la viabilité économique des forêts, le respect de la biodiversité liée aux milieux forestiers, mais aussi des traités internationaux et des droits des peuples autochtones.

Ces principes sont reconnus et acceptés un peu partout dans le monde. Au Canada, par exemple, Rona, Home Depot et IKEA exigent de leurs fournisseurs qu’ils respectent la norme FSC. Même chose pour les achats de papier de banques comme la CIBC, RBC et la Scotia.

Le hic, c’est que Produits forestiers Résolu a perdu quatre certifications, dont deux concernent ses opérations au Lac-Saint-Jean. L’entreprise rend d’ailleurs Greenpeace en partie responsable de la fermeture annoncée la semaine dernière d’une machine de son usine de papier d’Alma. C’est d’ailleurs de là que découle la sortie très médiatisée de Jean Tremblay.

En fait, le vérificateur Rainforest Alliance estime que l’entreprise a notamment connu des ratés en matière de respect des droits ancestraux de la nation crie. La forestière aurait aussi manqué à ses devoirs en matière de protection de l’habitat critique du caribou forestier, une espèce menacée de disparition.

Résolu salue le maire

Le président-directeur général de Résolu, Richard Garneau, estime pour sa part respecter les normes en vigueur au Québec. Selon lui, Rainforest Alliance aurait en fait cédé devant les demandes de Greenpeace, qui aurait déposé des plaintes concernant les pratiques de l’entreprise.

M. Garneau a d’ailleurs salué mercredi la sortie du maire Jean Tremblay. Ce dernier a de nouveau prétendu dans différents médias que la norme FSC est « imposée par Greenpeace », mais aussi qu’elle « appartient à Greenpeace ».

« Moi, Greenpeace, j’en ai toujours eu contre eux autres. Ils ont 300 millions de budget, on ne sait pas d’où ça sort, on ne connaît pas les membres du conseil d’administration », s’est-il aussi plaint en entrevue avec Paul Arcand au 98,5 FM. Il a d’ailleurs comparé la direction de l’organisme à des « fantômes ».

En fait, toutes ces informations se trouvent facilement sur Internet. Qui plus est, a souligné Nicolas Mainville, les rapports financiers sont rendus publics. « Nous n’avons rien à cacher sur notre financement. » Greenpeace compte près de 40 000 membres au Québec et près de trois millions dans le monde. Tout le financement de l’organisation militante est assuré par les dons des adhérents.

13 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 mars 2015 02 h 36

    Avancez en arriere

    Apres avoir cru au progrès , tout le monde avance en arriere, nous déprogressons, fini les efforts accomplis par la science, c'est le moyen age qui revient ,les maladies, les sorciers, les buchers et les diseurs de bonne aventures avec croix ou sans croix et les creationnistes n'ont pas encore dis leurs derniers mots, attendez de voir les censeurs apparaitrent, vous feriez bien de sortir votre chapelet et votre eau bénite, sinon votre vie ne vaudrait pas cher, et dire que certains voulaient defendre les crimes d'honneur, le monde ne s'en va pas dans cette direction. vive les croyants de tous acabits, amen

  • Gaston Bourdages - Abonné 12 mars 2015 06 h 16

    Croyez-vous monsieur Shields que je remercie...

    ...que monsieur Tremblay investira de son temps pour donner de l'huile à ses lumières? J'espère que son attaché de presse fera, ici, très bien son travail en l'informant de ces mises au point publiées dans Le Devoir ce matin. Mercis à vous du Le Devoir.
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    Auteur...parfois capable d'intellectualisme. Je souris.

  • Bernard Plante - Abonné 12 mars 2015 07 h 38

    Parce qu'il vaut mieux en rire la la!

    À quand le Regroupement des intellectuels anti-abrutis (RIAA)?

    Cela permettrait de rééquilibrer le débat lancé par l'abruti du Saguenay et sa cohorte.

    Ce regroupement serait également très utile à Québec...

  • Hélène Paulette - Abonnée 12 mars 2015 08 h 59

    Resolu....

    Ah oui la Consol... qui arrête pas de fermer des usines depuis qu'elle a vendu à Bowater...

  • Pierre Desautels - Abonné 12 mars 2015 11 h 02

    Résolument incompétents...


    Le maire Tremblay est le porte-parole d'une compagnie qui mène un combat d'arrière- garde, qui n'a pas su s'adapter au modernisme...