L’étude environnementale pourrait ne pas inclure les forages avec fracturation

Dans le cas de l’île d’Anticosti, il n’y a jamais eu de forages avec fracturation.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Dans le cas de l’île d’Anticosti, il n’y a jamais eu de forages avec fracturation.

Même si les travaux d’exploration pétrolière qu’il finance sur Anticosti seront plus longs que prévu, le gouvernement du Québec refuse de s’engager à prolonger les travaux de l’évaluation environnementale stratégique (EES) spécifique à l’île, et ce, de façon à s’assurer d’inclure les opérations de fracturation.

Les 18 premiers forages exploratoires, qui devaient être achevés en 2014, seront finalement terminés cette année, selon le calendrier révisé des travaux. Cela signifie que les trois forages avec fracturation seront finalement réalisés en 2016, soit une année plus tard que prévu dans le plan de match initial.

L’EES lancée par Québec spécifiquement pour Anticosti doit normalement rendre compte de toutes ces étapes dans son rapport final au gouvernement. Or, selon le calendrier de réalisation de l’EES, les travaux du comité doivent être terminés à l’automne 2015.

Pour le moment, le gouvernement refuse toutefois de préciser si l’échéancier des travaux de l’EES sera ajusté pour tenir compte du retard dans les forages sur Anticosti. « Il est trop tôt pour dire si les travaux de l’EES spécifique à Anticosti se prolongeront au-delà de 2015. Il faut attendre les résultats des sondages stratigraphiques qui seront réalisés d’ici l’été », a répondu le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

C’est effectivement une fois qu’auront été analysées les données des 18 sondages stratigraphiques que seront déterminés les sites des forages avec fracturation. Sur son site, l’opérateur des travaux sur l’île, Pétrolia, souligne d’ailleurs clairement que les forages qui doivent être achevés en 2015 serviront à « localiser les forages pétroliers qui seront réalisés en 2016 ». Trois forages « horizontaux avec fracturation » seront alors réalisés.

Cette méthode de forage suscite une controverse certaine, et ce, depuis quelques années déjà. Dans le cas de l’île d’Anticosti, il n’y a jamais eu de forages avec fracturation. En fait, cette méthode n’a jamais été employée au Québec dans le cadre de la recherche de pétrole.

Le cabinet du ministre Arcand n’a par ailleurs pas voulu préciser mardi si le dépôt du projet de loi sur les hydrocarbures, prévu cette année, pourrait être reporté. Son bureau a simplement réitéré le lancement, en mai dernier, d’une EES « globale » sur les hydrocarbures au Québec.

« Les travaux de l’EES globale se poursuivent tel qu’annoncé », a-t-on ajouté. En théorie, ceux-ci doivent être terminés à l’automne. « L’objectif du gouvernement est de déposer, en 2015, un projet de loi complet et intégré sur les hydrocarbures », a-t-on réitéré par courriel.

5 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 11 mars 2015 13 h 52

    Ridicule

    À quoi servirait cette EES si elle ne tient pas compte des pratiques les plus dommageables?

    • Bernard Plante - Abonné 12 mars 2015 07 h 25

      À donner l'impression d'avoir fait quelque chose...

  • Tim Yeatman - Abonné 11 mars 2015 16 h 56

    Pétrole ou gaz de schiste, même procédé de fracking

    Que ce soit à la recherche du pétrole ou du gaz, la fracturation hydraulique demeure le même procédé avec les mêmes risques. Bien souvent même, un forage suivi de fracturations hydrauliques fera relâcher les deux formes de combustibles fossiles dans le même puits. C'est fendre les cheveux en quatre de dire qu'il n'y a jamais eu de fracturation hydraulique pour chercher du pétrole au Québec: il y a eu des fracturations hydrauliques pour chercher du gaz. Et les générations futures vont le regretter amèrement.

    Johanne Dion sur l'abonnement de mon conjoint.

  • Yves Côté - Abonné 12 mars 2015 04 h 34

    Vol de souveraineté populaire.

    Pour moi, par toutes ses manigances et manipulations de communication, nous assistons de manière de plus en plus évidente à un vol de souveraineté populaire par le gouvernement du Québec actuel.
    Ce qui se passe actuellement au Québec en matière de droits démocratiques est plus inquiétant, même, que ce qui s'est passé avant l'élection du gouvernement Lesage, début années soixante.
    En fermant les yeux, ne serions-nous pas en train de participer à l'échange de nos droit légitimes de peuple, pour une poignée d'illusions aussi clinquantes que vides ?
    Situation tragique.

  • André Demers - Abonné 12 mars 2015 22 h 10

    Sacrifier le réservoir d'eau douce d'Anticosti?

    Comme dans toute ile entourée d'eau salée, la nappe phréatique qu'on trouve sous l'ile d'Anticosti est une grosse bulle d'eau douce adossée en équilibre sur l'eau salée qui fait pression sur elle. Ce qu'il faut savoir, quand on fait des forages, c'est si l'activité qu'on mène altère cet équilibre, soit en polluant la nappe lors des travaux, soit en crevant la bulle d'eau douce pour y faire entrer de l'eau salée et contaminer définitivement l'Ile qui deviendrait alors un puits de pétrole ou un puits d'eau saline, et non un milieu de vie.
    Ne pas faire d'évaluation environnementale sérieuse de ce procédé de fracturation, c'est sacrifier un patrimoine naturel. Voyons donc, Monsieur Arcand, est-ce sérieux?