Un nouveau déraillement soulève de vives inquiétudes

La Première Nation Mattagami et des élus s’inquiètent du récent déraillement dans le nord de l’Ontario d’un train du Canadien National (CN) transportant du pétrole brut.

L’entreprise ferroviaire rapportait dimanche qu’environ 30 des 94 wagons-citernes ont déraillé tôt samedi matin près de Gogama, une petite municipalité située à quelque 80 km au sud de Timmins. Certains ont pris feu et d’autres ont déversé du pétrole brut dans le réseau fluvial de la rivière Mattagami.

Le chef de la Première Nation Mattagami, Walter Naveau, a déclaré dimanche que sa communauté ne se sent pas en sécurité après le troisième incident semblable impliquant le CN dans la région en moins d’un mois. Selon lui, des inquiétudes subsistent sur les dommages environnementaux et l’impact de l’inhalation de fumée.

De son côté, le CN les a avertis dimanche qu’ils risquaient de voir de la fumée s’élever au-dessus du site du déraillement, mais que celle-ci ne présente aucun risque pour leur santé ou l’environnement.

Walter Naveau craint aussi pour la faune locale, car la rivière Mattagami contient les principales frayères des poissons pêchés par les habitants de la réserve. Une préoccupation à laquelle l’entreprise ferroviaire a répondu en assurant que des mesures avaient été prises pour contenir le pétrole déversé.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a envoyé samedi une équipe pour enquêter. Celle-ci n’a pas encore pu atteindre les lieux du déraillement, car un incendie fait toujours rage. Cet accident s’est déroulé à une quarantaine de kilomètres du site du déraillement de 29 wagons-citernes de pétrole brut du CN survenu le 14 février dernier.

Le BST sonne l’alarme

Le BST affirme que les wagons-citernes impliqués dans le déraillement de samedi, des DOT-111, répondent aux standards améliorés les plus récents, tout comme ceux de l’incident du 14 février. Selon le Bureau, ces derniers ont « réagi de façon similaire » à ceux impliqués dans l’accident survenu à Lac-Mégantic en juillet 2013. Le BST estime que l’accident de la Saint-Valentin « démontre l’insuffisance » des nouveaux standards de protection. Il exhorte Transports Canada à les renforcer rapidement.

Le député provincial libéral de Sudbury, Glenn Thibeault, abonde dans ce sens. Il estime que le plus récent déraillement est une raison de plus pour resserrer les règles de sécurité ferroviaire au pays.

Le ministre ontarien du Transport, Steven Del Duca, a soutenu dans un communiqué que l’accident de samedi est « très préoccupant ». Il a assuré qu’il en discuterait avec son homologue fédérale, Lisa Raitt, et avec le CN.

4 commentaires
  • Robert Aird - Abonné 9 mars 2015 09 h 34

    Et le nombre de conducteur?

    On sait que bien des accidents ferroviaires s'expliquent par le fait qu'il y a un seul conducteur. Combien y en avait-il dans ces cas?

  • Daniel Bérubé - Abonné 9 mars 2015 14 h 30

    Pourrait-on aller jusqu'à...

    négliger l'entretien des rails, afin que des choses semblables se produisent, et ce, pour justifier la côté plus "sécure" des pipes-lines ?

    Il nous faut reconnaître que depuis combien d'années dit-ont, concernant le fédéral: "Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse aller jusque là...

    Ceci n'est pas une accusation... mais une question.

  • Sylvain Auclair - Abonné 9 mars 2015 15 h 04

    DOT-111

    Au moins, à ce que j'ai compris, ça n'a pas explosé!

    • Daniel Bérubé - Abonné 9 mars 2015 17 h 23

      Feu et déversement dans la rivière, entre autre, 2 wagons qui s'y retrouvent (dans la rivière). Ya rien là !

      Vous vérifirez aux nouvelles de 18h00 ou 22h00, ils disent qu'ils réussissent à retenir les déversements... mais aucun journaliste n'a accès à l'endroit, les prises de vue ne sont que venant des airs...