Coderre promet d’avoir les pétrolières à l’oeil

Des manifestants ont accueilli le président de l’Office national de l’énergie, Peter Watson, lors de son passage à HEC Montréal jeudi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des manifestants ont accueilli le président de l’Office national de l’énergie, Peter Watson, lors de son passage à HEC Montréal jeudi.

Aux citoyens préoccupés par les projets de pipelines dans la région de Montréal, le maire Denis Coderre a promis d’être ferme à l’égard des garanties exigées aux pétrolières. Il a été particulièrement critique à l’endroit de TransCanada et de son projet Énergie Est.

Interpellé jeudi par des citoyens lors de l’assemblée de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qu’il préside, le maire Coderre a donné l’assurance qu’il aurait à l’oeil les pétrolières afin qu’elles remplissent toutes les conditions requises pour réaliser leurs projets.

Dans le cas d’Enbridge, qui souhaite procéder bientôt à l’inversion du flux de l’oléoduc 9B, le maire s’est dit toujours insatisfait des réponses obtenues concernant la condition 20 sur le plan de mesures d’urgence retenues. Rappelons qu’en septembre dernier, la CMM s’était inquiétée du non-respect de 3 des 30 conditions imposées par l’Office national de l’énergie (ONE) à Enbridge. Les conditions 16, sur l’installation de vannes, et 18, sur le franchissement des cours d’eau, seraient respectées, mais le maire juge insuffisantes les assurances concernant la condition 20. « Tant et aussi longtemps qu’on ne sera pas satisfait de l’ensemble des conditions proposées, il n’est pas question qu’on appuie le projet. »

Les citoyens demeurent inquiets. Lorraine Caron, du groupe Citoyens au courant de la région de Vaudreuil-Soulanges, juge que l’ONE devrait exiger d’Enbridge qu’elle procède à des tests hydrostatiques pour s’assurer de l’étanchéité des canalisations. Or, ces tests ne font pas partie des conditions imposées à Enbridge. Le maire Coderre a promis d’en discuter avec Peter Watson, président de l’ONE, qu’il devait rencontrer plus tard dans la journée.

Plus tranchant

Questionné sur l’autre projet, celui d’Énergie Est de TransCanada, M. Coderre a été plus tranchant. « On n’est pas très heureux de TransCanada. […] Il y a des réalités de tracé qui n’ont pas de bon sens. On n’est même pas d’accord sur les technologies utilisées pour la protection de nos cours d’eau », a-t-il dit indiquant que la CMM demanderait le statut d’intervenant lors des audiences devant l’ONE. « Tant qu’on n’a pas le tracé final, a-t-on vraiment besoin d’avoir des auditions ? L’autre question : en a-t-on besoin [de ce pipeline] ? On va faire comme avec Enbridge, on va s’assurer d’être respectés. »

Le maire s’en est aussi pris aux ententes de confidentialité exigées par l’entreprise auprès des villes : « On trouve que ça n’a pas de maudit bon sens. On veut de la transparence. On veut pas juste le savoir, on veut le voir. »

M. Coderre a toutefois exprimé sa confiance envers Peter Watson : « On a enfin un président de l’ONE qui est à l’écoute et qui nous dit que si les conditions ne sont pas remplies, ça ne marchera pas. »

Les citoyens, eux, estiment trouver une meilleure écoute des municipalités que du gouvernement du Québec. « Jusqu’à maintenant, c’est M. Coderre qui semble être la personne qui a pu mettre un pied à terre et faire en sorte que l’ONE demande des informations supplémentaires sur les conditions 16 et 18 », a confié au Devoir Lorraine Caron.

Par courriel, un porte-parole du ministère du Développement durable et de l’Environnement a indiqué que l’Unité de vigilance créée l’an dernier poursuivait son mandat. « Nous agissons avec rigueur et nous entendons poursuivre en ce sens. Le Québec ne donnera pas carte blanche à Enbridge », a assuré Clément Falardeau.

7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 27 février 2015 04 h 56

    Pas compliqué...

    Monsieur Coderre n'est donc pas contre le projet, il reste seulement "insatisfait des réponses obtenues"...
    En clair, cela veut tout simplement dire qu'on va se le prendre très bientôt dans les dents.
    Pas compliqué : pour ce projet, une grande déclaration rassurante du maire suivra bientôt sur la virginité des intentions environnementales des compagnies et gouvernements intéressés par celui-ci.
    Le matamore aura été rassuré et nous donnera à l'être.
    Ou en tout cas, essayera de le faire.
    Tourlou à tous les bélugas !

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 27 février 2015 09 h 27

    Coderre promet ... Quoi ?!

    Encore des promesses. L'environnement va en prendre pour son rhume.
    M.Coderre vient du fédéral et le tout fonctionne comme une horloge.
    Les pétrolières, le fédéral, le provincial, le municipal, les bélugas et les citoyens.
    Monsieur Coderre ne fera que constater les fuites de pétrole sales.

  • Alain Lavallée - Inscrit 27 février 2015 16 h 34

    Coderre promet.... on verra

    Les partis Conservateurs (harper) , NDP (Mulcair) et TRudeau (libéraux ) sont unanimement Pour le projet d'oléoduc Energy east qui veut traverser le QUébec.

    On verra si Coderre est le maire de Montréal d'abord ou s'il est encore ministre du PLC
    pour le moment il se contente de nous endormir.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 28 février 2015 02 h 50

    De bien beaux mots...

    Le porte-parole du ministère du Développement durable et de l’Environnement nous dit ceci: «Nous agissons avec rigueur et nous entendons poursuivre en ce sens. Le Québec ne donnera pas carte blanche à Enbridge ». Personne ne s'attend à ce qu'il dise le contraire, mais que signifient précisément ces mots rassurants? Le ministère appuie-t-il les maires? Si oui, comment ? Et le projet de Trans-Canada, que fait exactement le ministère? Il ne reçoit même pas l'avis de projet requis pour constituer un BAPE ! Pourquoi ne met-il pas cette compagnie en demeure de lui envoyer un tel avis ? Pourquoi ne lui dit-il pas qu'il refusera le projet après cette date ? Pourrait-il quand même faire immédiatement débuter un BAPE ? Des précisions s'imposent.

  • Lucien Cimon - Abonné 28 février 2015 10 h 26

    La grenouille

    Coderre: la grenouille qui veut nous faire croire qu'elle est plus grosse que le troupeau de boeufs, pour que les boeufs puissent brouter en paix sur nos terrains.